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Crise climatique
La FNSEA veut " éviter le suraccident " 

La FNSEA a organisé sa conférence de rentrée le 2 septembre à Paris. Ses dirigeants ont rappelé l'urgence d'agir pour éviter d'aggraver une situation jugée catastrophique sur tout le territoire et dans la quasi-totalité des filières. Le plan d'aide agricole prévu par le Gouvernement devrait être annoncé avec quelques jours de retard.

Hervé Lapie, secrétaire général, et Arnaud Rousseau, président.

" Nous avons vécu un été agité (...), un été semblable à celui de 1976 mais puissance 10 (...) au point que de nombreux agriculteurs s'interrogent aujourd'hui sur la poursuite de leur activité ", a observé le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie. Le constat est connu mais pas encore définitif car il reste encore quelques récoltes à terminer : soja, betteraves, maïs ensilage, vendanges, etc. Les éleveurs de ruminants ont déjà évalué leurs pertes à 5,4 milliards d'euros (Md€) et les associations de grandes cultures à 6,5 Md€. Sans avancer de chiffres, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a confirmé ses propos de début août : " Oui, la facture atteindra plusieurs milliards d'euros " car l'agriculture française est aujourd'hui " dans un état critique et le diagnostic vital est engagé ". Selon les remontées des Chambres d'agriculture et des FDSEA, nombreux sont les agriculteurs qui songent à cesser leur activité d'une manière totale ou partielle. " Ils ont le moral dans les chaussettes et certains sont en grande souffrance morale ", ont certifié les deux dirigeants. " La question qui se pose est de savoir comment on sauve l'agriculture française au moment même où les décisions se prennent ", a ajouté Arnaud Rousseau. En effet, beaucoup d'exploitants font face à des choix cruciaux : les semis de blé doivent commencer vers la fin septembre. D'autres se demandent s'ils vont devoir vendre quelques bêtes pour acheter du fourrage afin de nourrir celles qui resteront... En bout de chaîne, c'est toute la filière agroalimentaire qui souffre avec le risque réel de voir les importations augmenter et mettre à mal la reconquête de la souveraineté alimentaire. Les parts de marchés perdues ont du mal à être regagnées. " Il faut éviter ce suraccident ", a plaidé Arnaud Rousseau.

Mobiliser la chaîne de valeurs

En matière de compensation financière, les deux dirigeants de la FNSEA ont bien rappelé qu'ils n'attendaient pas tout de l'État. Certes, ce dernier devra " donner une impulsion pour permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité ", et par conséquent mettre la main au portefeuille. " Renflouer la  trésorerie est indispensable et c'est le sujet du moment ", a martelé Arnaud Rousseau qui veut " une réaction massive des pouvoirs publics ". Cependant, le plan d'aide qui devait être dévoilé le 3 septembre a été reporté de " quelques jours ", le Gouvernement s'est justifié en pointant les " montants conséquents ", qui le contraignent à des discussions supplémentaires. " On peut patienter quelques jours, mais pas des semaines ", a tranché Arnaud Rousseau, défavorable à un impôt sécheresse pour deux raisons : parce que le consentement à l'impôt n'est " plus trop au rendez-vous " et qu'il faut un vote au Parlement. Or les oppositions sont telles au sein de l'Hémicycle que le projet va prendre du temps, sans garantie d'aboutir. " Or, il y a urgence ", a-t-il insisté. La FNSEA ne demande pas que l'État comble à hauteur du " un pour un ". Son président souhaite en revanche la réouverture des négociations commerciales, une mobilisation de toute la chaîne de valeurs, de l'amont à l'aval, pour mieux répartir la valeur ajoutée et que les agriculteurs soient mieux rémunérés. " Ça se joue sur quelques centimes ".  Il entend aussi que les compagnies d'assurance et les banques jouent pleinement le jeu. En plus des mesures à prendre (lire encadré), le patron de la FNSEA souhaite que le Gouvernement s'attèle à sortir rapidement les décrets d'applications de la Loi d'urgence agricole (LUA). Il a cité l'exemple de la betterave sucrière dont les semis s'effectuent à partir de la mi-mars. La LUA prévoit l'enrobage de la semence au flupyradifurone. Mais cet enrobage est soumis à l'avis de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses). Compte tenu des délais de fabrication de ces semences, " l'Anses doit donner sa réponse à la mi-décembre ", a expliqué Arnaud Rousseau. " Mais les décrets d'application sur ce point ne sont toujours pas sortis ", s'est-il agacé, expliquant que ce n'était qu'un exemple parmi d'autres.

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