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Céréales
Bien choisir ses variétés de blé

Mardi 12 mai, la Chambre d'agriculture a organisé une visite d'essais au lieu-dit la Bataillère, à Laigné-en-Belin. Les agriculteurs du secteur ont répondu présents pour découvrir les résultats de tests variétaux et fongicides sur blé.

La visite d'essais de mardi 12 mai s'est déroulée sous un ciel variable, sur un secteur qui a été (très) largement arrosé le week-end précédent, avec pas moins de 55 millimètres tombés le dimanche soir. Les associés Patrice Gandais et Benoît Lair, qui conduisent des volailles et des cultures sur leur exploitation à Laigné-en-Belin, étaient néanmoins rassurés face au bon développement du blé sur la parcelle d'essai présentée par la Chambre d'agriculture. Sur la surface mise à disposition, deux secteurs ont été réservés, l'un à des tests variétaux, l'autre à un essai fongicides sur un mélange de deux variétés implantées à cet endroit, Barok et Junior. La visite a rassemblé un bon nombre d'agriculteurs du secteur soucieux d'améliorer leurs choix variétaux et d'itinéraires techniques.

Essais fongicides en cours

La parcelle, au sol profond et à la bonne réserve hydrique, est un bon support pour ces essais implantés après un travail superficiel du sol. Les semis se sont déroulés dans de bonnes conditions au 24 octobre à une densité de 250 grains/m². La parcelle a reçu un seul désherbage, en novembre, ainsi que deux apports d'engrais azoté début et fin mars, mais aussi un insecticide à l'automne contre les pucerons. Un seul fongicide a été appliqué fin avril, hors essais fongicides.

Les agriculteurs séparés en deux groupes ont pu découvrir des essais fongicides conduits sur blé cette année. Dans les micro-parcelles, différentes combinaisons de produits, à raison de un, deux ou trois traitements, ont été testées. L'occasion pour Florent Leblois, conseiller agronomie à la Chambre d'agriculture, qui animait l'atelier, de faire le point sur les familles de produits et les évolutions réglementaires. Support papier à l'appui, les exploitants constatent ce qu'ils savent déjà : le choix des molécules homologuées est restreint. Et certains produits sont devenus inutilisables en raison des résistances développées, comme pour la famille des triazoles. « Le choix existant permet malgré tout de construire des programmes efficaces, l'essentiel est d'alterner les matières actives pour préserver l'efficacité des produits. »

Des produits « valeur sûre »

Dans les essais réalisés chez Patrice et Benoît, pas de gros écarts sont identifiés ce jour sur la céréale dont les épis sont désormais formés, dans un contexte qui jusqu'ici a été peu favorable aux maladies. Sur quelques modalités toutefois, notamment sur le témoin non traité, des tâches de rouille brune sont constatées sur les feuilles. « Et le cycle du blé n'est pas fini, attention à l'avenir, avec l'eau qui est tombée, des maladies pourraient exploser et des différences se révéler.  » Pour apporter davantage de réponses au sujet, Florent Leblois a présenté les résultats des essais similaires conduits l'année dernière, à Rouez. Ces tests ont notamment montré un gain économique significatif entre traiter et ne pas traiter...mais pratiquement pas d'écart de gain entre 1 et 2 passages. À noter que ces essais ont été réalisés sur la variété Celebrity, qui est plutôt sensible aux maladies. « En mélange de variétés, un seul traitement fongicide est préconisé », rappelle l'expert. Sur les produits testés en T2 unique, les modalités Quench+Amistar, Revystar ou encore Revystar+Comet semblent apporter le meilleur gain économique.

Des variétés prometteuses

Plus loin, une partie de la parcelle a été consacrée au test de 18 variétés de blé de précocités variables, dont 8 nouvelles. « Certaines variétés inscrites s'essoufflent vite et finissent par décrocher, comme Balzac que nous avons retirée  », indique Laetitia Temen, conseillère agronomie à la Chambre d'agriculture, qui a piloté les essais variétaux. Parmi les nouveautés remarquées, citons SU Sniper, BPS demi-précoce annoncé très productif, au très bon potentiel de PS et protéines et résistant à la septoriose, petit point de vigilance sur le risque fusariose. « Sur précédent en maïs grain en non labour, ne visez pas une note de résistance au risque fusariose inférieure à 5 », conseille Laetitia Temen. Mais la « rolls-royce » de l'essai est Grifondor (Unisigma), une variété barbue BPS précoce, à la forte productivité annoncée et au très bon profil maladies du feuillage et de l'épi : septoriose, rouille, mosaïques, mais aussi fusariose avec une note de 6,5. Certaines variétés ont été reconduites pour leur bon potentiel, comme SU Master b, testée pour la deuxième année, ou encore la variété de référence Thermidor. Reste à connaître les résultats de rendement finaux en situation de culture sur nos sols sarthois. Pour les exploitants, le choix se fera selon l'approvisionnement des opérateurs, des combinaisons de variétés pouvant être explorées pour gagner en résistance et en performance.

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