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Dégâts
« Ce n'est plus tenable »

Deux mois après le changement à la présidence de la Fédération des Chasseurs, la profession agricole travaille sur le long terme. L'objectif étant de juguler les dégâts impressionnants de cette année culturale. Entre les semis et la récolte, le travail se répète...

Que ce soit aux semis ou à la récolte, Pascal Clément agriculteur sur la commune de Montfort-le-Gesnois se sent impuissant face à la faim des sangliers. Cette année particulièrement, les dates de semis étant différentes d'un agriculteur à l'autre, les dégâts s'enchaînent, semaine après semaine d'une parcelle à l'autre suite à la montée en lait du maïs. « Pour des raisons de réglementations, on nous impose une certaine rotation des cultures. Mais sur le terrain et surtout avec la faune sauvage, ça ne sera plus possible » affirme Pascal « nous sommes un secteur d'élevage, par conséquent, nous avons besoin du maïs ». 

Etre dans l'anticipation

Pour l'éleveur il faut chasser sans attendre les dégâts : « Il y a eu une battue au printemps pour les semis mais je dois rappeler le louvetier ». Mickael Guenot, technicien de la Fédération des Chasseurs (FDC) du secteur, s'est déplacé pour l'estimation. D'ailleurs, une indemnisation aux semis a aidé le ressemis de 6 hectares sur les 8 initiaux. « La chasse au sanglier est très compliquée, notamment pour la sécurité, aujourd'hui ils sont aux ras des pavillons, dans les friches » révèle Pascal, « la chasse doit se faire davantage en période hivernale quand les cultures sont basses, à l'été, les surfaces de maïs compliquent les prélèvements de sanglier ». Sur le terrain, il constate la forte adaptabilité de l'espèce malgré une pression de chasse.

Tout en concertation

En effet, FDSEA et FDC travaillent de concert pour faire face à ce fléau que représente le grand gibier, « un seuil minimum de prélèvement est donné sur les secteurs problématiques, malgré tout, le nombre d'animaux est en constante augmentation : mais nous y travaillons » tente de rassurer Vincent Ozange, nouveau président de la fédération des chasseurs. Après que l'administration ait confirmé la prise en compte des données de l'application 'Signaler Dégâts Faune Sauvage', la FDSEA travaille pour faciliter la chasse: « la boîte à outils sanglier permettra de nouvelles chasses et on espère une baisse des populations » selon Nicole Leboucher, responsable du dossier chasse à la FDSEA « nous travaillons également sur une communication à destination du grand public en espérant faire bouger les choses. Seulement, nous avons besoin du réseau, chacun doit prendre ses responsabilités et nous signaler ses dégâts. Un outil des plus simples a été créé: une application smartphone ! La création d'un compte, quelques clics, une analyse par département et la commission départementale en est informée. Si personne ne joue le jeu, ce sera l'échec. Aujourd'hui déjà, vos remontées ont permis de nouvelles cartes, de justifier le caractère nuisible de certaines espèces comme le renard. De plus, la localisation de vos dégâts permet de révéler la présence du grand gibier sur tous les secteurs et son adaptabilité. La FDC nous écoute, elle a d'ailleurs amélioré son système d'indemnisation en révisant le seuil d'éligibilité et se déplace sur le terrain quand la concertation est moindre. Le plan de chasse cervidé a également été revu à la hausse et assoupli grâce à l'attribution de bracelets indifférenciés selon le type d'animal ». N'oublions pas les espèces phares des écologistes: à chaque proposition d'action sur le blaireau par exemple, nous avons à faire à des dizaines de recours ruinant le travail réalisé en amont. Malgré le risque de propagation de maladie pour les ruminants, malgré les dégâts sur les cultures et les ravages au sol: l'argument principal pour ces refus: « nous n'avons pas de preuves ». Mais la profession saura en apporter si vous remontez vos expériences. Un travail de long terme certes, mais qui espère porter ses fruits prochainement. « Nous avons besoin de tous » selon Nicole Leboucher.

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