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Dialogue avec la Socamaine pour sécuriser l'avenir

Le 12 février, une délégation de responsables syndicaux a rencontré les représentants de la Socamaine (Leclerc). Entre exigences de transparence et application de la loi EGAlim, l'échange a posé les jalons d'une coopération nécessaire pour préserver la " Ferme France " face à une crise de surproduction qui inquiète le terrain.

Le décor est posé d'emblée par Patrice Riauté, président de la section laitière de la FDSEA : dans un contexte de tensions agricoles marquées, le besoin de réciprocité entre la distribution et la production est vital. Si le Salon de l'Agriculture doit rester une vitrine pour le " manger français ", Pascal Clément prévient qu'il ne doit pas se transformer en un simple théâtre de règlements de comptes entre acteurs de la filière. L'enjeu est ailleurs : il s'agit de la survie d'un modèle.

Le défi du renouvellement et du juste prix

Malgré une production revenue aux volumes de 2020, l'inquiétude pèse sur l'installation des jeunes. " C'est un vrai défi qui nous fait peur, quand les vaches quittent la ferme, elles ne reviennent pas ", s'alarme Pascal Clément. Face à une surproduction prévisible, les producteurs interpellent sur l'absence de débouchés valorisants. Le constat est sans appel : " Si on casse la dynamique, on aura énormément de mal à repartir ". Pour Patrice Riauté, la volonté de s'engager est là, mais elle est conditionnée : " On a la volonté de faire des efforts et de s'engager mais uniquement si on a des prix ". Un cri du cœur qui souligne l'urgence de garantir la rémunération du travail.

EGAlim 4 au banc d'essai

Si l'indice Ipampa permet de consolider et d'atténuer les variations de prix, l'heure de vérité a sonné. Les éleveurs français déplorent un décrochage par rapport à leurs voisins européens. " Si la ferme France ne sait pas faire 50/60 € de mieux que nos voisins qui se sont gavés pendant des mois, il y a un problème pour notre avenir ", a martelé Pascal Clément. De son côté, la Socamaine affiche sa volonté de transparence. Maxime Grouard et Bertrand Bouchez, pour l'enseigne, rappellent que malgré une baisse de la consommation de 6% par an depuis 2020, la Socamaine a contractualisé 260 millions de litres à 515 € les 1000 L via des contrats de trois ans. " Vendre pas cher ne veut pas dire acheter pas cher ", assure le distributeur.

Un espoir à transformer en actes

Malgré les traumatismes des crises de 2009 et 2016, l'ambiance de cette rencontre autorise un certain optimisme. La Socamaine semble prête à poursuivre le travail interne sur les contrats incluant de nouveaux transformateurs (Bel, Sodiaal) et abattoirs. Le message des producteurs est toutefois limpide : ils ne veulent plus être les variables d'ajustement. " Ce qu'on ne veut pas, c'est baisser nos productions avec une baisse de prix ", conclut Patrice Riauté. Le prochain combat est déjà identifié : la lutte contre l'opacité de certains acteurs de l'industrie qui échappent encore aux règles de transparence imposées aux producteurs et distributeurs. La porte est ouverte, le dialogue est engagé. Il reste maintenant à graver ces engagements dans le marbre des futurs contrats. Le syndicalisme de projet, porté par la FDSEA et les JA, se distingue ici des actions purement contestataires. L'objectif est clair : construire des solutions pérennes pour des fermes à taille humaine, tout en exigeant une transparence totale sur les marges.

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