Aller au contenu principal

« Inculquer
l'effort »

A la rencontre de Sandra Boullier, directrice de la MFR de Verneil-le-Chétif depuis septembre. Elle évoque l'actualité et l'avenir d'un établissement qui fêtera bientôt ses 60 ans.

Quel fut votre parcours professionnel avant de prendre les rênes de la MFR ?

Avec une licence de géographie en poche et une reconversion en comptabilité, j'ai d'abord occupé ici un poste de secrétaire-comptable puis, deux ans après, avec ma licence, j'ai eu la possibilité d'enseigner. En 2000, je suis donc devenue monitrice dans toutes les matières. Cela a duré jusqu'à l'année dernière lorsque j'ai pris le poste d'adjointe de direction. Pour préparer le départ de Jean-Luc Poupon, il y avait eu une co-direction pendant un an avec Alexandre Pivron mais celui-ci a démissionné. J'ai donc postulé pour prendre la direction de l'établissement, ce que j'avais l'intention de faire ailleurs en France avant cette opportunité. 

Comment se sont passés les premiers mois ?

Intenses ! J'ai voulu rapidement renforcer les liens avec le territoire, élus, partenaires locaux ou encore les maîtres de stage. Nous allons également ouvrir, en septembre, une nouvelle formation, un titre professionnel TJEP, Technicien des jardins et espaces paysagers, ce qui n'était pas encore proposé dans le secteur. Il est de niveau 4, l'équivalent du Bac, et correspond à une demande, par exemple pour des jeunes en difficulté pour partir sur un Bac pro. Ce qui conforte notre expertise en paysage depuis les années 90. 

Combien comptez-vous d'élèves ?

133, un chiffre stable mais nous en comptons moins à l'internat. Ce serait bien de pousser ce chiffre à 145 ce qui serait un meilleur rythme de croisière. 

Dans quels pays sont partis les élèves en formation agricole cette année ?

En Belgique et Bulgarie. Pour ce voyage-ci, il s'agissait d'un dépaysement total car le fonctionnement de l'agriculture et la culture du pays étaient très différents des nôtres. 

Quelles sont vos motivations quotidiennes ?

Tout mettre en oeuvre pour aiguiser celle des élèves ! Leur inculquer la notion de l'effort est également un combat du quotidien. Auparavant, on ne devait pas batailler pour qu'ils aillent en stage...

Est-ce un symptôme de la "génération smartphone"?

Malheureusement, les téléphones sont addictifs pour cette génération qui a toujours grandi avec. Or, ils ont tendance à les isoler et à les déconnecter du monde. Alors, on les incite à se divertir collectivement et sans écran...

Où en sont les vocations agricoles ?

Elles sont en baisse. Nous n'avons pas ouvert le CAPa (Certificat d'aptitude professionnelle agricole) que l'on avait depuis peu. Les apprentis ne trouvaient pas de maître d'apprentissage car un CAP ne correspond pas aux besoins des professionnels. Or, si nous ne l'ouvrons pas à la prochaine rentrée, nous perdrons la formation.  

   

Quels sont les freins à la redynamisation de la formation agricole ?

Généralement, les jeunes sont passionnés par le machinisme mais aussi par l'élevage et les cultures mais ça coince lorsque l'on parle d'administration. On leur répète pourtant qu'être agriculteur n'est pas seulement être sur son tracteur mais devenir un vrai chef d'entreprise. Mais tous ceux qui sortent avec un diplôme agricole trouvent un travail. 

Les familles ont-elles un rôle aussi important ? 

Oui ! On vient d'ailleurs de renouveler notre conseil d'administration avec un nouveau président de l'association de la MFR, Tanguy Hamon, agriculteur. Dans notre CA, nous avons encore davantage d'agriculteurs que de paysagistes.  

Quels sont les projets d'ici à 2030 ?

Nous menons une grande réflexion sur la réhabilitation de la Maison qui date de 1968. On installe un nouveau self, on achète du mobilier. Le dossier le plus chaud est le Château qui est énergivore. Or les robinets publics se resserrent. Il faut faire attention à toutes les dépenses. Nous avons aussi perdu quinze apprentis cette année. Ils ne sont plus que 35. 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Agri72

Les plus lus

Les représentants FDSEA et JA se sont rendus avec le préfet et l'administration sur les exploitations de Cyril Lemaitre (élevage) et Lise et Eric Timmerman (arboriculture).
FDSEA et JA mettent la pression sur l'État
Le 16 juillet, la FDSEA et Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés sur le terrain pour interpeller le Préfet. Face aux…
La conférence de presse de mercredi avait lieu sur l'exploitation de Nicolas Foucault à Neuville-sur-Sarthe.
Face à la crise fourragère, l'élevage laitier réclame un plan d'urgence 
Ensilage précoce inédit, chute de la collecte et déficit d'exploitation : la FNPL et les éleveurs sarthois interpellent la…
Les éleveurs de la FDSEA et des JA se sont mobilisés en barrant les accès du site de Cherré entre minuit et midi. Ils ont pu rencontrer la direction du site Bigard.
Blocage de Socopa : l'élevage sarthois réclame des perspectives 
Depuis février, alors que le prix d'achat des bovins venait enfin de dépasser depuis quelques mois les coûts de production, les…
Rendements contrastés et bonne qualité
Moyenne en volumes et satisfaisante en qualité, la récolte très précoce de céréales en Sarthe ne réjouit pas totalement les…
Luc Loyal et sa maman et patronne Olivia Delangle.
"On pensait les Bleus
imbattables..."
En attendant son installation, Luc Loyal est salarié de sa maman Olivia Delangle (en poules pondeuses) à Montfort-le-Gesnois. Il…
Les membres de l'association de courses hippiques de Sillé sur la ligne d'arrivée.
Sillé-le-Guillaume,
capitale du turf ce samedi
Ce samedi 8 août, l'hippodrome de la forêt à Sillé-le-Guillaume s'éveille pour son unique réunion annuelle. Niché dans un…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 133€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Agri72
Consulter l'édition du journal Réussir Agri72 au format numérique
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois