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"L'agriculture est un carrefour de rencontres"

Hélène Martin-Touchet était l'une des dix agricultrices mises en avant dans le cadre des deuxième rencontres du retour à la terre ce mardi à Angers. Commercialisant ses produits en circuit court, elle crée ainsi du lien sur le territoire.

Son métier, c'est un choix de vie. Avec des concessions sur son revenu, ses congés, son confort matériel. "Mais je me trouve plus en cohérence globale aujourd'hui dans ma vie." Hélène Martin-Touchet est agricultrice à Loire-Authion (Brain-sur-l'Authion). Elle s'est installée en 2019 avec son frère, Vianney, rejoignant son mari, Thomas, sur l'exploitation créée en 1975 par son père, François. Un véritable retour à la terre pour celle qui, après des études de lettres et communication, a goûté un temps à la vie parisienne.

Production de farine bio

Sur la ferme, conduite en bio depuis 1995, les associés conduisent un troupeau de 50 mères de race limousine sur une SAU de 150 ha, dont la moitié consacrée aux prairies. Sur le reste sont produites des céréales intégralement transformées en aliment pour les animaux et en farine pour la consommation humaine. "Nous avons investi dans un moulin en 2010 et avons commencé par produire de la farine de blé, raconte-t-elle. Depuis, sans publicité et uniquement par le bouche-à-oreille, nous avons développé notre offre et notre réseau commercial en circuit court". La ferme de François - nom donné en hommage au patriarche- vend aujourd'hui 50T de farine bio, mais aussi des colis de viande bovine (toutes les réformes adultes et jeunes du troupeau) et de viande porcine (issue d'un petit atelier de 20 porcs charcutiers).

"L'acte de se nourrir est vital"

Vendre en direct tous ses produits est essentiel pour Hélène Martin-Touchet. "Je tiens à ce temps de rencontre avec mes clients, explique-t-elle. L'agriculture est devenue tellement rare sur le territoire que nous sommes entourés de gens déracinés. Certains n'ont plus conscience du cycle des saisons. En échangeant avec eux, je leur rappelle que l'acte de se nourrir est vital et que l'acte d'achat alimentaire n'est pas neutre. En achetant localement leur produit, auprès d'une entreprise dont ils connaissent les pratiques culturales, sociales : ils opèrent aussi un acte citoyen". La ferme, sur laquelle la vente est organisée deux jours par mois, est aussi un "carrefour". Elle y reçoit des groupes, dont des étudiants, plutôt pessimistes sur leur avenir, dans un monde anxiogène, devant faire face à une crise environnementale. "Je ressens leur contentement quand ils repartent, se réjouit-elle. Je suis heureuse de créer du lien, de mettre en avant ce qui nous rassemble". En tant qu'agricultrice, qui vit et travaille au même endroit sur un territoire, elle est au centre de nombreuses interactions et contribue au tissage du lien local.

Complémentarité

Au sein de l'EARL Touchet-Martin, l'agricultrice considère que "chacun a sa place". "Nous sommes complémentaires, estime-t-elle. Je m'occupe de la transformation, de la commercialisation et de la facturation".  L'outil a été modernisé et les pratiques adaptées à sa force physique (comme par exemple le poids des sacs de farine). "Le matériel existe aujourd'hui pour réduire la pénibilité du travail, en particulier pour les femmes en agriculture, reconnaît-elle. Mais encore faut-il avoir les moyens de l'acheter". Mère de famille, elle se dégage du temps pour ses quatre enfants. Un équilibre pas si évident que cela à trouver. "J'aime le rappeler lorsque j'interviens auprès de futures agricultrices dans le cadre du parcours à l'installation, dit-elle. Souvent, les questions autour de la maternité et de la parentalité ne sont pas abordées alors qu'elles auront un impact sur la vie de l'entreprise". Des questions qui nourriront certainement la chaire Agricultures au féminin, lancée ce mardi par l'ESA d'Angers afin de "renforcer la formation des acteurs et la visibilité des femmes en agriculture".

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