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Le GDS fait le point sur le risque MHE

Lors d'un point sanitaire organisé à Trangé le 30 janvier, le GDS Sarthe a fait un point sur le risque MHE et son impact sur les troupeaux. L'hiver est aussi le bon moment pour prévoir sa gestion du parasitisme au pâturage.

Une centaine d'éleveurs se sont réunis lors du point sanitaire hivernal du GDS 72, le 30 janvier à Trangé.

Mardi 30 janvier, le GDS Sarthe a réuni une centaine d'agriculteurs pour un traditionnel point sanitaire hivernal, à Trangé. L'occasion pour l'équipe de Raphaël Ralu de revenir sur la dernière campagne de prophylaxie mais aussi, devant une assemblée d'éleveurs inquiets, d'apporter des éléments de réponse concernant la menace de la MHE (maladie hémorragique épizootique). Cette maladie vectorielle, qui se propage depuis le sud de la France, est transmise par un moustique culicoïdes. Depuis la confirmation d'un cas en Loire-Atlantique sur la commune de Chaumes-en-Retz le 23 novembre, le sud-ouest sarthois est concerné par une zone régulée incluant 34 communes. Le GDS Sarthe essaie actuellement de comprendre les manifestations et conséquences de cette maladie grâce au témoignage de son homologue du sud-ouest, et notamment des Pyrénées Atlantiques (64). Sur ce département, " environ 3 000 sur les 4 000 élevages ont fait l'objet de déclarations MHE en un mois et demi, avec entre 1 et 4 animaux malades par élevage ", relate Muriel Guiard, vétérinaire au GDS 72 qui insiste sur le fait que " les chiffres exacts ne sont pas encore connus. " " Tous les bovins de trois élevages ont été suivis : tous ont été constatés positifs et aujourd'hui ces animaux sont toujours positifs, donc porteurs asymptomatiques : on ne sait donc pas combien de temps il faut pour éliminer le virus. "

Mortalité estimée à 5-10%

Les symptômes de la MHE sont bien connus :  fièvre, aphtes dans l'intégralité de la bouche, hypersalivation, écoulements nasaux... " Les bovins ont la langue qui pendent car ils ont la bouche en feu et ont du mal a manger ", rapporte Muriel Guiard. Pour les éleveurs, rien d'autre à faire que du nursing pour les aider à manger. Dans les Pyrénées Atlantiques, " certains bovins ont eu du mal à s'en remettre avec des raideurs, des douleurs articulaires et des ulcères sur les mamelles 8-15 jours après le début de la maladie ", le GDS 64 estimant la mortalité à 5-10% des bovins malades.

Le GDS 72 rappelle que la MHE est une maladie classée, dans la réglementation européenne, à déclaration obligatoire et à limitation des mouvements, pour laquelle la déclaration des foyers est donc obligatoire. " Une fois un cas détecté, la zone régulée mise en place sur un rayon de 150 km est soumise à des contraintes aux mouvements valables pendant 2 ans ", poursuit la vétérinaire qui rappelle les actions à mener en cas de départ d'animaux : opération de désinsectisation puis, après au moins 14 jours, réalisation d'un test PCR qui, s'il est négatif, autorise à vendre l'animal au bout de 14 jours minimum. " Pour le moment, il n'y a pas d'aide au mouvement ni vaccin, le seul conseil étant la gestion des culicoïdes par insecticides. " 

Gestion ciblée des strongles digestifs

Delphine Renard-Degoulet, technicienne au GDS Sarthe, s'est ensuite intéressée à la question du parasitisme au pâturage à travers l'exemple des strongles digestifs. Pour limiter les résistances, il est aujourd'hui conseillé d'opter pour un traitement ciblé sélectif, qui vise à privilégier les animaux les plus jeunes et qui en ont besoin. " L'idée est de laisser les animaux développer leur immunité sans qu'il y ait de conséquences sur leur santé. On estime qu'il faut 8 mois de pâturage pour que cette immunité soit effective. " Pour des adultes dont le temps de contact effectif (TCE) avec les parasites aurait été insuffisant, le traitement se fera au cas par cas.

Traiter au bon moment

Le GDS 72 conseille d'intervenir " avant ou pendant la période à risque " soit entre 4 à 6 semaines après la mise à l'herbe -sachant que la pression parasitaire dépend aussi de la température et de la densité de chargement. " Il n'est plus entendable aujourd'hui de traiter à la mise à l'herbe, à un moment où les pâtures sont saines et où les vaches ont très peu de parasites en elles-mêmes ", déclare Muriel Guiard. Pour traiter au bon moment, les éleveurs peuvent s'appuyer sur des analyses de coproscopie ou sur l'évolution du GMQ. A la rentrée des animaux, " l'idéal est de réaliser des dosages de pepsinogène sur au moins 5 génisses par lot. " Les bolus à appliquer à la mise à l'herbe, qui relarguent régulièrement du vermifuge, éliminant ainsi sur les parasites par effet chasse d'eau, " peuvent être une solution pratique, mais attention à toujours veiller à varier les molécules pour éviter les résistances. " Le GDS 72 rappelle qu'il propose une prise en charge pour certaines analyses de type dosages de pepsinogène, coproscopies ou sérologies, pour la recherche de parasites.

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