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AS CEFIGA
Le photovoltaïque comme garantie de revenus à long terme

Pour sa 3e édition de Pulse, l'événement créé par AS Cefiga à destination des jeunes, l'AGC avait choisi comme thème le photovoltaïque. A l'EARL Huart, bien dotée en la matière, agriculteurs, conseillers AS Cefiga et représentants de Wewise ont échangé sur la pertinence d'un tel investissement.

Installés à Brulon depuis 2007 en élevage porcin (naisseur-engraisseur) et VA (avec vente directe depuis 2020), Adeline (35 ans) et Olivier Huart (40 ans) ont rapidement mis le pied à l'étrier en production solaire. Dès 2010, 30 kWc (kilowatt-crête) ont été mis en route, avec une production annuelle de 32 000 kWh. Par la suite, d'autres installations sont venues satisfaire les recettes émanant de l'énergie photovoltaïque.

Le photovoltaïque a permis de financer de nouveaux bâtiments

En début d'année 2023, ce sont 403 kWc qui furent mis en route grâce à la construction du nouveau bâtiment de stockage. Soit 470 000 kWh par an, toujours en revente totale, produits par 2 000 m2 de panneaux. La même année a été érigé un tracker avec 110 m2 de panneaux, lesquels ont permis de réduire la facture d'électricité de 40 %. « On a investi des sommes importantes dans des bâtiments, a souligné Olivier Huart. Nous avons de l'énergie solaire sur des bâtiments hypothéqués. En tout, ce sont plus de 600 000 € qui ont été investis. Le premier paiement peut être long. On a payé deux ans d'intérêts avant d'avoir de la trésorerie. Mais dans nos finances, nous n'en serions pas là sans le photovoltaïque. Il a permis de financer de nouveaux bâtiments. Et puis, nous l'avons fait pour notre fin de carrière, cela nous permettra de lâcher le pied quand on aura 55 ans. Cette garantie de revenus atténuera la pression. Avec déjà les deux salariés à temps plein, on se dégagera sans doute plus de temps pour faire autre chose. » Les installations photovoltaïques permettront également de résorber la modernisation, en 2019, de l'atelier porcin (sur paille pour la filière LPS) lequel a coûté 900 000 euros. Sur les installations de 2023, le tarif de vente est de 13,12 centimes d'euros/kWh. Bien sûr, aujourd'hui, le contexte économique dans le photovoltaïque freine davantage les projets semblables à celui de l'EARL Huart et rebat les cartes.

L'auto-consommation collective, un autre moyen de valoriser l'électricité

Jane Guérin, ingénieure commerciale pour Wewise (ex-Solewa), a étayé les nouvelles tendances, notamment l'auto-consommation collective (ACC) : « Elle permet de vendre sa production à ses voisins. Avec la diminution des tarifs de reprise, il faut chercher d'autres moyens de la valoriser et de moins dépendre des fluctuations du marché. » L'ACC s'adresse d'abord aux porteurs de projets qui ont été raccordés après 2021. « Pourra en profiter un consommateur équipé d'un compteur communicant et habitant entre 2 et 20 km du site de production. » Un autre de ses avantages est d'auto-consommer sur plusieurs sites, contrairement à la consommation directe. Alors oui, investir dans le photovoltaïque vaut toujours le coup même si les règles changent en permanence. En effet, la fin du guichet ouvert, depuis cet été, pour les projets de centrales de 100 à 500 kWC, remet en cause un modèle devenu standard chez les agriculteurs. « Pour ces projets, il y a désormais des systèmes d'appel d'offres simplifiés. On peut déposer son dossier seulement au moment de la session d'appel d'offres. Il devrait y en avoir quatre par an. » Et Olivier Duclos, responsable commercial du marché agricole de souligner : « La vente totale à EDF, la norme depuis vingt ans, est en train de muter. Il faut s'adapter et s'ouvrir à d'autres méthodes d'efficience à l'investissement. » Romain Bansard, conseiller de gestion AS Cefiga à Conlie a quant à lui insisté sur la nécessité de prendre le temps de la réflexion. « Un agriculteur prend beaucoup de décisions, souvent en réaction à la conjoncture, or celle-ci est très fluctuante. Il est donc important de prendre en compte tous les paramètres d'un projet, de son entreprise et d'échanger avec ses partenaires. La création d'un bâtiment voltaïque, un investissement assez conséquent, peut fermer des portes sur d'autres projets mais inversement peut permettre de développer des activités : logements d'animaux, infrastructures de stockage... »

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