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Syndical
Lidl interpellé sur ses engagements envers l'agriculture française

Les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA 72 sont entrés en action ces derniers jours pour interpeller directement l'enseigne Lidl. En pleine période de négociations commerciales, les syndicats ont choisi de hausser le ton afin de confronter les discours du distributeur à la réalité vécue dans les fermes.

À l'origine de cette mobilisation, le récent changement de direction de Lidl France, perçu comme un virage stratégique vers davantage de marge. Une orientation qui inquiète fortement la profession agricole, craignant une descente en gamme des produits et un recours accru à des approvisionnements au moindre coût, parfois à l'origine incertaine. "Quand on baisse en gamme, on va chercher le moins cher. Et derrière, ce sont souvent des produits importés, avec peu de garanties pour les producteurs français", alerte ainsi Jocelyn Lemaitre, président des JA de Sablé.

Des inquiétudes fortes sur la filière lait

La filière lait est particulièrement concernée. Lidl avait jusqu'ici mis en avant des contrats tripartites associant producteurs, transformateurs et distributeurs. Ces accords offraient une certaine visibilité économique aux éleveurs. Aujourd'hui, leur avenir interroge. Pour les responsables syndicaux, le risque est clair : voir disparaître des dispositifs qui permettaient une meilleure répartition de la valeur, au moment même où la survie de nombreuses exploitations est en jeu. Théo Gillard, président des Jeunes Agriculteurs du canton du Grand-Lucé, dénonce fermement la baisse annoncée du prix du lait. "Voir des produits vendus à moins d'un euro le litre est tout simplement honteux !", martèle-t-il

Origine des produits : le flou persiste

Sur le terrain, plusieurs actions de relevés de prix et d'origines ont déjà été menées en Sarthe, notamment dans 4 magasins Lidl du département : Montval, Changé, Sablé-sur-Sarthe et Arçonnay. Des produits dont l'origine pose question ont été relevés dans les rayons de chez Lidl comme des tomates du Maroc, du crottin de chèvre fait à base de lait de Belgique, d'Espagne, de France et des Pays-Bas, des gésiers de poulet d'Allemagne et de Pologne, des haricots verts du Kenya, un plat préparé à base de riz et de poulet en provenance de Thaïlande et du Brésil ou bien encore du confit de canard d'origine Bulgare...

" Défendons notre agriculture "

À travers cette mobilisation, les deux syndicats souhaitent rappeler l'urgence de la situation. "La pérennité de nos fermes et le renouvellement des générations sont en péril. Nos prix doivent enfin refléter la réalité de nos charges et de nos investissements", insistent-ils. FDSEA et JA portent trois revendications claires : transparence totale sur l'origine des marques de distributeur (MDD), respect strict des lois EGAlim afin que la valeur revienne réellement dans les fermes, et enfin, priorité à l'origine France pour garantir la souveraineté alimentaire.

Les organisations agricoles interpellent Lidl et lui demandent de prendre ses responsabilités en apportant rapidement des garanties concrètes, notamment sur le maintien des contrats tripartites et sur la place réservée aux productions françaises. "On ne peut pas exiger des agriculteurs qu'ils produisent mieux tout en tirant les prix vers le bas : il faut une cohérence totale", rappellent les syndicats. Théo Gillard souligne de son côté que "l'importation fait baisser les cours, réduit la rentabilité, freine la transmission des exploitations et les installations, et menace, à terme, la présence des produits français dans les années à venir". Sans réponse de l'enseigne, la mobilisation pourrait s'intensifier.

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