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RHD
Relever ensemble le défi de l'assiette locale

Jeudi 19 février, la section laitière de la FDSEA a rencontré quelques élus locaux et les représentants de la DDT et de la DDPP pour aborder les thèmes de la Restauration hors domicile (RHD) et de l'application de la loi EGAlim.

Alors que ce débouché est passé de 8 % à 35 % en vingt ans, l'enjeu est de transformer les contraintes des marchés publics en opportunités pour que la valeur revienne enfin dans les cours de ferme sarthoises tout en limitant les importations. Malgré l'absence de nombreux présidents de communautés de communes, du représentant des maires et du Conseil régional, le dialogue est ouvert pour valoriser le savoir-faire local et trouver des solutions d'avenir par l'amélioration de leurs cahiers de charges.

Un cadre réglementaire à apprivoiser pour protéger nos filières

La loi EGAlim, bien que perçue comme un mécanisme complexe, reste un levier majeur pour stabiliser les prix face à la volatilité des marchés. Pascal Clément rappelle que, dans un contexte de baisse du prix du lait, l'objectif est d'utiliser ces dispositifs comme un " frein à la baisse" comme elle a pu freiner la hausse l'année passée mais surtout comme une protection contre la concurrence des importations à bas prix. Si la loi interdit de favoriser explicitement l'origine française dans les appels d'offres, elle permet d'intégrer des critères de durabilité, d'empreinte carbone ou de fraîcheur qui servent indirectement les produits locaux. Toutefois, le chemin reste long : certains établissements affichent encore des taux de produits sous signe de qualité bien en deçà des 50 % réglementaires. " On tente d'y aller avec les produits bio, de qualité, puis sur le reste on cherche les prix et on fait n'importe quoi. Il faut qu'on trouve une façon d'arrêter de détruire notre agriculture ", alerte Isabelle Leballeur. La vigilance est également de mise concernant l'étiquetage en GMS et en restauration, où des fraudes sur l'origine des viandes sont régulièrement sanctionnées par la DDPP pour protéger la transparence due aux consommateurs et le travail des producteurs. L'enjeu actuel relevé par Laurent Bordeau, représentant Viande Bovine, est de s'assurer que la non-négociabilité des matières premières agricoles (MPA) soit réellement appliquée et que les indicateurs de coûts de production reflètent la réalité des charges des exploitations.

Simplifier l'accès aux marchés : l'union fait la force

Le principal frein à l'approvisionnement local réside souvent dans la lourdeur administrative des marchés publics et l'inadéquation des volumes. Mélanie Cosnier, référente production des repas du pays sabolien, souligne que de nombreux éleveurs locaux ne peuvent répondre seuls à la demande de cuisines centrales servant plus de 1 300 repas par jour. Pour remédier à cela, François Boussard, vice-président du Conseil départemental et président de la CDC Sud-Sarthe, préconise de privilégier des appels d'offres par établissement plutôt que des groupements massifs qui créent des charges intermédiaires et excluent de fait les producteurs de proximité. La solution passe aussi par un rôle accru des industriels sarthois (LDC, Sodiaal, etc.), qui possèdent la logistique nécessaire pour porter la traçabilité et répondre aux cahiers des charges complexes. La formation des élus et des cuisiniers est un autre pilier indispensable pour réaffirmer le contrôle des approvisionnements. Comme le souligne avec optimisme Isabelle Leballeur : " Il faut travailler avec l'ensemble des agricultures... tous les agriculteurs de la Sarthe font bien leur boulot, que ce soit une petite ferme en vente directe ou celles qui approvisionnent l'agroalimentaire ". L'avenir réside dans la contractualisation pluriannuelle, offrant une visibilité de trois ans minimum aux éleveurs comme notée dans EGAlim, et dans une meilleure communication après les prochaines échéances électorales pour sensibiliser les nouveaux élus aux réalités du terrain. " Notre vrai défi, c'est de vous inciter et de partager nos connaissances ", conclut Pascal Clément, invitant chacun à rester positif et moteur dans cette transition.

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