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Fourrages
Sécuriser ses stocks : " Il faut être opportuniste "

Les analyses de maïs ensilage réalisées pour la Sarthe par Seenovia indiquent une bonne valeur alimentaire malgré des volumes limités. L'implantation de dérobées d'été est une stratégie payante cette année pour sécuriser les stocks.

Après une campagne marquée par les coups de chaleur et le vent, entrainant de forts besoins hydriques des cultures, et un manque de précipitations très pénalisant dans certains secteurs de Sarthe, l'heure est au bilan pour les maïs ensilage 2025. Faire l'état de ses stocks tant en qualité qu'en quantité est crucial pour anticiper un éventuel manque de fourrage et adapter les futures rations des bovins.

Très bonne valeur alimentaire

Le tableau pressenti dès les premiers chantier d'ensilage s'est confirmé : si les volumes ont été affectés par les conditions climatiques, la qualité est au rendez-vous. " La où il y a du volume, la valeur alimentaire est moins bonne, et inversement ; il n'y a pas de double peine ", résume Jean-Michel Naveau, référent fourrages pour la Sarthe chez Seenovia qui observe, sur son secteur du sud-est sarthois, des analyses historiquement bonnes, soit 1 UFL/kg de MS, parfois plus. " Avec la même quantité de maïs ingérée, les vaches auront plus d'énergie pour produire du lait. Sachant que ce maïs prend moins de place qu'un maïs classique à 0,92 UFL, elles vont en manger encore plus, il faudra donc aussi trouver le bon équilibre. " Selon les résultats d'analyse, il sera peut-être nécessaire de limiter les apports de concentré -une opportunité pour faire des économies sur ce poste-, et de réduire l'ingestion de maïs ensilage, au risque d'exposer les animaux à un état de sub-acidose ou d'acidose...et de liquider rapidement les stocks. Autre conséquence, avec des maïs à 18% de cellulose cette année, la ration pourra manquer de fibres, mais pourra très bien s'équilibrer avec de l'ensilage d'herbe ou de méteil : " cela va donner quelques chose de super laitier ", prédit le conseiller.

La dérobée d'été, une stratégie payante

À l'adaptation de la ration s'ajoute la gestion des stocks, point crucial pour l'année laitière à venir, surtout dans les secteurs les moins arrosés, où les volumes s'échelonnent entre 3 et 9 t de MS/ha sans irrigation. Les meilleurs rendements sont observés dans la partie Nord de la Sarthe, qui a été plus arrosée. 

Pour pallier le manque de volume, beaucoup ont acheté sur pied à leurs voisins, une solutions facile à mettre en place pour des éleveurs qui ont aujourd'hui gagné en sérénité. Autre piste intéressante cette année, l'implantation de dérobées d'été pour sécuriser ses stocks. Des éleveurs ont profité du créneau de début juillet pour semer un méteil d'été ou du sorgho multi-coupes. " On se met dans la position de limiter les dérobées de printemps pour ne pas pénaliser la réserve hydrique du sol au printemps prochain, et impacter le maïs qui suit, comme cela s'est beaucoup observé cette année. " Stratégie payante, les sorghos multi-coupes semés avant ou après les " coups d'eau " -il faut être réactif- ont déjà donné une coupe en septembre et peut-être en donneront une deuxième si le climat le permet. " Ce fourrage sera plutôt destiné à des animaux qui ont moins de besoins, comme les génisses ou des bêtes de viande, pour mieux préserver les stocks. " Pour ces semis opportunistes de juillet, il s'agit de limiter le travail du sol pour qu'il s'assèche le moins possible. Avantage, le sorgho en place prend ensuite le rôle de couvert hivernal (il est naturellement détruit par le froid) : pour une mise de fond d'environ 90 €/ha -il y a toujours une prise de risque- contre 40 à 50 €/ha pour un couvert, mais avec, à la clé, une vraie valeur alimentaire.

Valoriser toutes les surfaces

Pour préserver ses stocks, toutes les surfaces sont importantes à valoriser. Le pâturage des génisses et des vaches est un levier important dans les conditions actuelles très favorables à la pousse de l'herbe. Des éleveurs ayant accès au pâturage ont fait le choix de faire pâturer des repousses de colza graines, qui ne sont pas valorisées habituellement et se fauchent difficilement. De même il sera important de réaliser avant l'hiver la fauche " de nettoyage " des parcelles, qui pourra apporter quelques tonnes de MS supplémentaires mais surtout assurera un bon redémarrage de l'herbe au printemps. Des solutions multiples et complémentaires à adapter à chaque campagne, sans forcément augmenter sa surface de maïs, pour vivre sereinement la saison à venir.

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