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Irrigation
Stockage de l'eau : sortir du cercle vicieux de l'immobilisme

À l'invitation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, les services de la DDT se sont rendus jeudi 10 avril à Chantenay-Villedieu, chez Aubin Pageot. L'objectif de cette rencontre ? Démontrer par l'exemple que les projets de stockage existent bel et bien en Sarthe, mais qu'ils s'épuisent face à une réglementation trop lourde et des coûts d'études importants.

Sur l'exploitation d'Aubin Pageot, le projet semble pourtant frappé de bon sens. L'idée ? Utiliser une ancienne carrière déjà remplie d'eau pour sécuriser ses cultures et surtout l'alimentation de son élevage de porcs. Pas de creusement massif, pas de bouleversement du paysage, mais la simple valorisation d'une ressource existante.

Un projet de bon sens qui piétine

Pourtant, même ici, la machine administrative grippe. Entre les zones "humides" modélisées à distance et les exigences de la Loi sur l'Eau, le porteur de projet se retrouve face à un devis d'études techniques s'élevant à plusieurs milliers d'euros.

Aujourd'hui, de nombreux projets de création ou de réhabilitation de réserves d'eau en Sarthe ne dépassent jamais le stade de l'intention. En cause ? Le "mur" financier et administratif des études préalables, notamment celles liées à la Loi sur l'Eau. Pour Anabelle Chartrain, présidente de la FDSEA, "un agriculteur ne peut pas se permettre d'engager entre 6 000 € et 15 000 € d'études techniques et environnementales sans aucune garantie d'obtenir l'autorisation finale, le risque financier est trop important et décourageant".

Humaniser les échanges pour débloquer les dossiers

La visite à Chantenay-Villedieu n'avait pas pour but de signer des autorisations, mais de montrer qu'un dossier papier ne remplacera jamais l'œil de l'expert sur le terrain. Tout le monde s'est accordé à dire qu'il est nécessaire de mieux comprendre les projets et de favoriser les échanges. En effet, une lecture sur plan peut parfois classer une zone humide par simple modélisation (prélocalisation de la DREAL), alors que la réalité du sol (argile étanche, sable rouge) raconte une autre histoire. De même, un simple coup de fil ou une rencontre directe avec la DDT permet souvent de lever des freins et de corriger le tir avant que les contraintes ne s'accumulent.

Des solutions financières et techniques existent

Pour relancer la dynamique départementale, plusieurs pistes concrètes ont été discutées :

- Le Fonds hydraulique : ce dispositif pourrait permettre de financer jusqu'à 70 % des études préalables (géotechnique, analyse des matériaux, etc.). Une opportunité majeure pour limiter l'avance de trésorerie des exploitants.

- La logique collective : pour atteindre les seuils d'éligibilité des aides et limiter les coûts des bureaux d'études, le regroupement de petits projets individuels en une démarche collective est possible et facilitera la disponibilité des bureaux d'étude.

- L'application pragmatique de la séquence ERC (Éviter, réduire, compenser) : plutôt que de s'opposer systématiquement à l'impact sur les zones humides, l'idée est de travailler sur des compensations locales et simples, comme la restauration d'une mare dégradée à proximité du projet ou une pente douce qui pourrait accueillir la biodiversité des zones humides.

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