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GDS Sarthe
Une crise sanitaire et toujours beaucoup de questions

Le GDS 72 a tenu son AG le 20 mai au siège du Crédit Agricole, au Mans. Une grande partie du temps a été consacrée à l'impact des maladies touchant nos élevages, MHE et FCO en tête.

Le GDS Sarthe a convié ses adhérents mardi 20 mai pour son AG annuelle, au siège du Crédit Agricole au Mans, autour de son président Christian Lelièvre et de son directeur Raphaël Ralu. L'assemblée a été assortie d'une AG extraordinaire pour modifier les statuts du syndicat, avec à la clé un changement notable dans la représentation du GDS dans les territoires (voir encadré). La matinée a débuté par un point d'actualité sur les différentes sections, notamment la section des petits ruminants, dont la prophylaxie a été reprise en délégation par le GDS 72 l'année dernière, puis l'accent a été mis sur les différentes maladies impactant (ou menaçant) nos animaux d'élevage, MHE et FCO en tête pour lesquelles Murielle Guiard, vétérinaire du GDS, a donné les dernières évolutions, soutenue par l'intervention de Karine Proux, directrice de la DDPP 72.

Fief explosif de FCO-3

C'est un fait désormais connu, la Sarthe est particulièrement touchée par la FCO-3, la démarquant fortement de ses voisins, avec 445 foyers déclarés au 15 mai, contre 29 foyers de FCO-8 et 25 foyers de MHE. " Nous sommes sûrs d'avoir été un fief explosif de FCO-3, mais il faut être aussi prudent concernant les foyers déclarés de FCO-8, qui sont probablement sous-estimés ", indique Murielle Guiard, qui reste très sceptique vis-à-vis de la notion de "foyer".

Une étude en cours en lien avec l'école vétérinaire de Toulouse vise à décrire et comprendre plus précisément la situation. Pour cela, 40 élevages sarthois choisis aléatoirement ont été testés sur les indicateurs FCO (3 et 8) et MHE. Selon les résultats obtenus sur lait de tank fin janvier, la presque totalité des élevages virent aux indicateurs FCO. Toutefois, si l'on s'intéresse à l'immunité intra-troupeau, 62% des vaches laitières en lactation de ces élevages sont séronégatives à la FCO. " Même en Sarthe, fief explosif de la FCO, les animaux ne sont majoritairement pas immunisés au sein des cheptels positifs ", analyse Murielle Guiard, avant de conclure :  "Concernant la FCO, l'immunité est très aléatoire, il faut donc continuer à vacciner. Nous avons par ailleurs été très peu exposés à la MHE, que se passera-t-il en 2025 ?"

28 dossiers d'indemnisation payés

La vaccination reste d'autant plus importante que la mortalité enregistrée continue de progresser, avec notamment +30% de mortalité sur vaches allaitantes adultes entre 2023-2024 et 2024-2025. Sans compter une explosion du nombre de morts-nés à partir de fin 2024 et une diminution importante des naissances constatées en 2025.

La vétérinaire a fait aussi un point sur les vaccins autorisés et leur disponibilité, une situation en permanente évolution qui ne facilite la tâche pour convaincre des éleveurs toujours réticents -il est d'ailleurs difficile d'estimer le nombre de bêtes vaccinées en Sarthe car un certain nombre de doses délivrées gratuitement peuvent avoir été stockées mais pas administrées. Des doses de vaccin contre la FCO-8 vont être mises à disposition gratuitement par l'Etat pour tous les éleveurs ovins (ni la date ni le nom du vaccin ne sont connus à ce jour). Le GDS a par ailleurs enquêté sur la possibilité de faire un rappel avec un vaccin différent de celui utilisé pour la première dose : " des études montrent que lorsqu'on utilise un autre vaccin FCO, l'effet rappel est au moins aussi bon qu'avec le vaccin initial. La FCO étant une maladie saisonnière, nous recommandons de faire le rappel vaccinal avant la période de forte activité vectorielle donc avant fin juin. "

Selon la DDT, à ce jour, 122 dossiers d'indemnisation FCO-3 ont été déposés dont 28 déjà payés à hauteur de 217 000 € (chiffre confirmé par Karine Proux).

Vacciner encore et toujours

Le GDS a enfin rappelé ses recommandations pour prévenir les maladies : renforcer les défenses immunitaires des animaux pour qu'ils affrontent mieux les virus (ration équilibrée, couverture des besoins, gestion du parasitisme, etc.), suivre la reproduction - un des piliers du suivi d'élevage mais encore plus dans ce contexte, notamment pour les éleveurs allaitants qui ne font pas encore de diagnostic de gestation systématique- et surtout, et toujours, vacciner.

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