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Viticulture
Vendanger à la machine pour limiter les coûts

Olivier Champion vendangeait, le 2 octobre, une parcelle de Pineau d'Aunis à Lhomme. Il récolte presque toute sa surface avec l'enjambeur de la Cuma viticole, pour réduire ses coûts et gagner du temps. 

Dans la parcelle du Vivier, à Lhomme, la vigne était suffisamment avancée pour déclencher les vendanges, le 2 octobre. «  Elle est arrivée au bout, on le voit aux feuilles craquantes, marquées par le passage du mildiou. Les grains se fendent et de la pourriture grise apparaît : il valait mieux ne pas attendre, surtout en vin rouge où la totalité de la vendange est mise en cuve », explique Olivier Champion, qui a décidé de se lancer sur les conseils de Sandrine Pairel, œnologue au groupement de développement viticole de la Sarthe. 

Dans la parcelle de Pineau d'Aunis, plantée en 2015, un an après l'installation du viticulteur, les oiseaux se sont servis depuis la ligne à haute tension située juste au-dessus, mais le volume s'annonce correct. Le jus qui sort de la machine à récolter est « magnifique, déjà rose » sur ce cépage peu colorant, preuve de la maturité des peaux. Après avoir récolté son Chardonnay (hors AOC) la semaine précédente, Olivier Champion a vendangé la veille 3 ha de Jasnières à Ruillé-sur-Loir, des chenins plus fragiles ayant davantage subi le mildiou et les intempéries de la saison, avant d'attaquer ses rouges.

Une récolte rapide

Pour ce chantier, Olivier Champion avait mobilisé l'enjambeur de la Cuma des Vignerons du Val de Loire, un New Holland renouvelé (en neuf) il y a trois ans et partagé entre les viticulteurs du secteur. La machine, équipée d'égraineurs et de souffleurs pour mieux retirer les feuilles et les grappes sèches, devrait récolter cette année 47 ha sur les 200 ha de vignes sarthoises. 

Récolter mécaniquement est une façon de gagner du temps pour le viticulteur -2h30 pour vendanger 1 ha-, dont la cave est dimensionnée pour « tout rentrer en 15 jours ».  Il procède ainsi pour la quasi totalité de ses 11 ha, excepté une petite parcelle qui n'est pas conformée pour accueillir la machine. C'est aussi pour lui un choix économique, avec un coût limité à 750 €/ha en mécanique, contre 2 500 €/ha en moyenne pour la vendange manuelle -un coût qui « dépend de la quantité. » La Cuma viticole propose aussi à ses adhérents divers outils : machine à boucher, filtre, pré-tailleuse, effeuilleuse, etc.

60% du volume de 2023

La parcelle de jeune vigne, qui vit sa cinquième récolte, est dédiée à la fabrication du vin « le Sarthe » (une IGP), un vin vendu moins de 7 € en supermarché, moins qu'un Jasnières, permettant au viticulteur de diversifier sa clientèle. « Une jeune vigne a tendance a être plus productive, donnant un vin aux arômes moins concentrés  », explique-t-il.

Malgré une saison marquée par la forte pluviométrie, le vigneron accueille sa récolte avec satisfaction. « Pour ce rouge, ici, c'est superbe, nous ferons 45 hectolitre/ha en vin fini. Le chenin est très bien, mais il y a un problème de rendement, inférieur aux estimations : 20 hectolitre à Ruillé hier.  » Oliver prévoit d'obtenir 60% de son volume de l'année dernière, qui était sa « plus belle année  », avec 650 hectolitres. Le 2 octobre, il lui restait encore 6 ha de Jasnières à récolter, soit un peu plus de la moitié de sa surface. Le viticulteur, qui vend toute sa production en bouteille et étale ses ventes sur l'année, stocke encore une partie de sa récolte 2023, une façon pour lui de lisser ses revenus et d'absorber les coups durs.

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