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Maisons familiales rurales
60 ans d'alternance en Sarthe

Les Maisons familiales rurales de la Sarthe fêtent soixante ans d’alternance. Six décennies d’ancrage au sein des territoires locaux et dans l’accompagnement individualisé de 900 élèves, de la 4e au Bachelor.

La genèse

Si l’histoire des MFR a commencé en 1937 dans le Lot-et-Garonne, la première structure sarthoise date de 1961 à Blandan sur la commune de Neuville-sur-Sarthe. Une initiative de parents soucieux de retenir leurs ouailles dans le sérail agricole. Le mouvement des MFR essaimera vite (Fyé dans le Nord du département en 1962, Vibraye à l’Est en 1964 puis Verneil-le-Chétif en 1968 au Sud) tout en affirmant son indépendance vis-à-vis de l’Etat et de l’Eglise. 57 jeunes investirent Blandan. Le succès fut fulgurant avec 120 demandes l’année suivante. En 1965, une Maison familiale pour les filles voit le jour à Coulans-sur-Gée, répondant aux aspirations et à la reconnaissance des conjointes d’agriculteurs. Dans les années 80, la Sarthe comptera jusqu’à neuf MFR.      

 

L’ADN

Notre forme associative nous tient à coeur. L’engagement des familles dans l’accompagnement de leur enfant est l’un de nos deux piliers, l’autre étant l’individualisation des parcours avec la confrontation entre la théorie et le savoir-faire des entreprises ”, résume Didier Hervo, président de la Fédération des MFR de la Sarthe depuis 2017. Avec les Compagnons du devoir, les MFR font même figure de pionniers d’une pratique qui n’en portait pas encore le nom : l’alternance. “ Les agriculteurs avaient une problématique de main d’oeuvre et ce système répondait à leurs attentes, précise Bruno Mainguy, Directeur des MFR du département. Il fallait aussi des établissements à proximité de leurs exploitations.”

 

Une offre multi-cartes reconnue 

Chaque établissement est sous contrat du Ministère de l’agriculture mais les MFR élargissent depuis longtemps leurs compétences à tous les domaines d’apprentissage. Ainsi, par exemple, la Maison de Coulans/Gée propose des CAP Petite enfance depuis 1997. “Depuis 2018, ce développement est renforcé par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Etant certifié Qualiopi (Attestation de la qualité et de la procédure des prestations, ndlr), nous avons ouvert une formation Maroquinerie à Thorigné et une autre en service-restauration à Coulans”, poursuit Bruno Mainguy. Aujourd’hui, quasiment toutes les MFR sont CFA et labellisées RSO (Responsabilité sociétale des organisations), autant de garanties pour les étudiants.” Et les résultats en attestent puisque 80 % d’entre eux trouvent un emploi immédiatement après leur diplôme. Parmi les plus anciens illustres élèves, des noms bien connus : Maxime Guimbreteau (président de JA, formé à Bernay-en-Champagne), Denis Pineau (président de la FDSEA 72, formé à Verneil-le-Chétif et Bernay) ou Isabelle Leballeur, vice-présidente de Le Mans Métropole.        

 

Un suivi de proximité et humaniste

Didier Hervo tient également à mettre l’accent sur le suivi étroit des élèves: “ Leur apprentissage est assurée par des moniteurs et non des enseignants. Ils ne font pas seulement de la formation mais accompagnent en permanence les élèves. Leur porte est toujours ouverte, ce qui facilite l’intégration, notamment de ceux qui ont perdu toute confiance en eux et dans l’école traditionnelle. ” Les MFR prônent également des valeurs de citoyenneté et d’ouverture en accueillant un jeune européen par établissement chaque année. Une quête de liens qui se prolonge jusqu’en Afrique de l’Ouest ou l’entité sarthoise apporte, avec son homologue mayennaise, sa méthodologie à l’association “Guinée 44”.         

 

Avenir

Les enjeux pour demain sont multiples. Il s’agit d’abord de développer la formation initiale, tout en continuant la progression de l’apprentissage. “ Depuis trois ans, nous travaillons sur le projet “Vision 2030”.  Pour toujours répondre aux besoins des territoires et des nouvelles technologies ”, souligne Bruno Mainguy. La Maison de La Ferté-Bernard va d’ailleurs ouvrir un titre de pilote de drones, répondant ainsi aux demandes croissantes de cartographie. “Les MFR sont complémentaires du système éducatif général, conclut Didier Hervo. Les élèves nous rejoignent par nécessité mais aussi de plus en plus par choix. Et ils y trouvent du sens.”

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