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Couverts végétaux
Bien choisir ses espèces pour les intercultures

La Chambre d'Agriculture organisait une journée fertilité des sols grâce aux couverts avec son groupe d'agriculteurs de Sablé. Jérôme Chauvin (Souvigné-sur-Sarthe) en était l'hôte.

"L'idée de cette journée est que vous repartiez avec un bon de commande avec les espèces idéales et les bonnes quantités, au bon moment, pour vos parcelles." Alexandre Hatet, spécialiste agronomie de la Chambre d'agriculture, a conseillé une dizaine d'agriculteurs du secteur de Sablé sur les couverts qu'ils souhaitent développer pour leurs cultures. A l'instar de Christophe David (Auvers-le-Hamon, volailles) qui ne laboure plus depuis 23 ans mais qui n'a jamais passé l'étape du semis direct. Cédric Gilet, de Fontenay-sur-Vègre, dispose quant à lui de terres portantes et bien ressuyées. "Depuis trois ans, j'intensifie la conservation des sols avec notamment le couvert avant maïs, avant lentille et entre le blé et l'orge. Certains couverts coûtent très chers. Je suis prêt à mettre le prix s'il y a une rentabilité et s'ils n'apportent pas de maladies." Benoît Ragaigne, éleveur de porcs fermiers et président de la section Environnement de la FDSEA, voit lui aussi les avantages de l'ACS depuis vingt ans mais se questionne toujours : "Avant de choisir les couverts, ma première interrogation est comment les fait-on bien pousser? Cette année, j'ai voulu faire de l'interculture courte. On a semé tard, fin juillet, avant l'eau. Et on n'a rien vu du tout. En revanche, on n'a rien fait sur une parcelle de colza et c'est devenu un tapis, et cela pousse..."

La vesce pourpre, couverture idéale

L'hôte du jour, Jérôme Chauvin (150 ha, canards prêts à gaver, ruches et chèvres pour la fabrication de "Fromages de Sophie")  cherche quant à lui des couverts différents entre le tournesol et le maïs sur une de ses parcelles. Afin d'attirer plus considérablement les abeilles pendant la floraison. Après un déchaumage pour une problématique de ray-grass, il a implanté début septembre, en précédent tournesol, un mélange de vesce érigée/phacélie/fenugrec/chia qui a mis trop de temps à démarrer. "C'est normal, ce sont des espèces qui ont besoin de chaleur et d'humidité. Ce n'était pas la bonne année sur le premier point". Alexandre Hatet insiste alors sur le choix de la bonne vesce. En l'occurrence, la pourpre est la couverture idéale pour fixer l'azote et occuper l'espace pendant l'hiver. Elle est également mellifère et croît rapidement. "En interculture, la vesce pourpre ou du Bengale produira beaucoup de biomasse (25 à 40% de plus que la vesce commune sur 3 mois d'été et d'automne en fonction des conditions) et ne passera pas l'hiver à cause du manque de rayonnement. La vesce érigée que l'on voit ici ne pousse pas très haut et, par conséquent, ne résiste pas à la concurrence. On le constate bien dans cette parcelle. En revanche, le ray-grass a préparé idéalement le sol. En pompant l'azote et l'eau, il a joué son rôle de couvert."

Les bénéfices agronomiques du ray-grass

Même si cette graminée reste une adventice contre laquelle il faut lutter dans les parcelles cultivées - surtout dans les sols limoneux et humides qui offrent des conditions propices à son développement - elle offre tout de même des bénéfices agronomiques. "Le ray-grass recrée son propre complexe argilo-humique et va injecter plein de sucre dans le sol. C'est un très bon structurateur du sol. Ici, je n'y toucherais pas pour préparer le tournesol. Un petit coup de disque superficiel, un déchaumage ou un rotor à deux centimètres, juste pour déchausser le ray-grass, suffiraient." La journée fut ensuite consacrée à des exercices de travail en salle et à la restitution de ceux-ci auprès des agriculteurs.

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