Installation
Bonne dynamique en cours. Attention au suivi
Réuni le 29 septembre, le Comité départemental de l'installation de la Sarthe a dressé le bilan de l'année 2025 et esquissé l'avenir. Entre virage vers France Services Agriculture et inquiétudes sur le suivi post-installation, les chantiers ne manquent pas.
Avec 69 installations aidées en 2025, la Sarthe signe un cru moyen, en retrait par rapport à la moyenne quinquennale (74). L'élevage demeure le pilier départemental, mobilisant 71 % des projets (dont 31 % en production laitière, voir graphique ci-dessous). L'agriculture biologique amorce une inflexion positive avec 10 dossiers validés, contre seulement 3 en 2024. Toutefois, dans certaines filières comme la poule pondeuse, la filière bio peine à recruter. "On a du mal à trouver des candidats car il y a eu une chute du nombre d'agriculteurs bio ces dernières années", expose Bruno Houille, de la Cafel. Or, pour la coopérative, qui planifie 18 nouveaux poulaillers d'ici 2028, l'atelier doit s'adosser à une production céréalière sur place, "sinon, on est sur un modèle hors-sol pur où l'on va chercher les céréales très loin ; ça n'a pas beaucoup de sens".
Une dynamique en 2026
Pour 2026, la tendance est prometteuse : les formations Créa de la Chambre d'agriculture font le plein. "On a dû passer de huit à dix stages cette année", illustre Manon Hureau, conseillère à la Chambre. Un bon point pour l'avenir quand on sait également que les établissements scolaires agricoles font le plein. Et sur le terrain, les jeunes agriculteurs ne ménagent pas leurs efforts pour promouvoir le métier à travers de nombreuses actions : interventions en MFR et lycées, semaine du renouvellement des générations, forum Instant Jeunes Agris, soirées salariés...
Le tournant 2027 et l'enjeu du suivi
2027 marquera une refonte majeure avec l'instauration de France Services Agriculture au 1er janvier. Le parcours s'ouvrira au Point accueil départemental unique (Padu) à la Chambre d'agriculture, avant un coaching personnalisé par des organismes agréés. "Tout cela reste encore à préciser, mais notre objectif est d'être prêts dès le début d'année prochaine" indique Alexis Roptin, président du CDI.
Si la Dotation jeune agriculteur (DJA) devrait se maintenir autour de 33 000 €, la précarité post-installation préoccupe les organisations agricoles. "On voit de plus en plus de jeunes en difficulté au bout de quelques années arriver à la cellule Réagir" alerte le président de la Chambre, Philippe Dutertre. Alors que l'aide initiale a doublé en quinze ans, le suivi post-installation (trésorerie, climat) s'avère trop peu sollicité. "En 2009, lorsque je me suis installée, la DJA était plus faible, mais nous avions une enveloppe de 1 500 € pour le suivi post-installation " rappelle Anabelle Chartrain, présidente de la FDSEA. Une question à revoir, peut-être, avec les financeurs de l'installation, Région en tête.