Sécheresse
Couverts végétaux obligatoires : la préfecture cède
Suite à l'action de la semaine dernière devant la préfecture, FDSEA-JA ont obtenu une dérogation totale à l'implantation de couverts d'interculture.
Mardi 13 octobre, la tension était palpable devant la préfecture du Mans lors de la mobilisation d'une centaine d'agriculteurs à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Sarthe. Une de leurs revendications : le ras-le-bol face à une impasse agronomique et administrative. Le message était clair : impossible d'imposer le semis de couverts végétaux d'interculture dans une terre cuite par le soleil et asséchée. Cette action coup de poing aura finalement payé. Face à la détermination du terrain, les services de l'État ont plié : la préfecture a officiellement validé la dérogation totale à l'implantation obligatoire des couverts dans le cadre de la Directive Nitrates (PAR 7).
Enfin écoutés !
Une véritable victoire pour la profession agricole, qui obtenait jusqu'alors de simples reports de dates sans prise en compte de la réalité opérationnelle et toujours au dernier moment. Le constat dans les champs est pourtant sans appel en ce mois d'octobre 2026 : un déficit pluviométrique historique depuis le printemps, des températures anormalement élevées et un indice d'humidité des sols au plus bas. Dans ces conditions, les levées de cultures restent bloquées et le travail du sol est devenu un non-sens agronomique. Désormais, grâce à l'arrêté obtenu par les syndicats, la couverture des sols précédant les semis de 2027 pourra être assurée par de simples repousses spontanées ou le broyage/enfouissement des cannes de maïs et sorgho.
Une réglementation adaptée
Cette avancée soulage des trésoreries asphyxiées. Imposer l'achat de semences de couverts et des passages d'outils coûteux dans des sols secs relève de l'absurde. Les contrôles au titre de la conditionnalité Pac (BCAE 6) seront adaptés en conséquence. Si le bon sens a fini par l'emporter sous la pression de FDSEA-JA, le monde agricole rappelle que l'adaptation au changement climatique ne pourra pas se faire à coups d'injonctions réglementaires déconnectées du terrain.