Sanitaire
Faire plus avec moins, le défi relevé du GDS Sarthe
Le Groupement de défense sanitaire de la Sarthe a tenu son assemblée générale mardi 26 mai au siège du Crédit Agricole. Lors de la dernière année écoulée, avec moins d'aides financières, il a fallu pourtant beaucoup soutenir les éleveurs...
Réunis mardi dans les locaux du Crédit Agricole au Mans, les adhérents du GDS 72 ont dressé un état des lieux contrasté de la situation sanitaire de l'élevage mais aussi économique du groupement. En 2025, l'équipe du GDS a été fortement mobilisée sur le terrain et au moment de monter les dossiers d'indemnisation de la FCO et de la MHE. Plusieurs centaines d'éleveurs ont bénéficié de la caisse coups durs pour un montant de 400 000 euros, soit 742 versements. Une aide exceptionnelle puisée en bonne partie dans les fonds propres.
La coupe franche malvenue du Conseil départemental
"Le personnel est la plus grosse charge financière de la structure, a introduit Christian Lelièvre, président du GDS. Mais en temps de crise comme l'an dernier, leur travail a été primordial." En ce sens, la coupe franche de la subvention du Conseil départemental en 2025 (de 158 000 à 79 000 euros) fut une bien mauvaise nouvelle. Mais n'a pas empêché le groupement de maintenir son aide aux éleveurs sur les analyses de prophylaxie et introduction à hauteur de 50 %. Reste qu'avec une baisse de 11 % des élevages et de 7 % des bovins, les effectifs sont en souffrance, et pour Raphaël Ralu, directeur du GDS, il s'agit d'"établir une feuille de route sur les cinq ans à venir pour définir les orientations et moyens financiers."
Mille naissances en moins
Dans la Sarthe, quatre foyers de MHE (également touchés par la FCO), 218 foyers de FCO-3 et 25 de FCO-8 sont actuellement répertoriés. "Pour la FCO-8, c'est cinq fois plus que sur le premier semestre 2025," a alerté Typhanie Grevet, conseillère sanitaire. À cause de cette maladie vectorielle, le GDS a comptabilisé 160 avortements entre janvier et mars 2025, et mille naissances en moins en mars 2025 par rapport à 2024. "Nous ne sommes pas l'abri d'une nouvelle vague, nous n'avons pas de certitudes." Le discours du GDS ne change pas d'un iota : les stocks sont disponibles pour vacciner contre les trois maladies mais il est également possible de prioriser la FCO.
Risques émergents
L'assemblée, via Marlène Fruche-Coste (DDPP) a également fait le point sur les risques émergents, dont deux préoccupations sanitaires majeures : la Peste des petits ruminants (PPR) et la Peste porcine africaine (PPA). La première, virale et très contagieuse, affecte particulièrement les chèvres, et a déjà été signalée en Europe, notamment en Hongrie, Croatie et Albanie. Elle se caractérise par des symptômes graves (larmoiements, diarrhées, pneumonies, lésions des muqueuses), les formes aiguës étant souvent fatales. La seconde (PPA) suscite l'inquiétude, car elle se situe désormais aux portes de la frontière française.
Pour le reste de l'année 2026 et pour les années suivantes, encore et seulement une mobilisation collective permettra de faire face aux défis climatiques, sanitaires et économiques des filières d'élevage.