Sécheresse / canicule
FDSEA et JA mettent la pression sur l'État
Le 16 juillet, la FDSEA et Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés sur le terrain pour interpeller le Préfet. Face aux épisodes de canicule et de stress hydrique inédits, l'objectif de la rencontre était d'exposer la réalité du terrain pour obtenir des engagements de l'État.
Récoltes de maïs brûlées, vergers touchés à 50 % par des coups de soleil destructeurs, éleveurs pris à la gorge par les stocks de paille... Le constat dressé lors de la visite du 16 juillet est sans appel. L'été 2026 frappe fort, et les agriculteurs sarthois attendent des actes clairs. Cette rencontre a permis de confronter directement les services de l'État à la réalité du terrain. Et le travail syndical paye : plusieurs lignes commencent à bouger.
TFNB : vers un dégrèvement à l'automne
C'est une première victoire pour la trésorerie des exploitations. La demande de dégrèvement de taxe foncière pour les prairies et les terres arables a reçu un écho favorable de la part des services de l'État. L'administration est d'ores et déjà au travail pour rassembler les justificatifs nécessaires. FDSEA et JA resteront vigilants pour garantir un retour concret et rapide dans les cours de ferme dès cet automne.
Des missions de reconnaissance ISN
Face aux vagues de chaleur extrêmes qui ont touché toutes les cultures, des missions de reconnaissance ISN (indemnité de solidarité nationale) vont être déployées pour évaluer précisément les baisses de rendement. La procédure est déjà engagée pour les petits fruits. Lors de la visite chez Cyril Lemaître, le constat du manque d'herbe et du lancement précoce des chantiers a confirmé la nécessité d'activer rapidement le dispositif, afin de faire reconnaître la perte de valeur énergétique des rations. Par ailleurs, la DDT invite les exploitants à déclarer rapidement leurs pertes auprès de leurs compagnies d'assurance pour initier les expertises, rappelant que, dans le cadre des contrats d'assurance multirisque climatique, l'assureur demeure l'interlocuteur référent pour la gestion de l'ISN.
Équarrissage : non à l'enfouissement individuel !
Les fortes chaleurs ont mis le système de collecte des cadavres sous haute tension. La DDPP a confirmé que l'opérateur Atemax avait enfin résorbé son retard de collecte. La profession a de nouveau exprimé le refus catégorique de l'enfouissement individuel par les éleveurs. Cette solution de facilité pour répondre aux crises est une double peine sanitaire et morale pour les éleveurs. Dès la rentrée, un travail de fond sera mené avec l'administration pour qu'un véritable plan d'urgence, basé uniquement sur l'enfouissement collectif, soit opérationnel.
Gestion de l'eau : sauver les cultures
La météo reste désespérément peu généreuse en eau et les restrictions d'usage de l'eau se durcissent de semaine en semaine. Face à cette urgence, la FDSEA et les JA maintiennent une position ferme : la préservation de notre souveraineté alimentaire doit être une priorité. Il est indispensable de permettre la poursuite de l'irrigation aussi longtemps que nécessaire afin de sauver ce qui peut encore l'être. Là où les infrastructures sont déjà en place, elles démontrent concrètement leur rôle d'assurance-récolte face au changement climatique. Dans ce contexte, la question du stockage de l'eau a de nouveau été mise en avant, en particulier le blocage des réserves en zone humide. Loin d'être préjudiciables, ces installations contribuent à étendre ces espaces et deviennent de véritables refuges où la biodiversité se ressource, comme cela a pu être constaté sur l'exploitation de Lise et Eric Timmerman.
Couverts obligatoires : pas d'argent pour semer dans le sec !
C'est une question de bon sens économique. Il a été officiellement exigé une dérogation sur l'implantation des couverts obligatoires. Alors que la trésorerie des structures est exsangue, il est hors de question de forcer les agriculteurs à dépenser de l'argent pour semer dans la poussière des graines qui ne pousseront pas. L'État a pris acte de cette position de bon sens ; les syndicats poussent désormais le dossier au niveau national pour obtenir gain de cause.
Les autres combats
Le syndicat a profité de cette rencontre pour porter d'autres dossiers prioritaires, tels que le projet de Loi d'urgence, qui doit garantir un accès effectif aux moyens de production nécessaires à l'activité agricole, le plan engrais - dont les modalités excluent de nombreux exploitants -, ou la consultation publique qui prévoit de retirer le corbeau de la liste des Esod. Face aux dégâts considérables causés aux cultures, les services de l'État ont annoncé qu'un courrier serait transmis au ministère d'ici quelques jours afin de dénoncer cette mesure et exiger sa réintégration parmi les espèces nuisibles. Enfin, dans ce climat de crise marqué par un profond épuisement physique et moral, le syndicat a exigé que bienveillance, écoute et compréhension soient de mise lors des interventions des corps de contrôle.