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Orages et grêle
Gros dégâts dans le Nord Sarthe

Mercredi 2 juillet, une mission d'enquête a été déclenchée dans le Nord Sarthe suite à l'orage de grêle de la semaine dernière.

Mercredi 25 juin, le nord ouest du département a été fortement impacté par les orages et notamment la grêle. De nombreux grêlons de la taille de billes ont frappé bâtiments et cultures autour de la forêt de Sillé et dans les Alpes Mancelles. Les céréales sont égrainées ou  couchées au sol, le colza est blanc et le maïs est broyé.

Mercredi 2 juillet, une mission d'enquête a été déclenchée dans le Nord Sarthe à l'initiative du sous-préfet de Mamers, sur demande de la profession. Quatre exploitations ont été visitées : l'EARL du Chataignier à Saint-Georges-le-Gaultier, l'EARL de la Claie du Pin à Mont-Saint-Jean, le Gaec Percheron à Douillet-le-Joly, et le Gaec Coulon à Rouessé-Vassé. L'orage a grondé durant toute la visite de la DDT ; le ciel s'est noirci pendant que la délégation (FDSEA, Chambre d'agriculture, DDT, Groupama) avançait dans les cultures abîmées, parfois détruites. "On n'a jamais eu de dégâts sur l'exploitation dûs à la grêle, c'est la première fois que je vois ça ; heureusement les bâtiments n'ont rien mais plusieurs arbres ont été arrachés" témoigne Didier Dupont, ancien exploitant. Son fils, Nicolas, relativise, étant assuré : "On a encore l'espoir que le maïs reparte, le cornet n'a pas été touché."

"On est assuré en multirisque"

Installé depuis 2006 avec ses parents à Saint Georges le Gaultier, Nicolas Dupont n'avait jamais vu un tel épisode. Sur son exploitation, les traces de la grêle sont visibles partout. " Tous les impacts sont là, c'est impressionnant. On a eu très peur pour les mycotoxines ", confie-t-il. Il est assuré en multirisque sur l'ensemble de ses cultures, une couverture pensée non pas comme une assurance revenu, mais pour limiter les pertes à la récolte. L'expert est passé rapidement. Le verdict est tombé : environ 50 % de pertes. " Ce qui est fou, c'est que le blé versé est parfois moins abîmé que celui qui est resté debout. Les épis encore dressés ont été cassés net, et le grain est tombé au sol." 43 hectares de blé tendre d'hiver sont impactés, avec un constat clair : " Les parcelles les plus précoces sont aussi les plus abîmées." L'orge a échappé au pire : " Elle a été battue le jour même, juste avant que l'orage n'éclate." Heureusement pour lui, le parcellaire est dispersé géographiquement. " Ça a joué en notre faveur, une partie du maïs est sauvée. Si tout avait été regroupé, les dégâts auraient été encore plus lourds. " Face à ces aléas, l'agriculteur repense son assolement. " On alterne davantage les secteurs, surtout quand on a des besoins fourragers. C'est une manière de se protéger, de limiter les risques. " Du côté du tournesol, les 10 hectares ont aussi beaucoup souffert : " Les feuilles sont tombées, il n'y a plus de photosynthèse possible. Certains pieds sont cassés. Et maintenant, on redoute les maladies, surtout le phoma. "

 "Faut avoir le moral"

Pour Lionel Lenoir, à Mont Saint Jean, le constat est sans appel : " Deux jours avant de le battre, il ne reste plus rien dans le colza. Quand on souffle sur les siliques, on voit tout le grain au sol. Le champ est blanc vu du ciel... C'est simple : on a tout perdu ! Le pire c'est qu'on est obligé de mettre une batteuse dans le colza quand même. Qu'est-ce qu'on va faire de la parcelle ? C'est encore un montant important et un effet indirect de l'orage. Les blés, c'est pareil. On bat de la paille. Les épis sont vides, ou bien ils sont tombés par terre. On a comparé aux autres années, c'est 20 à 30 quintaux de perdus à l'hectare, voire plus sur certaines parcelles. Sur 6 hectares, on a rempli une seule benne, soit 27 qx. Sur la commune, personne n'a été épargné. C'est dur à voir. Et encore, nos bâtiments ont été épargnés, c'est toujours ça. Mais le plus dur, c'est moralement. J'ai pas l'habitude de travailler toute une année pour que tout soit cassé comme ça, en dix minutes, sans que personne ne soit responsable" témoigne Lionel Lenoir. Il poursuit  : "Le couloir de grêle a suivi l'Orthe, on le verra sur les bilans météo. Le soir même, on a été nombreux à déblayer les routes, à évacuer les branches cassées. On l'a fait bénévolement, par sens du devoir. Mais personne ne nous remercie, personne ne nous rémunère pour ça. L'agriculture est toujours là quand il faut aider... mais souvent oubliée quand il faut la soutenir. Vendredi, j'ai demandé un dégrèvement de TFNB au sous-préfet. Certains propriétaires ne comprennent pas, passent d'un excès d'eau à une sécheresse, maintenant la grêle... Nous, on fait ce qu'on peut pour tenir. On espère juste que l'État ne nous laissera pas comme ça. N'ayant pas d'assurance récolte, j'espère a minima une reconnaissance de calamités agricoles et le déclenchement de l'indemnisation de solidarité nationale."

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