Récompense
La BPGO prime l'innovation
Le prix de la Dynamique agricole a récompensé deux exploitations jugées innovantes et répondant aux enjeux actuels.
Leurs parents n'étaient pas de la profession mais l'agriculture est devenue leur passion et leur métier. Antoine et Etienne Carlu, l'un ex-ingénieur, l'autre, ex-salarié d'une banque, ont rejoint leur père Guy, qui, en 2008, à 50 ans, avait lui aussi abandonné son premier métier de conseiller dans un cabinet de conseil comptable. Depuis 2019, les trois sont réunis à St-Aubin-le-Dépeint (37) au sein d'une exploitation (SCEA Le Chalet) productrice de pommes (75 % du CA), poires, noisettes - cette dernière sur 35 ha, avec une première récolte prévue en 2028 - et céréales. Les membres du jury les ont récompensés du Prix "Renouvellement des générations" en retenant également leur stratégie variétale. "Nous n'avons pas choisi de replanter des golden ou granny-smith mais privilégié des Pink Lady, Coeur de Reine ou Candine." Ces dernières sont dites "club" et de marque déposée. Elles séduisent de plus en plus depuis leur lancement dans les années 90. Le trio père-fils se dit autant agriculteur que manager. "Nous essayons d'améliorer les conditions de travail." Investissement humain mais aussi matériel avec des vergers munis de systèmes d'aspersion et de tours antigel. La structure compte une dizaine de salariés pour un effectif moyen de 45 UTH.
Des porcs de race anglaise à Chemiré-le-Gaudin
La Dynamique "Transitions", saluant "des initiatives engagées dans des pratiques durables" a quant à elle été décernée à deux jeunes agriculteurs formés à l'ESA d'Angers et eux aussi non issus du milieu agricole. Jocelyn Gainche et Sylvain Giffard (Gaec des Belles Filles) ont repris voilà sept ans deux élevages, bovin et porcin, à Chemiré-le-Gaudin. "Nous partions d'une ferme avec un foncier regroupé de bonne qualité mais avec une structure assez légère." Sa transformation a été radicale avec le développement de Jersiaises (en plus du maintien de 30 Limousines) dont les meilleurs morceaux terminent sur des grandes tables parisiennes ou de chics stations de ski. 120 bêtes ont été vendues en 2026. Mais c'est en porc que la conversion a été la plus spectaculaire. En 2024, le bâtiment est passé de 1 000 animaux commercialisés par an à 500 de race de "niche" : la Berkshire, d'origine anglaise, connue par pour sa viande juteuse et persillée. Les deux gérants ont même créé leu propre marque "Elevage de Saveurs". Côté cultures, les deux gérants ambitionnent de ne plus avoir recours aux engrais chimiques. "Ils seront remplacés par des digestats d'une méthanisation à laquelle nous vendons de la paille", souligne Jocelyn Gainche. La ferme (SAU de 188 ha dont 130 de cultures) vient aussi d'être équipée de 2 500 m2 de panneaux solaires pour réduire sa consommation. Le but étant d'atteindre la neutralité carbone tout en maintenant une forte valeur ajoutée. Par ailleurs, la Fondation Banque populaire et Crédit Maritime Grand Ouest a fait un don de 3 000 euros à L'Odyssée des Fem'meuZ'H, association dont la mission est de favoriser la solidarité entre agricultrices. "Pendant 20 ans, j'ai travaillé sur un élevage et je n'avais jamais vu autre chose", a confié Annie Potier. Elle joue, avec d'autres apprenties comédiennes une pièce, "A moi de jouer", qui braque les projecteurs sur la condition et le métier d'agricultrice.