Aller au contenu principal

Union européenne
La colère agricole s'exprime  à Bruxelles

Pas moins de 4 000 agriculteurs français, dont une trentaine de Sarthois, ont rejoint leurs collègues européens le 18 décembre pour la grande manifestation à Bruxelles. Près de 10 000 manifestants ont investi les rues de la capitale européenne.

Il s'agit de la manifestation agricole "la plus grande depuis plus de dix ans", a indiqué Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves et responsable des dossiers européens à la FNSEA. Objectif : faire pression sur la Commission européenne pour qu'elle repousse la ratification de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. "Tous les pays sont présents. Toutes les organisations agricoles européennes sont alignées sur cet objectif et unanimes", a-t-il ajouté. Mais le Mercosur n'est qu'un élément de la colère des agriculteurs qui ne cesse de gronder. Il y a aussi "les normes, un budget de la PAC en baisse, une balance commerciale française déficitaire et toujours plus de taxes", a expliqué Hervé Lapie qui voit dans les crises sanitaires que traverse le secteur agricole, notamment la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), "un élément déclencheur". La coupe est pleine pour des agriculteurs dont les revenus baissent dans leur globalité. "On en a ras-le-bol de voir les agriculteurs se faire taper sur la tête", a indiqué Quentin Le Guillous, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs (JA). Car la litanie des revendications est grande depuis deux ans, depuis que les deux syndicats ont commencé à retourner les panneaux de signalisation des entrées de ville pour exprimer le fait qu'on "marche sur la tête". Depuis, quelques avancées ont trouvé une traduction législative avec la loi d'orientation agricole ou encore la loi Duplomb. Une copie imparfaite pour les deux syndicats qui constatent que la colère monte dans les campagnes.

Un point de bascule

Car les surtranspositions sont toujours là, les mauvaises récoltes s'enchaînent, la crise viticole bat son plein, les crises sanitaires (FCO, MHE, IAHP, DNC...)* s'enchaînent. "Non seulement nos revenus baissent, mais les aides PAC qui en constituent une très grande partie, voire la totalité, sont annoncées en baisse de 20 % dans le projet de la future PAC", a constaté Maxime Buizard, vice-président JA. Il craint que le projet de la Commission ne fasse de l'agriculture "une sous-politique". En plus la Commission veut imposer dès le 1er janvier prochain, des mesures d'ajustement carbone aux frontières (MACF) qui vont faire grimper le prix des engrais de 100 à 140 euros/tonne dans un premier temps. "On pourrait aller jusqu'à 400 euros/tonne supplémentaires d'ici 2030. Pour nous, c'est un non total", a complété Quentin Le Guillous. Les deux syndicats regrettent également le peu de moyens que l'Europe met en œuvre pour contrôler ses frontières. "Seulement 1 % des matières premières sont contrôlées", a précisé Franck Sander. La manifestation du 18 décembre n'est sans doute qu'un tour de chauffe. "On espère que ce n'est pas le début d'une mauvaise histoire. Si rien ne se passe à Bruxelles le 18 (si le Mercosur est ratifié par les Chefs d'État et de gouvernement, ndlr) alors nous repartirons en manifestation et en blocages... pour une plus longue durée ", a promis Quentin Le Guillous. Pour la FRSEA et les JA des Pays de la Loire "L'agriculture européenne est à un point de bascule", indiquent les 2 organisations syndicales dans un communiqué. Et ce jeudi 18 décembre pourrait bien incarner cette bascule si les décisions prises par les chefs d'Etats et de Gouvernements des 27 allaient à l'encontre des intérêts de leurs agriculteurs et des objectifs de souveraineté alimentaire affichés dans les discours.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Agri72

Les plus lus

Édouard Berg devant la nouvelle flotte de camions.
TVR : une nouvelle ère
avec Édouard Berg
Depuis sa reprise par Édouard Berg il y a 3 ans, TVR49 Anjou Viandes entre dans une nouvelle ère. À Doué-en-Anjou, ce…
Le Conseil d'administration de la FDSEA s'est réuni le 27 février pour élire son nouveau bureau.
FDSEA de la Sarthe : une nouvelle ère tournée vers la proximité

Le Conseil d'administration de la FDSEA s'est réuni le 27 février pour élire son nouveau bureau. Sous l'impulsion d'Anabelle…

L'Assemblée générale a validé l'élection des 33 administrateurs JA 72.
Les JA tournés vers l'avenir et l'innovation

Réunis le 6 mars à Lombron en Assemblée générale, le syndicat Jeunes Agriculteurs de la Sarthe a procédé au…

Une vétérinaire
à la mairie du Grez
Martine Cottin, vétérinaire des Fermiers de Loué, est maire de sa commune du Grez. Une fonction qui la fait s'évader d'un métier…
L'AG de la FDSEA, en présence de Bruno Mousset (LDC), Jean-Luc Duval (Agrial) et Franck Laborde (AGPM) a réuni 200 adhérents à Rouillon. L'occasion de rendre hommage à Denis Pineau, président sortant.
Lever les verrous pour redonner de l'air aux exploitations
Mardi à Rouillon, l'AG de la FDSEA a rassemblé près de 200 adhérents autour d'une ambition : redonner de la visibilité aux…
La passion et le travail de la famille Patout (Villeneuve-en-Perseigne) sont de nouveau récompensés par une 3e position de Noblesse d'Atout (pouliche de moins de 3 ans - catégorie modèle et allure). Une reconnaissance qui illustre la qualité et la régularité de cet élevage : Noblesse d'Atout est la fille de Jétrière d'Atout (classée 4e au concours de Paris 2022) et petite fille d'Etrière d'Atout (4e de l'édition 2014).
Sans ses bovins, la Sarthe expose ses autres pépites à Paris
16 éleveurs et 35 participants au concours général agricole des produits ont représenté la Sarthe cette année.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 133€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Agri72
Consulter l'édition du journal Réussir Agri72 au format numérique
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois