Arboriculture
À la cueillette d'infos au Sival
Les arboriculteurs sarthois Pierre Leroy (Maison Leroy, Oizé) et Vincent Saudubray (Crannes-en-Champagne) se déplaceront au Sival (Salon international des techniques de productions végétales) du 13 au 15 janvier à Angers. Ils nous expliquent pourquoi.
Une référence
Pierre Leroy : "Pour les arbos et maraîchers, c'est LE salon à ne pas manquer, d'autant qu'il est à une heure de chez nous. Sur les trois jours, j'y vais au moins deux jours et demi. Il y a des conférences, nos fournisseurs, nos homologues arbos avec qui on échange, mais surtout du ''visuel'', ce que ne peuvent nous apporter les commerciaux qui viennent à nous. Fournitures, machines, emballages... sont sous nos yeux. On peut grouper nos achats en trois jours. Je vais aussi me documenter en maraîchage pour savoir comment réorienter certaines dépenses énergétiques."
Vincent Saudubray : "J'y vais environ tous les deux ans mais j'ai ciblé cette année une conférence sur la fertilisation en verger cidricole car on manque de références à ce sujet. L'optimisation des fertilisations avec les variétés à disposition a été jusque-là un sujet trop négligé, même au Sival. Or le réchauffement climatique modifie le fonctionnement du sol et la libération des éléments minéraux."
Des applications concrètes sur l'exploitation
P.L : "Il y a quatre ans, j'ai trouvé au Sival un nouveau frigoriste qui a répondu à mes attentes. J'ai également pu changer de marque de plateforme. Et cette fois, j'y vais avec un regard appuyé sur des tracteurs autonomes pour basculer vers cette utilisation à l'horizon 2027. J'y vais aussi pour voir du matériel de binage pour le maraîchage."
V.S : "Plus que des applications concrètes, les conférences du Sival offrent des résultats officiels d'études que nous avons déjà vues. Pour le reste, au niveau des innovations sur le matériel notamment, c'est surtout du marketing. Après trente ans dans le métier, je sais que l'on n'invente pas l'eau chaude tous les jours ! Mais il y a des travaux de recherche intéressants sur des nouvelles stratégies comme adapter la taille des arbres en réduisant le volume des branches tout en restant productifs. Autre sujet, nous serons tous confrontés à l'avenir à des restrictions d'irrigation. Faudra-t-il assurer une irrigation maximale jusqu'à mi-juillet qui nous permettra de garantir des revenus ? Ou, au contraire, faudra-t-il lever le pied en début de saison puis ''remettre la sauce'' en fin de saison ?"
La problématique des traitements
P.L : "Les chefs d'équipes viendront avec moi pour assister à des conférences sur les problématiques des insectes et des retraits de certaines molécules. On doit également faire face au sur-ensoleillement. Plus il y a de changements - phyto, environnemental, économique... - plus le Sival devient important."
V.S : " Comme pour les céréales, il faudra de plus en plus privilégier le fractionnement en ciblant les meilleurs créneaux météorologiques. Car le climat est de moins en moins stable. Apporter de l'engrais en mai s'il ne tombe pas d'eau ne sert à rien. On sait aussi que trop d'apport azoté dégrade la qualité des jus de pommes à cidre. Des éléments fertilisants ont également un impact sur l'apparition de ravageurs, en favorisant les croissances. Avec la hausse de la chaleur, le carpocapse se développe également. Et il faut désormais trois traitements par an. Mais le gros sujet actuel, c'est le puceron. On a peu de solutions chimiques et en utilisant toujours les mêmes produits, ceux-ci s'usent. Et on attend toujours les alternatives non chimiques."