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Rencontre avec le préfet
La FDSEA et les JA Sarthe martèlent l'urgence d'agir pour l'agriculture

Mercredi 25 mars 2026, une délégation menée par les nouveaux visages de la FDSEA de la Sarthe et de Jeunes Agriculteurs a été reçue en préfecture par Sébastien Jallet.

Ce rendez-vous, loin d'être une simple visite de courtoisie, visait à confronter directement le représentant de l'État aux réalités brutales du terrain. L'exigence est claire : l'adoption sans délai de la Loi d'urgence agricole. Pour les syndicats, ce texte doit impérativement redonner de l'air aux exploitations, restaurer une compétitivité malmenée et réarmer une souveraineté alimentaire française qui s'étiole.

Le constat de départ est sans appel : la France perd son fleuron agricole. Entre l'effondrement de la balance commerciale et une démographie paysanne en chute libre, la population agricole a été divisée par six en quarante ans, la profession ne tolère plus les demi-mesures. Pour la FDSEA et les JA, le temps de la réflexion est révolu, celui de l'action est une question de survie.

L'installation et la viabilité des fermes

Si le nombre d'installations en Sarthe reste stable, les syndicats s'inquiètent de la dégradation de la qualité de vie des nouveaux arrivants. Damien Rousseau, secrétaire général de JA Sarthe, a notamment alerté sur des dossiers prévoyant près de 2 900 heures de travail annuel sans aucun salarié, affirmant que ce modèle n'est pas viable à long terme. En parallèle, face aux capitaux colossaux nécessaires pour reprendre une ferme, Alexis Vaugarny, président de JA 72, réclame une meilleure adéquation entre l'accès au foncier et l'octroi des aides (DJA) afin de sécuriser les parcours des jeunes.

Eau et environnement : briser le mur administratif

Le dossier de l'eau, un des trois piliers de la future loi, a cristallisé les débats. Les agriculteurs sarthois souhaitent stocker la ressource, mais se heurtent à une opacité financière et administrative depuis des années. Anabelle Chartrain, présidente de la FDSEA, souligne qu'il est inacceptable qu'un agriculteur doive engager 10 000 € à 15 000 € en études environnementales sans aucune garantie de validation du projet, un risque financier devenu insupportable. En réponse, l'État a annoncé le déblocage d'un fonds hydraulique courant 2026 via un appel à projets. Les services de l'Etat attendent désormais du terrain des dossiers concrets pour flécher ces financements vers la Sarthe.

Réciprocité et urgence économique : le ras-le-bol des distorsions

Le principe de réciprocité des normes reste la ligne rouge non négociable des syndicats. Didier Bouttier, secrétaire général de la FDSEA, a réaffirmé une opposition aux accords de libre-échange, citant le Mercosur et l'accord avec l'Australie. La profession refuse d'être soumise à des contrôles drastiques sur son propre sol tout en étant concurrencée par des importations massives ne respectant aucun des standards sociaux ou environnementaux français.

Sur le plan économique, la situation est critique. La flambée des charges de structure (énergies, engrais) et l'instabilité générée par le mécanisme MACF (taxe carbone aux frontières) sur les engrais, dont la suspension avait été annoncée avant d'être finalement abandonnée, asphyxient les trésoreries. Pour la FDSEA et JA, l'heure n'est plus aux reports de charges ou aux solutions de lissage, mais à un soutien financier direct et massif face à des hausses de coûts historiques qui ne sont pas compensées par les prix de vente.

Vigilance sur le volet sanitaire

Enfin, le sanitaire a pesé sur les échanges et plus particulièrement la gestion de la Tuberculose. Bien que la Sarthe conserve son statut indemne malgré une suspicion récente, les élus syndicaux pointent du doigt la lourdeur des protocoles et la multiplication des « faux positifs » qui désorganisent les élevages. Ils exigent une révision immédiate des barèmes d'indemnisation en cas d'abattage. Les tarifs actuels sont jugés totalement déconnectés de la réalité économique de 2026 et de la valeur réelle des animaux.

Prochaine étape : les parlementaires

L'action syndicale ne s'arrête pas aux portes de la préfecture. Dès ce vendredi, la FDSEA et JA reçoivent à la Maison des agriculteurs les parlementaires sarthois. L'objectif est de s'assurer qu'ils porteront à l'Assemblée et au Sénat un projet de Loi ambitieux et des actes législatifs forts pour permettre un réarmement de la production agricole. 

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