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Rémunération
Les aviculteurs tirent la sonnette d'alarme

Représentant 80 % de la production nationale de volailles, les régions Pays de la Loire, Bretagne et Centre-Val de Loire réunissaient leur président de section avicole pour une conférence de presse extraordinaire organisée en Mayenne, à Saint-Cyr-le-Gravelais, mardi 24 juin. Objectif ? Tirer la sonnette d'alarme sur la rémunération des aviculteurs.  

Malgré l'absence d'un représentant de la section avicole de la FNSEA Centre-Val de Loire, les discussions se sont poursuivies mardi 24 juin, au Gaec Thireau (Saint-Cyr-le-Gravelais), entre les trois grosses régions françaises du secteur avicole. "Aujourd'hui, le contexte de la filière est assez dramatique, a contextualisé Christophe Labour, président de la section avicole de la FRSEA Pays de la Loire. Alors que la consommation de volaille ne cesse de croître (première viande consommée en France, NDLR) et que la filière avicole française ambitionne de réduire sa dépendance aux importations, les éleveurs peinent à se projeter dans leur métier. Contrats peu revalorisés, charges en hausse, investissements bloqués... La situation devient intenable "

" La demande n'a jamais été aussi élevée "

Selon les chiffres fournis par les trois sections avicoles, un poulet sur deux consommés en France est importé, "principalement du Brésil, de la Pologne et de l'Ukraine", a précisé Christophe Labour, qui interpelle, avec ses homologues, les grands intégrateurs (LDC, Galliance, Plukon) et appellent à une " revalorisation immédiate de la rémunération des éleveurs". Pour David Labbé, président de la section avicole de la FRSEA Bretagne, le constat est sans appel : "Les aviculteurs sont en train de craquer". Et pourtant, "la demande n'a jamais été aussi élevée en France, mais, en face, la production et l'offre ne sont pas au rendez-vous. Ce que l'on demande, c'est de nous rémunérer correctement et honorer nos charges, qui n'en finissent plus d'augmenter (énergie, alimentation, main-d'œuvre, assurances...). Actuellement, c'est trop juste. Sans oublier le Mercosur et les clauses miroirs, mais aussi la difficulté de faire appliquer la loi ÉGalim... Tous ces facteurs nous mettent un coup derrière la tête", constate Isabelle Leballeur, présidente de la section avicole de la FDSEA 72 et secrétaire générale de la Confédération française de l'aviculture. 

400 nouveaux bâtiments dans les cinq ans

Selon l'Anvol, l'interprofession de la volaille de chair, 400 nouveaux bâtiments d'élevage de 1 500 m2, soit 600 000 m2 au total, sont nécessaires pour répondre à la demande française, d'ici 2030. Un besoin de construction notamment affiché par le leader LDC et dont l'objectif est de "rattraper 20 points d'importation, puisqu'actuellement, près d'un poulet sur deux et 41 % des viandes de volaille consommées en France sont importées", réitère Thierry Lumineau, président de la section avicole de la FDSEA 85. Qui plus est, "c'est sur le rayon volailles que les GMS margent le plus. Lors des dernières manifestations agricoles, en janvier dernier, les opérations étiquetage avaient révélé que, dans certaines GMS, 95 % des produits volailles venaient de l'étranger", interpelle Enzo Bourasseau, éleveur de volailles en Vendée. "Les GMS se sont fait tirer les oreilles et sont aujourd'hui mieux orientées ''France'' sur le filet de poulet. En revanche, quand on parle de cordons bleus, par exemple, ça vient énormément de l'import", a ajouté Christophe Labour.

Attirer de jeunes exploitants : un défi de taille

"Pour donner envie aux jeunes de s'installer, il faut augmenter les contrats", souligne Isabelle Leballeur. L'ampleur des investissements, au regard de la rentabilité finale en volaille de chair, a tendance à décourager les candidats. Deux poulaillers, nécessaires pour rémunérer un temps plein, représentent en effet 1,5 à 1,6 million d'euros d'investissement. "Si les banques suivent encore les projets de poules pondeuses approchant les deux millions d'euros, le prix des œufs étant indexé sur la charge principale, l'aliment, elles montrent plus de réticences pour financer les projets en volailles de chair. L'amortissement sur quinze ans de ces bâtiments nécessite une visibilité économique que les contrats actuels ne garantissent pas", estime David Labbé.

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