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Eau
L'Etat met le "couvert" sur le captage de Pentvert

En visite au Mans jeudi 18 juin, Stéphanie Rist, ministre de la Santé est venue apporter son soutien à la collaboration expérimentale menée par les agriculteurs et les services administratifs sur le captage prioritaire de Pentvert. En mettant l'accélérateur sur les couverts à haute densité.

La gestion de l'eau était le sujet central des discussions de la journée. Suite à sa visite à la Maison de l'eau au Mans, la ministre s'est rendue à la préfecture où elle a approfondi le dossier du captage de Pentvert, implanté à Saint-Rémy-du-Val. Lors de son introduction, le préfet de la Sarthe, Sébastien Jallet, a souligné que la qualité de l'eau potable restait irréprochable pour l'ensemble des Sarthois. Cependant, il a noté que 73 % des cours d'eau naturels affichaient un état dégradé. Dans le département, huit captages d'eau sont classés comme prioritaires en raison d'une pollution diffuse engendrée par les nitrates ou les produits phytosanitaires.

Le captage de Pentvert, qui dessert 30 000 habitants, est le plus impacté avec des concentrations en nitrates supérieures à la norme (50 mg/L) avec des taux avoisinant les 90 mg/L, parmi les plus élevés des Pays-de-la-Loire. "Les caractéristiques de sols, plutôt pauvres, nécessitent des amendements assez importants, a souligné Marc Séverac, directeur de la DTT. Pour améliorer la qualité de l'eau, les actions sont co-financées par le syndicat (SMPEP), l'Agence de l'eau, la Région, l'Etat et des partenaires privés. Depuis trois ans, elles reposent en partie sur des plans d'action individuels chez les agriculteurs, des façons de désherber, implantations d'intercultures ou encore de nouvelles cultures moins gourmandes en azote. Les agriculteurs se sont organisés en association pour être les interlocuteurs des partenaires."

"Les produits que l'on retrouve dans l'eau aujourd'hui, on ne les utilise plus", Maxime Lorieux, représentant des agriculteurs

Philippe Dutertre, président de la Chambre d'agriculture, a témoigné du succès de cette mobilisation : "Nous avions pour objectif d'impliquer un maximum d'agriculteurs sur l'enjeu de la qualité de l'eau. Ça, c'est acquis. Mais quid ensuite de la partie économie ?" Dans la zone autour du captage, 39 exploitations sont réparties sur 1 000 hectares. "Nous saluons cette mesure de l'Etat et du syndicat, simple et concrète pour les agriculteurs, a réagi Maxime Lorieux, porte-parole des agriculteurs locaux. La seule chose chose qui me chagrine dans cette démarche, c'est l'absence de l'Agence de l'eau. On les attend pour être financeurs sur la partie des PSE (Paiements pour services environnementaux). Les leviers agronomiques permettent de limiter les engrais et phytosanitaires mais on ne pourra pas se passer de ces produits dans cette zone céréalière." Tout en précisant : "Les produits que l'on retrouve dans l'eau aujourd'hui, on ne les utilise plus."

Une convention de financement de ces couverts à haute densité a été signée à l'issue de ces échanges. L'Etat et le syndicat d'eau potable apporteraient une aide sur les deux prochaines années (30 000 euros en 2026) pour l'achat de semences pour tous les agriculteurs qui souscrivent à ces mesures qui pourraient être appliquées dès cet été. Ces deniers bénéficieraient de remises de 25 % sur les acquisitions de semences auprès d'Agrial, Jeusselin et Maudet.

La ministre de la Santé a salué cette dynamique collaborative, soulignant l'importance d'un dialogue concerté pour la préservation de la santé publique : "C'est bien qu'on puisse mettre des gens autour de la table pour notre santé. Cette expérimentation, vouée à durer, est très intéressante. Comme en médecine, il vaut mieux de la prévention que de dépenser trop dans le traitement, en l'occurrence ici dans la qualité de l'eau." Les acteurs impliqués estiment que les retombées concrètes de ces efforts seront perceptibles dans dix à vingt années.

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