AG de la FDSEA
Lever les verrous pour redonner de l'air aux exploitations
Mardi à Rouillon, l'AG de la FDSEA a rassemblé près de 200 adhérents autour d'une ambition : redonner de la visibilité aux agriculteurs sarthois. Au lendemain des élections locales et cantonales, la soirée a été aussi marquée par l'hommage à Denis Pineau, qui quitte la présidence après neuf ans d'engagement.
Pour cette édition 2026, la FDSEA avait une ambition forte : donner des perspectives d'avenir, malgré un climat social et économique particulièrement lourd et instable. Pour ce faire, le syndicat a réuni autour de la table les grands acteurs économiques du département afin d'imaginer et de tracer des trajectoires de croissance. Après avoir bouclé les aspects statutaires et la présentation du rapport d'activités 2025, cette assemblée a aussi été marquée par une étape-clé pour la vie du syndicat : la validation officielle des élections et des nouveaux administrateurs.
Créer, protéger, partager
Animée par Anabelle Chartrain, la table ronde a réuni Bruno Mousset, directeur général du Pôle Amont chez LDC, Jean-Luc Duval, vice-président chez Agrial et Franck Laborde, membre du Bureau de la FNSEA et président de l'AGPM. Ce plateau d'intervenants a permis de confronter les visions pour un objectif commun : redonner de l'air et de l'ambition aux exploitations sarthoises. Le constat de départ a été sans équivoque : pour que la valeur revienne durablement dans les cours de ferme, il faut d'abord se donner les moyens de la créer collectivement.
Jean-Luc Duval a défendu avec force la nécessité d'outils économiques puissants, à l'image du projet de fusion Agrial-Terrena. Pour lui, "c'est un levier indispensable pour peser face à une grande distribution hyper-concentrée et pour conquérir des marchés à l'export". De son côté, Bruno Mousset a réaffirmé l'engagement du groupe LDC pour la souveraineté alimentaire. En augmentant ses investissements, le leader de la volaille mise sur la modernisation des outils pour sécuriser l'origine France. "Nous investissons 350 millions d'euros pour donner cette perspective aux éleveurs, car sans eux, nos outils ne sont rien". Mais cette ambition nécessite un socle de producteurs solides et motivés, capables de relever le défi du renouvellement des générations.
Franck Laborde a rappelé que le syndicalisme se bat pour lever les obstacles qui pèsent sur nos fermes : gestion de l'eau, accès aux solutions phytos et simplification administrative. Pour lui, le constat est simple : "On ne peut pas demander aux agriculteurs d'être compétitifs avec des boulets aux pieds". Il a ainsi réaffirmé que la FNSEA porte avec force auprès du gouvernement la nécessité d'une loi d'urgence, indispensable pour lever enfin les obstacles majeurs qui freinent nos activités agricoles.
Au-delà des enjeux techniques et financiers, les intervenants ont mis en lumière une réalité porteuse d'avenir : l'interdépendance. Comme l'a souligné Anabelle Chartrain en conclusion des débats, "personne ne gagne seul, l'industriel a besoin de la matière première, et le producteur a besoin de débouchés solides et rémunérateurs pour investir".
80 ans au service des paysans et toujours des résultats concrets
Huit décennies de luttes, de conquêtes sociales et de structuration du monde agricole sarthois : cette longévité, rappelée avec émotion par Denis Pineau, témoigne d'une capacité constante de la FDSEA à s'adapter sans jamais renoncer à l'essentiel : le revenu et la dignité des agriculteurs. Si le combat est loin d'être achevé, les résultats de l'année 2025 prouvent qu'une mobilisation constante permet d'arracher des victoires majeures et concrètes. Sur tous les fronts -fiscal, social et réglementaire-, l'essai est peu à peu transformé, comme l'illustre par exemple la déduction fiscale de 15 000 € pour neutraliser la hausse de valeur des cheptels, la fin de la séparation vente/conseil pour les produits phytos, le calcul des retraites sur les 25 meilleures années, la suppression de la taxe GNR (désormais déduite directement au pied de la facture) ou encore le dégrèvement de 30 % de la TFNB sur les prairies.
En conclusion de l'AG, le préfet de la Sarthe a salué le sens des responsabilités de la FDSEA : "Votre syndicalisme construit et propose. L'État reste à vos côtés pour une agriculture sarthoise forte et résiliente". Ce message régalien apporte une lueur d'espoir de voir, enfin, les verrous administratifs se lever pour redonner la priorité à l'acte de produire.