Canicule
Moissons : le bon sens a primé
Alors que l'ouest de la France a traversé cette semaine un épisode caniculaire d'une intensité jamais égalée, la récolte des céréales s'est organisée sous haute vigilance, et plutôt "à la fraiche", certains sites de collecte étant même restés fermés l'après-midi. Globalement, chez tous les opérateurs comme chez les agriculteurs, le bon sens a primé.
Les records de chaleur qui sont tombés cette semaine sur la Sarthe (41,8 °C à l'ombre relevés ce mercredi 24 juin 2026 à la station météo Le Mans-Arnage, un record absolu tous mois confondus, et jusqu'à 42,4°C à Sablé) ont été peu propices aux travaux de récoltes (moisson et autres chantiers de paille et de fenaison). Et globalement, on a peu vu les machines s'activer dans les champs en pleine chaleur. Et pour cause, les différents acteurs de la filière*, à l'échelle régionale, s'étaient accordés vendredi dernier pour mettre en place une "charte de bonnes pratiques" pour la récolte 2026. Non contraignante, celle-ci préconisait d'éviter le battage et la collecte entre 15 h et 20 h afin de préserver la santé des salariés, de ménager des mécaniques soumises à rude épreuve et de garantir la qualité des grains. La charte préconise également une suspension nocturne de 3 h à 7 h du matin, si les prévisions météo restent favorables les jours suivants et que le risque incendie est maîtrisé.
Pragmatisme et responsabilité sur le terrain
Sur le terrain, les professionnels appliquent massivement ces préconisations. "C'est le bon sens qui a présidé cette semaine, explique Mathieu Ghislain, délégué régional des EDT Pays de la Loire. La grande majorité de nos adhérents n'a pas travaillé les après-midi. Les machines souffrent trop". Le risque de voir l'outil de travail et la récolte partir en fumée impose une prudence partagée. En Sarthe, les points de collecte se sont tous adaptés à la situation, tant pour tenter de prévenir le risque incendie qu'en matière de ressources humaines pour le personnel qui travaille dans les silos. Chez Agrial par exemple, les silos sont restés fermés "de 14h à 19h" indique Mickaël Leduc, directeur de région. "On a encouragé les agriculteurs à battre plutôt le matin". Ailleurs, les silos ne sont pas forcément restés fermés comme chez Férard ou Agrinégoce. "On a essayé d'adapter au mieux en fonction des sites et de notre personnel" témoigne Pierre-Alexis Héquet pour Agrinégoce. "De toutes façons, les clients respectent et très peu ont battu en pleine chaleur, donc on n'a pas vu beaucoup de monde les après-midi" confirme son homologue chez Férard Vincent Bernard. Pour le négoce privé de Bernay-Neuvy-en-Champagne, 90 % de la collecte d'orge était déjà rentrée en milieu de semaine, "on en est au début sur colza et sur blé, mais à ce rythme là, la moisson va être pliée au 14 juillet" prédit-il.
L'administration aux aguets mais pas d'interdiction
Malgré la vigilance canicule de niveau rouge, côté "météo des forêts", la Sarthe est restée en jaune une partie de la semaine et a basculé en vigilance orange (élevée) ce jeudi en matière de risque de feux de forêt et de végétation (voir carte ci-dessous), à l'instar des départements voisins de Mayenne et de Maine-et-Loire, qui y étaient déjà. Les Préfets du 49 et du 53 ont d'ailleurs fini par prendre en milieu de semaine des arrêtés d'interdiction des travaux de récolte et de pressage les après-midi. Cela n'a pas été le cas en Sarthe. Malgré tout, le préfet, dans un arrêté du 22 juin, a néanmoins précisé les trois conditions cumulatives pour réaliser ce type de chantiers, pendant cet épisode caniculaire, et ce jusqu'à ce vendredi 26 juin, à savoir : disposer sur place d'un outil de déchaumage, d'une tonne à eau d'au moins 1 000 litres ou d'un extincteur, et d'un téléphone portable afin de pouvoir alerter immédiatement les secours. "L'objectif est vraiment de préserver les services du SDIS" indique le directeur de la DDT 72, Marc Séverac, confirmant au passage que quelques départs d'incendies avaient eu lieu cette semaine dans le département.