Aller au contenu principal

Boeuf fermier du Maine
"Nous avons besoin des éleveurs !"

À l'occasion des quarante ans de l'association Boeuf fermier du Maine (BFM), son président et éleveur Mickaël Croiseau fait un point sur la filière et ses perspectives.

Quelle est votre plus grande fierté après treize années à la tête du Label ?

D'avoir hissé l'élevage à sa juste valeur. Même si, aujourd'hui, l'écart s'est resserré avec le conventionnel, le label a permis de faire évoluer les prix à la hausse. Les éleveurs qui sont restés en Label restent privilégiés car la filière est une garantie à long terme, une sorte de prime à la fidélité. On a su aussi "garder le manche" par rapport aux abatteurs. Le label rouge est un outil de maîtrise pour les éleveurs.

La qualité a malgré tout un prix, de plus en plus élevé pour les consommateurs. Comment continuer à les convaincre d'acheter du label ?

En continuant à insister sur notre façon de produire. Nous avons trois reconnaissances : le label rouge (depuis 1986), l'IGP (depuis 1996) et Bleu-Blanc-Coeur (depuis 2001). Notre autonomie alimentaire fait notre qualité. Cela est même visible dans le goût mais aussi dans l'assiette puisque de récents tests ont démontré que lors de la cuisson, il y avait 10 % moins de pertes en eau que dans une viande conventionnelle. Et nous tirons aussi notre épingle du jeu dans le steak haché, de plus en plus prisé. Nos animaux sont entièrement valorisés. Il est dommage que les abatteurs aient tardé à rémunérer les éleveurs.

Quelle est votre plus grande inquiétude actuellement ?

L'installation des jeunes dans la filière. Si les prix baissent, il faudra que le Label apporte davantage de plus-value. Pour qu'il perdure, il ne faudra pas quinze ou vingt centimes mais vingt-cinq en plus. Le problème, c'est le nombre de bêtes. Donc, il n'y a plus de prix.

En 2017, vous parliez d'une croissance de 16 % ? Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

Nous sommes dans une décroissance de 9 %. Nous ne parvenons plus à fournir entièrement nos débouchés. Nous avons fait une mauvaise rentrée en septembre dernier avec une perte d'animaux labellisés alors que nous en avions gagné 4 % l'année précédente (2 631). Nous avons donc besoin des éleveurs ! On doit peut-être aussi être plus souples dans les critères de notre cahier des charges, tout en continuant à nous démarquer. Nous sommes actuellement 215, et nous en avons perdu 20 cette année. Il faudrait que les banques accompagnent un peu plus les jeunes d'autant que les prix vont se maintenir à cause du manque d'animaux. La valeur d'un cheptel, c'est la plus belle des garanties.

L'espoir, c'est la Loi Egalim ?

Oui. À prix quasi équivalent avec le conventionnel, les restaurations collectives et d'entreprise préfèrent encore la qualité. Les départements de l'Indre-et-Loire, de la Mayenne et de la Sarthe jouent le jeu.

Avec des cotisations en baisse, comment faire perdurer la structure ?

Nous sommes une petite structure, familiale. Donc avec une faible main d'œuvre. Nous sommes passés de 3,5 salariés à mes débuts à 1,7. Lionel Cabaret est à 100 % et s'occupe de toute la partie élevage avec les qualifications. Deux autres personnes à 35 % sont à l'animation et au secrétariat. Nous avons diminué ainsi nos charges aux éleveurs, abatteurs et aux bouchers pour être un label le moins cher possible.

Vous ne comptez pas votre énergie pour le label. Comment cela se traduit-il en termes de temps passé ?

Je ne compte pas car je le fais par passion. J'étais encore récemment à Paris, dans un nouveau point de vente, un Carrefour Express, pour une animation. On y propose notamment des rillettes de boeuf à la graisse de volaille. Il faut savoir évoluer pour attirer une nouvelle clientèle : bolognaise, chili con carne, pâté... Le but est de faire parler de nous car ces produits ne nous font pas gagner d'argent mais sont une fenêtre d'ouverture vers notre viande.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Agri72

Les plus lus

Smahya Trocherie remporte le concours Graines d'Agriculteurs

La remise des prix du concours Graines d'Agriculteurs 2026 a eu lieu mardi 22 septembre. Smahya Trocherie, agricultrice à Mont…

La journée régionale ovine a rassemblé une centaine de professionnels et d'éleveurs, mardi 22 septembre.
Des clés de réussite pour la filière
Une journée régionale ovine s'est tenue, mardi, dans le sud Sarthe, réunissant une centaine d'acteurs de la filière. Un événement…
Anthony Daubert, président de l'OP Les 3 Rivières.
Savencia met fin à la relation commerciale avec l'OP Les 3 Rivières

Mardi 6 octobre, Savencia informait par courrier l'OP Les 3 Rivières de la fin de leur relation commerciale. 330…

Patrick Bertin est le gérant de l'EURL JLAgricole, concessionnaire GEA, créée en juillet 2026.
JLAgricole, référent
GEA en Sarthe
JLAgricole, nouveau concessionnaire GEA sur la Sarthe, est installé depuis juillet dans ses locaux de Ballon-Saint-Mars. Son…
John et Stacy Liteau ont implanté un couvert pâturable à base de colza fourrager, pour sécuriser leurs stocks sur leur élevage en race montbéliarde.
" Saisir toutes les opportunités "

À Roëzé-sur-Sarthe, John et Stacy Liteau multiplient les stratégies basées sur la réactivité et l'opportunisme pour constituer…

Mardi 13 octobre, le préfet de la Sarthe, venu à la rencontre des agriculteurs, s'est vu remettre symboliquement les clés de la ferme Sarthe.
« Qu'ils viennent gérer nos fermes à notre place ! »
Mardi 13 octobre au soir, JA et FDSEA mobilisaient leurs réseaux devant la Préfecture du Mans. Venus en véhicules, gyrophares…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 133€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Agri72
Consulter l'édition du journal Réussir Agri72 au format numérique
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois