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Mobilisation
Produits importés : les JA 72 et la FDSEA exigent des contrôles

Vendredi 16 janvier, après les mobilisations et contrôles routiers, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA ont rencontré le préfet.

À la suite des mobilisations et des contrôles routiers organisés durant la semaine du 12 janvier, les Jeunes Agriculteurs de la Sarthe et la FDSEA ont rencontré le Préfet, accompagné de Jérôme Vaulay, représentant la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), et Florence Rouyez, représentant la DDPP (Direction départementale de la protection des populations).

Dans la continuité des actions de terrain

Cette rencontre s'inscrit dans la continuité des actions menées sur le terrain afin de dénoncer l'importation massive de produits agricoles d'origine étrangère ne respectant pas les normes imposées aux agriculteurs français. Lors des barrages filtrants, plusieurs produits d'origine étrangère, à la traçabilité jugée douteuse, ont été repérés et prélevés par les agriculteurs.

Ces produits ont ensuite été remis aux services de l'État afin de signaler ces situations et d'alerter sur la nécessité de contrôles approfondis, notamment concernant la présence éventuelle de résidus de produits phytosanitaires interdits en France et en Europe. L'objectif est clair : mettre en lumière les distorsions de concurrence auxquelles sont confrontés les agriculteurs français et démontrer les incohérences entre les exigences imposées à notre agriculture et les produits importés, notamment dans le cadre d'accords commerciaux comme le Mercosur.

DGCCRF et DDPP : missions de contrôle et règles d'étiquetage

Le Préfet a rappelé les missions respectives de la DGCCRF et de la DDPP lors des contrôles réalisés en grandes surfaces et chez les distributeurs. La DGCCRF veille au respect des règles de concurrence et de protection des consommateurs et lutte contre les fraudes. La DDPP, quant à elle, contrôle la qualité et la sécurité de l'alimentation afin d'assurer la protection du consommateur. Elle vérifie notamment le respect des règles d'hygiène, de traçabilité et d'étiquetage. En cas de non-conformité (rupture de la chaîne du froid, traçabilité douteuse, étiquetage trompeur...), des produits peuvent être retirés du marché et des sanctions financières peuvent être appliquées. Il rappelle également que les consommateurs peuvent saisir ces deux services de l'État via la plateforme : https://signal.conso.gouv.fr/fr

La DDPP a tenu à préciser qu'en matière d'étiquetage, pour un produit brut tel qu'un steak de bœuf en barquette, l'indication de l'origine et la traçabilité de la viande sont obligatoires. En revanche, pour un produit transformé, une mention générique telle que " UE " peut suffire. À ce titre, les JA de Saint-Calais ont récemment mis en évidence une situation trompeuse au Carrefour Market de Saint-Calais, où un morceau d'agneau étiqueté " né et élevé en Irlande " arborait le logo Viandes de France : une incohérence qui interroge.

Selon la préfecture, les produits rapportés par les agriculteurs ne pourront pas être analysés, les prélèvements devant être réalisés par une personne assermentée, selon un protocole strict en trois exemplaires. Néanmoins, les services de l'État ont bien pris note des produits signalés.

Un arrêté de sauvegarde pour cinq substances interdites

Les représentants de l'État ont également évoqué l'arrêté du 7 janvier 2026, pris à l'initiative d'Annie Genevard et de Serge Papin, qui prévoit la suspension de l'introduction, de l'importation et de la mise sur le marché de denrées alimentaires contenant des résidus de cinq substances actives interdites. Cet arrêté constitue une clause de sauvegarde, prévue par le droit alimentaire européen. Cinq substances sont ciblées : un herbicide (glufosinate), et quatre fongicides (mancozèbe, thiophanate méthyl, carbendazime et bénomyl). 

Lors des barrages, JA 72 et la FDSEA ont notamment identifié du raisin en provenance du Brésil ainsi que des citrons " bio " originaires du Brésil. Ces fruits figurent parmi les denrées pouvant être concernées par l'arrêté (s'ils contiennent les substances interdites) et pourraient donc faire l'objet de contrôles. En cas de détection d'une molécule prohibée, les fruits seront détruits.

Florence Rouyez a rappelé que " les distributeurs et fabricants sont tenus de s'assurer que les végétaux qu'ils importent ne contiennent pas de résidus de substances interdites. L'État les enjoint donc à réaliser des autocontrôles et à sélectionner rigoureusement leurs fournisseurs ".

Enfin, l'arrêté prévoit également des contrôles renforcés concernant le respect des limites maximales de résidus de pesticides dans les autres denrées alimentaires.

Les organisations syndicales restent pleinement mobilisées et espèrent que cette rencontre débouchera rapidement sur des contrôles effectifs et des sanctions, afin de faire respecter des règles équitables pour l'agriculture française.

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