Rentrée scolaire
Rentrée sans portable à Sablé, les 60 ans de la Germinière...
2026-27 s'annonce sous de bons auspices dans les établissements agricoles, notamment à l'occasion des 60 ans de la Germinière. Au Lycée Val de Sarthe, la rentrée a sonné sans le bruit des portables mais la motivation des troupes est intacte.
C'est une nouveauté qui fera peut-être grincer quelques canines. Promulguée le 24 août, une nouvelle loi interdit l'usage du téléphone portable au lycée dès cette année. Selon Emmanuel Macron, "une école sans téléphone, c'est retrouver la sérénité de l'apprentissage. " Benoît Arondel, directeur du Campus Val de Sarthe est sur la même longueur d'onde que le Président français même s'il regrette ce vote tardif : "C'est une annonce certes précipitée mais que je trouve sensée. Les portables seront donc déposés dans des racks à l'entrée le matin. Les externes pourront le récupérer sur le temps du midi et les pensionnaires en fin de journée. Une étude a révélé que les 15-19 ans consacraient cinq heures par jour à l'utilisation de leur téléphone." Les réseaux sociaux, générateurs parfois de cyberharcèlement, sont bien sûr dans le viseur de cette loi mais, selon le chef d'établissement de Sablé, c'est l'attention des élèves qui devrait en sortir gagnante : "Les téléphones ont probablement quelque peu amoindri la ''posture'' de travail des nouvelles générations. Cette mesure va dans le sens que nous essayons de porter : sensibiliser au goût de l'effort pour creuser son sillon vers la réussite professionnelle." 361 élèves, un chiffre quasi identique à la rentrée 2025, ont franchi les portes du lycée mardi. Des effectifs stabilisés dans toutes les filières sauf dans les services à la personne, en hausse. "Cela répond à la demande croissante des besoins de personnes isolées, notamment dans le milieu rural." Le lycée est présent également dans le milieu agricole en s'impliquant dans les événements. Ainsi, les étudiants ont organisé avec brio le Comice Agricole de Sablé le 24 mai, une première historique dans l'établissement qui a attiré plus de 2 000 personnes.
De son côté, le lycée de La Germinière à Rouillon attendra le 4 janvier pour appliquer le mode avion sur les téléphones. "Le Ministère nous laisse une marge de manoeuvre. Nous allons reconstruire le règlement intérieur en concertation avec les équipes de direction et les élèves", souligne Vincent De Piépape le nouveau directeur-adjoint arrivé en provenance du Lycée agricole de Brette-les-Pins. La Germinière a fêté sa 60e rentrée. Depuis 1966, l'établissement forme des générations d'élèves, avec exigence et succès. La preuve encore avec les résultats du bac 2026 : taux de réussite de 100 % au Bac général et Bac technologique STAV ou encore 96 % au Bac professionnel CGEA et BTS ACSE. 386 élèves sont inscrits, avec des classes de seconde de Bac Pro agricole "remplies à bloc". Parmi eux aussi, la première promotion du nouveau Bachelor système robotique et numérique (lire aussi page 5).
"Les élèves sont prêts à affronter les défis climatiques"
Des festivités sont prévues tout au long de l'année pour célébrer le 60e anniversaire, notamment un film. "Cette année aussi, l'exploitation va monter en gamme avec de la rénovation, un nouveau robot, un repousse-fourrage, etc... poursuit Laurent Cuquel, directeur de l'AgroCampus depuis deux ans. 2026-27 sera aussi placé sous le signe de la communication avec les élèves. L'été agricole a été catastrophique et on a besoin de savoir comment les élèves ressentent ce climat. Ils auront des récoltes inégales, leurs animaux seront davantage touchés par la chaleur ou les maladies. Il faut les préparer car cela sera leur quotidien. Mais on va y arriver. Je suis surpris par la maturité des élèves. Ils sont prêts à affronter ces défis."
800 élèves en MFR
Du côté des MFR, Bruno Mainguy attaque sa 38e rentrée au sein du réseau et sa cinquième en tant que directeur de la fédération départementale. "Nous avons 1 % d'effectifs en plus. L'agricole se maintient, tout comme le service à la personne alors que l'aménagement paysager se développe. Le métier est de plus en plus attractif. Néanmoins, les vocations agricoles pour s'installer se maintiennent. Je trouve une motivation forte, même si les structures grossissent et qu'il y a de plus en plus de salariés spécialisés." Si le nombre d'apprentis diminue, les formations par alternance augmentent. L'été fut rude pour l'agriculture et il s'agit aussi de préparer les nouvelles générations à l'adaptation au changement climatique : "Les jeunes grandissent avec cette nouvelle donne, au contact de leurs parents ou de leurs maîtres de stage. Mais on les accompagne forcément pour appréhender cette évolution vers les extrêmes. L'anticipation entrepreneuriale est un enjeu fort de l'agriculture de demain." 800 élèves investiront les MFR sarthoises cette année, dont quelques-uns dans le nouveau CAPA Travaux Forestiers, proposé désormais également en alternance à La Ferté-Bernard. À noter qu'en juillet 2027, le Congrès national des MFR se déroulera dans notre région, à Angers. Bonne rentrée aux agriculteurs de demain !