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Sillé-le-Guillaume,
capitale du turf ce samedi

Ce samedi 8 août, l'hippodrome de la forêt à Sillé-le-Guillaume s'éveille pour son unique réunion annuelle. Niché dans un splendide écrin de verdure, cet événement rassemble passionnés, éleveurs et curieux autour de sept courses hippiques. Une belle fête populaire au parfum de tradition rurale.

L'histoire de cet hippodrome, inauguré en 1894, est intimement liée au développement agricole de l'Ouest. À l'origine, la création de ce champ de courses ne s'adressait pas aux parieurs professionnels, mais venait s'adosser aux comices agricoles cantonaux. Ces premières épreuves servaient d'outils de sélection zootechnique. Le but ? Évaluer l'endurance, la vitesse et la robustesse des chevaux de trait et des demi-sangs, indispensables tant pour les travaux des champs que pour la « Remonte militaire », la cavalerie de l'armée.

Implanté au cœur de la forêt domaniale de Sillé, cet hippodrome à la piste enherbée a conservé son charme pittoresque, tranchant radicalement avec le béton des grands champs de courses urbains. Bérangère Rossignol, vice-présidente de la société de courses, raconte d'ailleurs que ce site atypique « accueillait également un étang dit ''aux sangsues'' dans lequel étaient élevés ces fameux petits animaux à visées médicales et expérimentales ! ».

Un entretien colossal porté par des bénévoles

Aujourd'hui, cet héritage perdure grâce à une équipe de passionnés. Nicolas Madamet, président de la société de courses, éleveur et ancien entraîneur basé à Montsûrs (53), veille scrupuleusement sur ce site de 11 ha. Fait assez rare dans le monde des petits hippodromes ruraux, l'association est propriétaire de 7 ha, la commune possédant les 4 restants. « Nous sommes une quinzaine à assurer l'entretien à l'année, et nous montons à 70 bénévoles le jour de la course », souligne le président. La piste est tondue tous les dix jours au printemps sans compter les travaux minutieux de rebouchage des trous pour qu'elle soit impeccable le jour J. L'effort est colossal pour préparer cette unique journée d'août qui coûte tout de même la bagatelle de 40 000 € (sécurité, vétérinaire, pesée, sonorisation, ambulance...) à ses organisateurs.

La sécheresse a donné des sueurs froides

Cet été, la sécheresse persistante a particulièrement inquiété les organisateurs, une piste trop dure pouvant s'avérer dangereuse pour les chevaux. Un orage providentiel de 80 mm est bien tombé le 14 juillet, mais depuis pas de pluies significatives. Et cette année l'équipe a reçu l'interdiction formelle par les autorités d'arroser la piste, alors que l'eau court pourtant en son milieu et qu'il n'y a qu'à traverser la route pour tomber sur le lac de Sillé... De quoi faire enrager les organisateurs. Heureusement, ce mercredi 5 août, le soulagement fut de mise, la piste ayant malgré tout été jugée « courable ». Pas d'annulation donc, au dernier moment, ce qui n'est d'ailleurs « jamais arrivé » dans l'histoire, et aurait été vécu comme une véritable catastrophe.

Le grand rendez-vous de ce samedi attire toujours les éleveurs du Grand Ouest. Sur la piste de 1 200 mètres, avec sa montée dans le "petit bois", 80 partants s'affronteront dans 7 courses : 3 de trot attelé, 2 de galop plat et 2 de haies pour terminer. Côté public, 2 500 spectateurs sont espérés, ainsi que 600 convives autour du traditionnel cochon grillé du midi. Si l'enjeu sportif est réel avec une moyenne de 20 000 € distribués par course (répartis du 1er au 5e), l'économie du milieu reste rude. « Sur les paris, 70 % retournent aux parieurs, 17 % partent dans les caisses de l'État. Il ne reste donc que 13 % pour faire vivre la profession, éleveurs et entraîneurs », rappelle le président. Conscient de la valeur patrimoniale de ce site pour les habitants, Nicolas Madamet invite d'ailleurs chaleureusement tous les Sarthois, passionnés comme parieurs en herbe, à venir tenter leur chance ce samedi pour soutenir la filière !

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