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Technimaine ADAF : « une
visibilité inédite »

Technimaine ADAF, l'incontournable installateur d'équipements d'élevage, a célébré sa fusion de juillet 2023 lors d'une soirée avec ses partenaires le 20 novembre. Et son gérant, Antoine des Roseaux, imagine un beau et long mariage, au vu d'un contexte très porteur.

Antoine des Roseaux, gérant de Technimaine Adaf.

Où en est votre « mariage » avec ADAF deux ans et demi après votre fusion ?

Entre 2023 et fin 2025, le contexte économique de la filière avicole s'est considérablement redynamisé. Dans le domaine de l'oeuf, on n'a pas connu pareille conjoncture depuis plusieurs années. Dans le porc, le marché est plus fluctuant. Après de belles années, les projets sont à la baisse à cause du prix. 

Quelle fut la principale raison de cette fusion en juillet 2023 ?

Les dirigeants ADAF étaient en train d'élaborer une stratégie pour quitter le monde de l'élevage et s'orienter vers des activités de sous-traitance dans le photovoltaïque, notamment. Historiquement, comme Technimaine, ADAF était pourtant très implanté dans l'élevage et en particulier à la Cafel. De notre côté, nous avions besoin de nous renforcer. L'idée a donc germé de reprendre les salariés d'ADAF qui le souhaitaient. J'ai été accompagné dans ce projet par Loué car le groupe avait intérêt que notre activité perdure. En cinq mois, l'affaire a pu être conclue et a répondu à l'attente accrue de la filière. Et assez rapidement, LDC Amont est venu conforter ce nouveau modèle en participant à cette fusion. 

Comment se traduit cette participation dans l'actionnariat ?

Mes associés partenaires sont aujourd'hui la coopérative agricole des Fermiers de Loué et LDC Amont à un peu moins de 50 %. Le reste de l'actionnariat est détenu par moi, également à un peu moins de 50%, un petit actionnaire faisant la balance. Il s'agit d'un accord équilibré avec moi, comme pilote, avec mes onze ans d'expérience chez Technimaine. Et c'est tout bénéfice pour la filière car nous travaillons avec Sanders, Agrial, Michel et toutes les organisations porcines. Nous rayonnons dans une zone allant de l'Ouest de la Bretagne jusqu'à la Seine-Maritime, l'Est de Paris et plus au sud, dans l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher. Avec un axe fort 35-53-72.  

Combien avez-vous repris de salariés d'ADAF ?

On a racheté un fonds de commerce, donc un carnet de commandes, du matériel, du stock et repris 27 salariés. J'en avais 17 chez Technimaine. Et depuis deux ans, des personnes nouvelles ont renforcé notre structure, environ un tiers. Aujourd'hui, l'entreprise compte 61 salariés sur les deux sites à La Milesse et Romagné (35), répartis équitablement.    

Quel est votre chiffre d'affaires ?

Depuis la fusion, cela est allé crescendo. Fin 2025, on va atteindre les 10 millions d'euros, ce qui était notre objectif. Le marché est extrêmement porteur, ce qui donne une visibilité inédite. 300 nouveaux bâtiments sont prévus. Michel en a annoncé une centaine. Huttepain, Norea vont également en faire quelques-uns. Loué en prévoit une dizaine. Depuis cet été, la consommation de viande de volaille a dépassé celle du cochon. On a également redécouvert que la protéine oeuf n'était pas chère à produire et plutôt bonne pour la santé. L'oeuf est aussi un produit de transformation extraordinaire. On a ce luxe de ne faire aucune publicité, les porteurs de projets viennent à nous car nous sommes les seuls installateurs. ADAF avait également un très grand savoir-faire en porcs et nous espérons que les cours repartent à la hausse. Nous avons donc acquis une belle complémentarité géographique et technique. Nous avons bien fait d'opérer cette fusion faite il y a deux ans car nous sommes aujourd'hui prêts à absorber cette croissance.

Y compris au niveau du recrutement ?

C'est notre seul point de tension aujourd'hui. Il manque du personnel qualifié pour travailler dans notre domaine. Les électriciens, surtout, mais aussi plombiers, techniciens de maintenance demeurent des denrées rares dans l'élevage. Il n'y a pas d'école pour ça. C'est un métier de passion. Il nous manque neuf personnes pour attaquer un marché qui s'annonce fort l'année prochaine, même si l'intérim vient en renfort. Car nous atteindrons sans difficulté les 12 millions de CA en 2026.   

Quels sont les autres axes de développement ?

Toujours améliorer nos savoir-faire : service, maintenance mais aussi la vente de matériel. Et maintenant que la maison commune est montée, on veut aussi davantage se montrer sur les réseaux sociaux pour développer notre image de marque. Nous commençons également à nous diversifier dans d'autres filières d'élevage comme le veau. On a déjà fait des projets de rénovation. Enfin, nous sommes en train de créer un bureau d'études pour progresser en capacité technique, électrique, etc. 

Quelles sont les tendances en équipements ou aménagements d'élevage ? 

Sur la partie oeuf, ce sont les filières alternatives comme les volières. On accompagne également le développement de l'automatisation du travail par les emballeuses, les robots palettiseurs... En termes de ventilation, tout dépend de l'activité. En Loué, on reste sur des bâtiments assez simples, même s'ils suivent la tendance générale à des boîtiers de plus en plus automatisés. L'IA va apporter son lot de synthèse de données. Mais globalement, les éleveurs ne souhaitent pas trop investir dans la ventilation. On reste sur des bâtiments transversaux, Colorado. En revanche, en poules pondeuses, les ventilations sont statiques mais on voit arriver des ventilations à « pression zéro », dynamiques, permettant de maintenir la même pression dans le bâtiment, que les trappes soient ouvertes ou non. En volailles de chair, on croit beaucoup au retour des systèmes d'économie d'énergie, aux échangeurs de chaleur. Ce sont des outils intéressants même sur des ventilations dynamiques. Mais cela a un coût et ce marché est étroitement lié aux aides. En porcs, travailler avec Schauer nous permet d'aborder de nouveaux clients en ce qui concerne la transition en soupe sèche et liquide. En innovation, nous sommes des suiveurs de mode. Mais on est influenceur dans le sens où si un fabricant a une idée lumineuse, il passera forcément par nous pour la réaliser...    

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