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Grandes cultures
Trois experts nationaux en Sarthe

La FDSEA organisait mercredi une soirée d'échanges dédiée aux grandes cultures, réunissant de nombreux agriculteurs et trois experts nationaux venus partager leurs analyses sur les moyens de production, les débouchés et les défis économiques et politiques.  

Cédric Benoist, secrétaire général adjoint de la l'AGPB, Benjamin Lammert, président de la FOP et Sébastien Méry, secrétaire général de l'AGPM, ont proposé des interventions de haut niveau et alimenté des débats constructifs. Cette réunion a été riche en enseignements pour préparer l'avenir des grandes cultures et a confirmé la nécessité de mettre en place des outils de gestion solides pour gérer la volatilité des marchés et les caprices de la météo.

Les moyens de production sous pression

Cédric Benoîst, représentant de l'AGPB, a mis en lumière les impacts des réglementations sur les produits phytosanitaires. Alors que certaines avancées positives ont été obtenues, comme le maintien du glyphosate et du prosulfocarbe, d'autres substances, à l'instar du flufénacet, restent menacées. "L'équilibre entre les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement est crucial pour assurer une production viable et durable", a-t-il souligné. La FDSEA et ses partenaires nationaux continuent de se mobiliser pour défendre les outils indispensables aux agriculteurs.

Les cultures oléagineuses face aux enjeux de durabilité

Benjamin Lammert, de la FOP, a présenté les défis auxquels font face les producteurs de colza et de tournesol. Entre aléas climatiques, pressions parasitaires et exigences environnementales, ces cultures stratégiques sont sous tension. Cependant, l'innovation est au rendez-vous : des progrès majeurs sont réalisés grâce à la génétique et aux nouvelles techniques, comme la confusion sexuelle pour lutter contre les ravageurs. "La recherche est la clé pour répondre aux enjeux économiques et environnementaux", a-t-il rappelé, insistant sur l'importance de soutenir les outils de sélection variétale et de communiquer positivement sur ces solutions.

Maïs et irrigation : une adaptation au changement climatique

Sébastien Méry, représentant de l'AGPM, s'est penché sur la culture du maïs, un pivot de la souveraineté alimentaire. Face aux conséquences du réchauffement climatique, l'adaptation est une nécessité. Il a mis en avant l'importance de l'irrigation et les efforts entrepris pour une meilleure gestion de l'eau. "Le maïs est une culture aux multiples débouchés -alimentation animale, bioénergie, industrie, amidonnerie- qui doit continuer à être valorisée", a-t-il affirmé.

Concurrence internationale et souveraineté européenne

Au-delà des enjeux de production, la soirée a permis d'échanger sur les impacts des importations et des normes de production. Les participants ont dénoncé la concurrence déloyale des produits importés, souvent moins réglementés. Les accords commerciaux, comme ceux avec le Mercosur ou l'Ukraine, continuent d'alimenter les inquiétudes. Les intervenants ont appelé à des mesures concrètes pour garantir une concurrence équitable et à une affirmation de l'Europe comme puissance agricole.

"Il n'est pas admissible que l'on soit contraints, comme on l'est, sur nos moyens de production et qu'en parallèle nous importions par exemple, du maïs brésilien qui utilise plus de 67% de molécules interdites en France" s'insurge Sébastien Mery.

"Il ne faut pas s'opposer aux échanges mondiaux car ils permettent aussi de valoriser nos productions à l'étranger mais, pour garantir notre compétitivité, il est impératif que des clauses de réciprocité soient imposées" indique pour sa part Cédric Benoîst.

"Aujourd'hui nous ne sommes pas souverains sur toutes nos filières de production et pourtant nous en avons les moyens. La France et l'Europe doivent se réveiller, s'affirmer et abandonner l'idée qu'il est plus facile d'arrêter de produire et d'importer",  a conclu Benjamin Lammert 

Une mobilisation essentielle pour l'avenir

Cette réunion a confirmé la détermination de la profession agricole à relever les défis et à saisir les opportunités pour les grandes cultures de demain, main dans la main, avec l'élevage. La soirée s'est conclue par un appel à l'engagement des agriculteurs. "Les enjeux sont nombreux, mais nous devons rester unis et actifs, notamment en participant aux élections de la Chambre d'agriculture", a insisté Anabelle Chartrain, vice-présidente de la FDSEA. Rendez-vous est déjà pris pour l'assemblée générale de la FDSEA le 16 janvier prochain, où la thématique de la compétitivité de l'agriculture française continuera d'être au cœur des discussions.

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