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Innovation
Un scalpeur contre le rumex

Le CIVAM AD 72 a organisé une démonstration de désherbage mécanique, atypique dans notre région, chez Aurélien Bigarret, agriculteur à Montreuil-le-Henri : le déchaumeur-extirpateur Kvick Finn, un outil finlandais, détruit les adventices sans les enfouir.

Depuis 2020, Aurélien Bigarret est éleveur de porcs (700 porcs, jusqu'à présent avec Agrial) et de poules pondeuses de Loué* (6000 poules, contrat tripartite avec l'UFAB et la Cafel) en bio. Il compte 77 ha avec de la luzerne en tête de rotation (il travaille avec Le Pis qui chante pour la fauche), du colza, du blé ou maïs, triticale pois. "J'ai acheté un pulvé pour les oligo-éléments pour donner plus de vigueur aux plantes." C'est essentiellement pour la culture du maïs qu'il pratique le désherbage mécanique. Le rumex s'exprime dans des zones avec sol compacté, surtout dans le colza entre juillet et août. "On a essayé d'équiper un Actisol en scalpeurs mais cela ne bouleverse pas la structure du sol. Quant aux pattes d'oies, elles ne sont pas assez larges et trop inclinées. Les rumex se faufilent entre les dents. Il faut passer plusieurs fois." Rendez-vous a été donné sur un coin de champ de triticale, pois et trèfle battu en juillet. "Je vais tout remettre à plat et semer un couvert de seigle/féverole/phacélie le 15 octobre pour le futur maïs".

" Le pied du rumex n'est pas coupé et bouturé comme avec une fraise "

Une bande semée plus tardivement, et sur laquelle du rumex a été volontairement laissé libre de s'exprimer, a été réservée pour la démonstration de Jean-Frédéric Martin (fondateur de AgroSoil, distributeur de matériel, et exploitant) venu d'Alsace pour présenter un outil en démo, le scalpeur à dents avec rotor extirpateur de la marque finlandaise Kvick-Finn. "Le rotor jette en l'air la masse scalpée auparavant. La terre et les pierres (notamment des silex très présents à Montreuil-le-Henri) retombent d'abord et derrière, matières organiques et vivaces sont déposées au sol et sèchent rapidement. Le pied du rumex n'est pas coupé et bouturé comme avec les outils à disques ou des fraises lesquels amplifient finalement le problème." Jean-Frédéric Martin préconise de faire un passage après la moisson et un autre avant le semis. Le réglage est ajusté pour une profondeur de 10 à 12 cm. "On consomme peu de carburant car la puissance se concentre sur la partie outil de sol. Le rotor travaille sur une masse qui a déjà été coupée." 

Kvick Finn, un extirpateur à 29 000 €

Il faut compter 29 000 € pour un appareil d'une largeur de trois mètres. 411 machines ont été vendues depuis sa commercialisation en France. "C'est largement au-dessus des espérances. Récemment, nous avons beaucoup de demandes dans le Cotentin et les Landes pour des problèmes de souchet. Nous sommes aussi présents en Eure-et-Loire et en Bretagne mais en Pays-de-Loire, on nous questionne plus doucement. Les conseillers, ici, promeuvent plutôt les fraises."  

Sur une bande avec moins de végétation, un deuxième outil plus classique, l'ActiCut du constructeur allemand 4Disc, sert aux agriculteurs en non-labour qui veulent gérer les repousses de ray-grass, d'adventices avant le semis. "Vulpins, ray-grass redémarrent après un glyphosate. L'Acticut est un outil de scalpage ultra-plat et à haute vitesse, ici à 10km/h. Cela permet d'avoir un débit de chantier important avec peu de puissance." Les disques sont chacun entraînés en rotation par des moteurs hydrauliques qui évoluent à 15 tours/minute pour éviter le bourrage. 

L'ActiCut, idéal contre les pyrales

En revanche, la machine n'a pas de capacité d'extirpation comme le rotor. "La profondeur de travail peut aller jusqu'à douze centimètres, comme lorsqu'on travaille avec de la luzerne. On a beaucoup de demandes dans les régions qui ont des problèmes de pyrales et chrysomèles dans les maïs. On ajoute alors un rouleau hacheur à l'avant du tracteur. La machine coupe juste en-dessous du pied pour que les deux ravageurs ne puissent pas passer l'hiver dans le sol. Les oeufs sont détruits en même temps." Le prix est de 26 000 € pour un trois mètres. Un peu à l'écart, deux agriculteurs présents calculent ce qu'il leur coûterait pour un achat groupé à cinq ou six personnes... 

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