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Une ferme
ouverte sur le monde

A l'occasion de leur premier anniversaire au sein du label "Bienvenue à la Ferme", Ombeline Duval et Romain Pavisse ont reçu leur panonceau. Découverte de leur Chèvrerie bio à Cherreau. 

Quel est votre système de production ?

Nous sommes en monotraite sur huit postes pendant une heure. La chèvre s'y prête bien et la perte de production par rapport à un système double-traite n'est que de 15%. C'est aussi du temps libéré pour les marchés et la fromagerie. Nous comptons 48 chèvres avec, en ce moment, une trentaine de chevrettes nées fin février, début et fin mars. Nous avons un bouc alpin et deux boucs poitevins. 

Pour quelle raison avez-vous choisi deux races ?

Pour avoir les avantages des deux races. L'Alpine est très riche en taux, gras, protéines et son lait est abondant, jusqu'à cinq litres par jour. La Poitevine, c'est la rusticité, jusqu'à deux fois moins de lait. Les taux gras et protéiques ne sont pas élevés. En revanche, elle est riche en caséine, la partie blanche et fromageable la plus intéressante. De plus, elle se nourrit de peu. Nul besoin de chercher des fourrages ultra-fins. Elle n'est jamais malade, les mises-bas se font toutes seules. A terme, on s'orientera vers la Poitevine car nous souhaitons faire pâturer sans traitement anti-parasitaire. 

Avez-vous été touchés par la FCO ?

Cette année, oui. Au moment où nous avons introduit les boucs, au tout début de la gestation. Nous avons subi 10 à 15 % de pertes sur les chevreaux. Ceux-ci étaient pourtant bien conformés, tétaient, avant de lâcher, avec notamment des paralysies de l'arrière-train et des problèmes neurologiques. Nos deux boeufs étaient aussi positifs. A la phase aiguë de la maladie, nos chèvres se tarissaient du jour au lendemain. En huit jours, elles se rétablissaient en lait.  

Comment se déroule le pâturage ?

Sur une quinzaine de parcelles, chacune faisant un hectare. Ce qui nous permet de faire tourner fréquemment et ainsi se protéger du parasitisme. Nous avons également une vingtaine d'autres hectares consacrés aux cultures : luzerne et méteil. Nous sommes autonomes en aliments. Sauf l'année dernière à cause de l'humidité. Les chèvres ont donc eu une ration à base de maïs grain. Pour la première fois, on a dû acheter de l'aliment : 4 tonnes. Cela nous a agacés... Notamment parce que cela a donné un goût plus stéréotypé à nos fromages. 

Avez-vous fait votre place sur les marchés ?

Oui. La partie commercialisation est la plus difficile. Nous sommes sur trois marchés à Bellême (Orne), Margon (Eure-et-Loir) et la Ferté-Bernard le samedi. Nous proposons cinq formats de petits chèvres différents et nous faisons aussi de la tomme, qui mobilise beaucoup de lait, dix à douze litres pour un kilo. Depuis l'an passé, nous vendons des yaourts et cela marche très bien. Et quelques rillettes.

Quel fut votre votre parcours ?

Nous avons fait des études d'écologie et d'agronomie à Caen puis nous avons travaillé dans le Parc Naturel du Perche. Avant d'enseigner la SVT pendant quatre ans. Puis nous sommes devenus chevriers en janvier 2023 après deux ans de formation aux quatre coins de la France. Nous avons choisi La Huppetière, après deux ans de recherche pour trouver une ferme. Ce n'était pas une chèvrerie comme espéré, alors nous avons décidé de convertir les bâtiments de vaches. Notre chance, c'était qu'il y avait peu de bêtes. Les terres étaient aussi déjà en bio, c'était celles de Valéry Bourlier (agriculteur décédé en 2018) qui faisait des glaces au lait de vache. Après deux ans, nous sommes satisfaits par les revenus dégagés et heureux d'avoir intégré "Bienvenue à la Ferme" qui nous permet d'ouvrir la ferme sur le monde, écoliers comme retraités qui veulent en savoir plus sur un élevage de chèvres.

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