Formation
"Une passerelle pour s'engager dans un parcours de formation"
L'AgroCampus de la Germinière propose pour la deuxième année un parcours de pré-qualification agriculture/paysage du 18 mai au 9 juillet. Présentation avec Xavier Veillet, directeur du CFPPA.
Quel est l'objectif de cette formation ?
C'est une première étape dans l'idée de former et recruter de futurs salariés en agriculture et paysage en s'appuyant sur le travail en amont de l'Anefa pour mieux faire connaître nos métiers. L'objectif est d'adapter les parcours de ces candidats en fonction des besoins de secteurs en quête de main d'oeuvre.
Alors que l'immobilier est en crise, que les TP et le bâtiment stagnent, le secteur du paysage maintient une dynamique d'embauche positive grâce à une croissance de 4,5 % au second semestre 2025 (source: Unep, Union nationale des entreprises du paysage). C'est aussi le cas en Sarthe ?
Oui, le secteur recrute. L'aménagement extérieur des maisons est devenu important pour les particuliers depuis le Covid. Les collectivités recherchent aussi des compétences avec le verdissement des villes. On le voit concrètement au Mans avec tout le réaménagement de la ville. Le secteur du paysage répond à des enjeux majeurs sur l'adaptation au climat tout comme celui de l'agriculture avec la souveraineté alimentaire et la préservation des ressources. Ces emplois ont du sens, qui répondent aussi aux envies de personnes qui veulent travailler en extérieur et dans la nature.
Quel est le public ciblé ?
Des personnes sans ou avec peu de qualifications, très souvent demandeurs d'emploi et non issues des secteurs agricoles et du paysage. C'est une passerelle pour devenir agent d'élevage, chauffeur de tracteur, agent d'entretien d'espaces verts, salarié en maraîchage, en arboriculture... Pendant un peu moins de deux mois, les inscrits à cette pré-qualification pourront découvrir ce panel de métiers au travers de visites et de nombreuses réalisations de travaux pratiques. A la Germinière, nous avons la chance de pouvoir travailler sur les animaux et le matériel avec les débroussailleuses ou tondeuses.
Comment se présente l'emploi du temps ?
Les huit à dix élèves passeront 180 heures au centre d'apprentissage et quinze jours en entreprise. En cours, il y aura une partie de remise à niveau en connaissances de base comme la communication, les maths et l'informatique. L'idée est qu'ils s'engagent dans un parcours de formation : un CAP jardinier-paysagiste ou une formation agricole en collaboration avec Agri Emploi 72 comme le POEC (Préparation opérationnelle à l'emploi collective), le CQP (Certificat de qualification professionnel) ou le parcours ouvrier arboriculteur qui est en place dans le Sud Sarthe.
Quelles sont les autres orientations possibles ?
Il est tout à fait envisageable de s'engager ensuite, après d'autres étapes intermédiaires, dans un BPREA pour devenir son propre patron. Mais l'idée première est de former des salariés, et salariées - car le métier se féminise - pour des emplois de mieux en mieux rémunérés. Pour cela, il faut s'engager dans cette pré-qualification, que l'on ait 18 ans, en décrochage scolaire, ou la cinquantaine, en fin de carrière, et que l'on souhaite se réorienter.