Aller au contenu principal

60 ans de récolte
pour la Cuma d'Amné

La Cuma d'Amné-en-Champagne fédère depuis 60 ans des éleveurs sur un secteur à l'Ouest du Mans. Ses administrateurs organisent une journée festive le 30 mai pour célébrer l'histoire du collectif.

La Cuma d'Amné-en-Champagné a traversé 60 ans d'histoire agricole sarthoise. "Je me souviens de l'achat de la première ensileuse 1 rang, une Agram, en 1970, quand j'avais une dizaine d'années", raconte Jean-Yves Delhommois, éleveur laitier retraité depuis 2020 et président de la Cuma de 2002 à 2018. Née quelques années plus tôt, en 1966, cette Cuma de récolte a été créée au moment de l'arrivée du maïs et de la mécanisation. "Le maïs a amené la productivité, avec des fourrages de qualité, associé au soja. Les fermes se sont spécialisées", se souvient-il de concert avec Pascal Huger, éleveur -presque retraité- au Gaec de la Chantelière, à Brains-sur-Gée, président de 2018 à 2021, et qui reste vice-président. 

Ensilage de maïs...et d'herbe

La Cuma s'équipe vite autour de la culture du maïs : semoir à 4 rangs, broyeur -la céréale américaine est aussi une aubaine pour les éleveurs de porcs comme Ylix Legeay, premier président de la Cuma à l'impressionnante longévité : 36 ans ! Dans les années 1980, les ensileuses tractées sont remplacées par des automotrices et, en parallèle, la récolte d'herbe se développe pour s'imposer dans les années 2000. "L'herbe a permis de diversifier la ration en réduisant les coûts liés à l'achat de soja, puis de répondre à l'enjeu de ne plus laisser nues les terres en hiver : autant valoriser ces cultures dans l'alimentation", analyse la " génération sortante " de cumistes. La Cuma se réorganise ainsi sur l'activité herbe en achetant du matériel de fenaison et acquiert son premier tracteur en 1997.

Binôme de transition

La Cuma d'Amné a grandi au fil du temps, l'organisation reposant largement sur les épaules de ses présidents. "Je portais sans doute trop", reconnait Jean-Yves Delhommois, qui s'occupait aussi de la facturation avec sa belle-fille Claire. La Cuma finit par doubler son chiffre d'affaires, soit 200 000 € aujourd'hui, à l'image d'une " petite entreprise. " Lorsque Pascal Huger prend la main en 2018, il en est vite convaincu : il faut constituer une équipe de jeunes pour prendre la relève. "Cette même année, nous avons fait nos états généraux pour que les adhérents s'expriment. L'activité a encore été élargie avec l'achat d'un semoir de semis simplifié, une autochargeuse ou encore un groupe de fauche." C'est Florian Briffault, associé du Gaec 357 à Longnes, qui s'engage pour former un binôme de transition avec Pascal, en 2021. L'éleveur installé en 2010 s'est laissé convaincre, attaché à la dimension humaine de sa Cuma. "Travailler en Cuma, c'est un sport collectif !"

Un camion-atelier pour le salarié

Portée par un noyau d'une vingtaine d'adhérents aujourd'hui, la Cuma d'Amné continue sa transition. En 2020, un groupement d'employeurs a été créé embauchant un salarié dont le temps est réparti à 50 % sur la Cuma - qui propose quelques activités clé en main, comme l'ensilage et le pressage -, 50 % chez les adhérents. Fidèle à son fonctionnement historique, la Cuma n'a pas de hangar dédié mais chaque responsable de matériel stocke les outils sur sa ferme et en assure le suivi. "Le fait d'aller chercher le matériel chez son voisin, de le décrocher pour l'adhérent suivant... c'est important pour garder le lien entre agriculteurs", estime Florian Briffault. Le collectif a par ailleurs investi dans un camion-atelier pour faciliter le travail d'entretien : Valentin, le salarié, réalise ainsi la maintenance hivernale du matériel en se déplaçant de ferme en ferme.

Pour continuer à mobiliser la jeune génération, la Cuma d'Amné mise plus que jamais sur la convivialité. Outre l'AG annuelle suivie d'un repas, et du barbecue estival lancé (et gardé) pendant la crise du Covid, l'équipe organise des temps forts à l'image de la journée tracteur force prévue le 30 mai (voir encadré) pour célébrer les 60 ans du collectif.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Agri72

Les plus lus

Devant la nouvelle entrée célébrant les 60 ans de la Germinière, quatre élèves en Terminale Agro-équipement montrent leur détermination au moment d'attaquer cette rentrée.
Rentrée sans portable à Sablé, les 60 ans de la Germinière...
2026-27 s'annonce sous de bons auspices dans les établissements agricoles, notamment à l'occasion des 60 ans de la Germinière. Au…
Hervé Lapie, secrétaire général, et Arnaud Rousseau, président.
La FNSEA veut " éviter le suraccident " 
La FNSEA a organisé sa conférence de rentrée le 2 septembre à Paris. Ses dirigeants ont rappelé l'urgence d'agir pour éviter d…
Visite du verger irrigué de M. Timmerman et son système en goutte-à-goutte.
Le Conseil départemental sensibilisé au stockage de l'eau
Mercredi 25 août, les élus du Conseil départemental ont répondu présents à l'invitation de la Chambre d'agriculture, pour faire…
À gauche, le cadet des trois enfants, Julien (20 ans, actuellement salarié), a l'intention de s'installer un jour. À droite, Eugénie, l'apprentie actuelle.
Les Foucault, lait et huile de coude
À Vallon/Gée, Pascale et Samuel Foucault mènent avec sérénité leur exploitation laitière depuis plus de vingt ans: anticipation,…
Les pertes de maïs sont estimées entre 50 et 80 % par la DDT, des dernières années, même entre 80 et 100 % pour le maïs semence.
Cellule de crise : recueillir les doléances et coordonner les soutiens
Lundi, le préfet de la Sarthe a réuni une cellule sécheresse départementale afin de dresser un inventaire de la situation…
Baptiste Geoffray est gérant des Vergers de la Portière avec Patrick et Romain Tessier.
"Des calibres pénalisés mais des fruits sucrés"
Aux Vergers de La Portière à Chenu (70 ha), Baptiste Geoffray voit sa récolte 2026 de pommes contrariée par la canicule. Mais le…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 133€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Agri72
Consulter l'édition du journal Réussir Agri72 au format numérique
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois