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Composer avec les sautes d'humeur de la météo

La météo très pluvieuse de la fin d'année dernière et la vague de froid de cette semaine ont bousculé le calendrier des cultures. Témoignage de Didier Lelasseux, céréalier à Conlie.

Des corbeaux freux affamés arrachent des brins de blé pas encore enracinés pour en extirper le grain. " C'est le problème avec les semis tardifs..." Nous sommes sur la dernière parcelle de semis effectuée fin décembre par Didier Lelasseux vers le hameau de Ribaron. L'agriculteur de Conlie avait même prévu d'ensemencer les derniers 16,30 hectares début janvier. Mais de guerre lasse, il a abandonné ce plan à cause des 49 millimètres tombés rien que pour la journée du 2 janvier puis du gel qui s'est abattu sur la Sarthe cette semaine. Il en fera de l'avoine en mars. Comme en 2020, la fin d'année 2019 ayant été semblable à celle de 2023 en pluviométrie. " Cela avait donné une bonne production, 51 quintaux. J'avais satisfait un éleveur avec la paille, se souvient-il. L'avoine est aussi une tête s'assolement, on peut faire du blé derrière. Et en 2024, l'avoine se vend plus cher que le blé". L'orge d'hiver qui n'aura pas été semée sera transformée en orge de printemps. Comme bon nombre de ses confrères, son calendrier cultural a été perturbé pour l'instant. Didier n'a attaqué son premier semis de blé que les 1er et 2 décembre. Puis il a fallu attendre les 19- 20 décembre et les 27-28 pour la dernière parcelle à raison de 350 grains/m2. "Mais je n'ai pas cochonné (forcé) car à peine une parcelle était faite que la pluie venait interrompre les chantiers." Didier est adepte d'une variété tardive (il utilise Macaron en plus de SU Addiction) qui peut être semée en janvier. " Avec cette semence, le blé a besoin de moins de froid pour monter à l'épi." Les fortes pluies de novembre et décembre vont probablement impacter les rendements cette année mais le secteur argilo-calcaire de Conlie n'a pas subi d'ennoiement. "En deux mois, on a eu un tiers de ce qui tombe en une année... Généralement, je termine mes semis au pire au 15 décembre. Heureusement, nos terres ne sont pas hydromorphes. Et derrière la charrue, quand on laisse fleurir une demi-journée, cela s'égoutte bien. Et puis, on a quand même eu de la chance d'avoir des conditions douces. Cela a a permis d'avoir une bonne germination. A part le dernier semis, cela a plutôt bien levé. Mais le printemps pourrait nous réserver des surprises. Tant que la plante est en dormance, les feuilles restent vertes. Visuellement, cela paraît beau. Mais à la reprise de végétation, si la racine est pourrie, le blé pourrait ne pas pousser et plutôt couler."  A 61 ans, Didier Lelasseux -à la tête d'une SAU de 107 ha dont 11 ha de prairies, 4,80 ha de jachère quasiment permanente et éleveur d'une vingtaine de bovins Charolais- en a vu des "vertes et des pas mûres" côté météo mais depuis quelques années, il remarque une répétition d'épisodes très versatiles : " De l'eau est maintenant annoncée tous les jours de la semaine prochaine. Cela après une semaine de gel, ce qui est plutôt normal pour un mois de janvier. Je préfère d'ailleurs avoir du gel maintenant qu'en mars ou avril... ", souligne Didier devant une parcelle de colza de 17,70 ha. " Le colza évolue bien. On a même été obligé de le réguler à cause de la douceur de l'automne." Un coup d'œil sur l'orge, plantée fin novembre : "Elle n'est pas en avance. Elle devrait être déjà tallée. " Pour les cultures, 2024 ne semble pas être tracée comme un sillon.

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