Des arbres très demandés
cet automne
cet automne
Jérôme Pasquier, gérant de l'EARL Vert'scion Végétal, est devenu un pépiniériste reconnu à Mayet. Après l'été caniculaire, il observe une demande croissante pour les arbres cet automne.
Au milieu des serres et des végétaux dans la pépinière située à la sortie du bourg de Mayet, direction Ecommoy, Jérôme Pasquier, téléphone collé à l'oreille, est au four et au moulin, entre accueil des clients et réception de plantes. « Depuis quelques semaines, nous vendons beaucoup d'arbres, pour faire de l'ombre ; tout le monde a tellement souffert cet été ! », déclare le gérant de l'EARL Vert'scion Végétal. Cet automne, il s'y attendait : la demande explose en arbres et arbustes pour revégétaliser les jardins et les communes abîmées par les canicules.
De la casse dans les jardins
Jérôme Pasquier s'est installé il y a tout pile 4 ans, le 14 octobre 2022, sur cet espace de 5 000 m² agrémenté d'un étang de loisir, pour produire arbres, arbustes, rosiers ou encore plantes grimpantes. Depuis, la notoriété de la pépinière n'a fait que croître, par le bouche à oreille, lui permettant d'étendre sa clientèle de particuliers, collectivités et paysagistes locaux. Le pépiniériste travaille aussi avec un fichier mail -les coordonnées des clients sont, s'ils le souhaitent, enregistrées- qui inclut aujourd'hui 3 500 clients particuliers venus des communes alentours et du sud du Mans. Samedi 17 octobre, Jérôme Pasquier a organisé sa journée annuelle de portes ouvertes, qui a enregistré l'affluence record de 700 personnes. « On sait qu'avec la sécheresse, il y a eu de la casse dans les jardins. Les gens veulent replanter des espèces plus résistantes comme des sauges arbustives, des santolines ou des plantes méditerranéennes. »
Création d'un forage
En 4 ans, Jérôme Pasquier a monté sa production à 12 000 végétaux : arbres, arbustes, vivaces, rosiers, plantes grimpantes, plantes de terre de bruyère, graminées. Pour irriguer, il a obtenu l'autorisation de créer un forage auprès de la DDT, pour un petit volume de 2 000 m3 mais essentiel à la conduite de son entreprise. « La capacité de l'étang était juste et, avec la chaleur, des algues s'y développaient et venaient boucher les goutteurs du goutte-à-goutte », explique le pépiniériste qui attend l'entreprise qui viendra creuser l'ouvrage. C'est grâce à ce système de goutte-à-goutte que le professionnel a réussi à sauver sa production lors des canicules de cet été : un arrosage localisé en très petite quantité et plusieurs fois par jour, pour que la motte reste humide. « Nous avons eu 5 mois difficiles mais nous avons sauvé la production. Seuls quelques végétaux ont eu les feuilles brûlées, notamment des pittosporums et des plantes de terre de bruyère. » Pour ménager le pépiniériste et ses deux salariés à temps plein, la pépinière fermait les après-midi pendant les épisodes de fortes chaleurs.
Mûrier platane, albizia
Aujourd'hui, Jérôme Pasquier est un pépiniériste débordé mais satisfait, malgré des hausses de charges pénalisantes, comme celle touchant le prix du plastique, qui suit le cours du pétrole ; le terreau avait également pris 10% l'année dernière, suite aux mauvaises conditions météo affectant la production des tourbières. Pour accompagner la demande croissante d'arbres, le pépiniériste vient d'acquérir une surface supplémentaire de 1 000 m². Des 400 variétés d'arbres et arbustes produites aujourd'hui, les plus recherchées sont celles faisant de l'ombre, comme le mûrier platane (compter de 32 € à 350 € selon la taille), l'albizia (100 € environ) et le catalpa boule (70 €).