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Porc
Des pistes pour rendre nos élevages attractifs

Une journée régionale Innov'action a réuni à Maisoncelles des acteurs de la filière porcine sur l'élevage de Sébastien Mortier, le 1er octobre. L'occasion de revenir sur les leviers d'attractivité de nos élevages, pour de futurs salariés ou repreneurs.

Une journée Innov'action porcine s'est tenue jeudi 1er octobre sur l'exploitation de Sébastien Mortier, à Maisoncelles. L'événement, organisé par la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire en partenariat avec le Conseil régional, la coopérative Agrial et le multiplicateur Axiom, a réuni éleveurs et partenaires autour du fil rouge de l'attractivité de la filière. Sébastien Mortier, qui conduit un atelier de 220 truies et 6 600 porcs produits par an pour la filière Porcristal d'Agrial, avec commercialisation des femelles de reproduction avec Axiom, et un atelier de vente directe de 550 porcs par an, a fait visiter virtuellement son exploitation. Temps fort de la journée, une table ronde, animée par Anne-Laure Boulestreau-Boulay, responsable de l'équipe monogastriques à la Chambre d'agriculture, a questionné l'attractivité de nos élevages, enjeu clé pour motiver les salariés et futurs repreneurs.

Rencontrer les jeunes

L'enjeu de renouvellement des générations, garant du maintien d'un tissu agricole dynamique, est particulièrement important en élevage porcin. Les acteurs de la filière se mobilisent ainsi pour faire découvrir la production aux jeunes, mettre en avant ses atouts et contrer les préjugés associés. " Le renouvellement ne se fait plus de pères en fils, comme avant. On est obligé d'aller chercher des jeunes en dehors de l'agriculture, donc de changer de message. Nous avons un beau métier, varié et formateur, et on ne le dit pas assez ", a déclaré Jean-Luc Fourmond, directeur de la filière porcs chez Agrial. L'OP s'engage ainsi à prendre des apprentis, qu'ils soient d'origine agricole ou non, des jeunes qui souvent restent dans le métier et deviennent salariés d'élevage, salariés de l'OP, ou s'installent. L'idée est aussi d'aller rencontrer les apprenants " dès le plus jeune âge " dans des formations agricoles qui font la part belle aux bovins comme support d'étude. "Nous accueillons des classes de bac pro, les jeunes en ressortent avec des idées beaucoup plus neuves. Même dans les lycées agricoles, il y a beaucoup d'a priori sur le porc", constate Odile Saudrais, éleveuse en sud Mayenne et membre du Comité régional Porcin.

Le salariat, essentiel aux élevages

Les élevages qui se réinventent évoluent vers de plus en plus de salariat. Mélanie, salariée de la SAS Gigou, un élevage de 400 truies pour Agrial et Axiom en Indre-et-Loire, apprécie l'aspect technique de la production, ses tâches variées, le contact avec les partenaires de l'élevage. " Je ne connaissais rien au milieu agricole, je me suis formée ", témoigne-t-elle. Les salariés deviennent ainsi essentiels en atelier porc, comme pour celui de Jean-François Osmond, éleveur en Normandie, qui conduit son exploitation avec 4,5 salariés. " J'essaie de prendre un ou deux stagiaires par an. On trouve des pépites, des jeunes qui n'avaient aucune idée du porc, des préjugés sur l'odeur, et découvrent les atouts horaires du métier ; ils sont attirés par cette stabilité de travail, qu'on peut planifier. " Pour les fidéliser, Jean-François base la relation sur l'équité et la confiance : répartir les tâches ingrates - comme le lavage des bâtiments - entre tous, être souple sur les horaires, les impliquer au quotidien dans les décisions. " Les rendre acteurs dans des choix pour améliorer leur quotidien ou leur faire gagner du temps évite qu'ils soient juste exécutants. " Enfin, le nerf de la guerre reste le salaire, qui doit être décent, soit " 1 500 € net minimum ", selon Mélanie ; l'éleveur et employeur normand propose plutôt 1 800 €, en toute transparence, et prend en charge le carburant de ses salariés, un geste très apprécié.

Agrial soutient les jeunes

Anticiper pour bien transmettre en atelier porcin, c'est aussi rendre attractif son outil pour le futur repreneur. Pour le cédant, l'idée est de maintenir un atelier en bon état et en capacité d'être cédé. "Attention aussi à ne pas surestimer nos outils. C'est dur à entendre, mais la plus grande réussite est de transmettre, et pour ce faire il faut un prix qui n'entame pas sa pérennité", affirme Jean-Luc Fourmond. L'OP porcs d'Agrial s'est doté d'un service de démarche technico-économique pour accompagner l'installation et la transmission. Pour le jeune, l'important est de "bien définir son niveau d'achat et son coût de revient", pour un projet réaliste. Pour sécuriser les installations, outre les aides particulières destinées aux jeunes, l'OP porc d'Agrial propose des contrats "nouvel investisseur", garantissant 100 % au prix de revient - un prix défini par l'Ifip soit 1,65 €. "La contractualisation, qui rassure les banques, a toutefois été délaissée ces dernières années avec le niveau élevé du cours du porc, les jeunes préférant revenir au prix libre." L'OP suit de très près ses adhérents sur le plan technico-économique pendant leurs cinq premières années. Un accompagnement nécessaire dans un contexte aléatoire de prix et de charges, qui réserve un destin incertain à ceux sautant le pas : "20 % des jeunes installés en production porcine sont en difficultés au bout de 2 ans d'installation et font appel au réseau Réagir", observe Véronique Manche, chargée de mission relations humaines et organisation du travail à la Chambre régionale d'agriculture. La boîte à outils s'agrandit encore avec l'arrivée d'un nouveau type de contrat pour tous : un système proposé par la société Quideos, de type contrat à terme, qui consiste à garantir une part de sa production à un certain prix tout en payant une assurance. 

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