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Erwan prend
les rênes

Erwan de la Fouchardière, 38 ans, est le nouveau directeur de la Cafel. Après plus de dix ans passés chez Biodevas, à Savigné-l'Evêque, il veut ouvrir une nouvelle page de « la belle histoire de Loué. »

Avec son éolienne de Bollée qui le surplombe, ses « poires » annonçant la couleur, dont une version en métal ajouré, le QG de la Cafel paraît inchangé, et pourtant, une saine ébullition règne à l'intérieur. Cette mi-mai, la coopérative prépare en effet son AG prévue jeudi 23 mai au Centre des expositions du Mans. Et cette AG est prévue pour être celle « de la succession », comme il choisit de le dire, puisqu'Erwan de la Fouchardière prend officiellement la fonction de directeur à l'issue des festivités.

Dans le même bureau, même débit de parole, même air décontracté : la ressemblance est incontestable. Mais la comparaison s'arrête là. « Nous avons des valeurs communes mais nous sommes différents. J'ai été sollicité pour écrire la page d'après, pas pour le remplacer.  » A 38 ans, Erwan de la Fouchardiere s'est imposé comme le candidat idéal pour faire face aux enjeux de la coopérative. Installé dans les locaux de Coulans-sur-Gée depuis 18 mois, il a réalisé un sérieux tuilage avec son père Yves, jusqu'au départ du jeune retraité il y a 2 mois.

La fibre commerciale

Erwan de la Fouchardière grandit au Mans avec forcément « le Loué » en arrière plan. « Il le ramenait à la maison », se souvient le deuxième d'une fratrie de 5 enfants. De l'engagement paternel il garde « un socle moral. Mais cela ne fait pas connaître le produit  », tient-il à préciser. Il se dirige naturellement vers des études de commerce, passant par une grande école parisienne. « J'avais la fibre, mais l'enseignement était beaucoup trop conceptuel, j'avais besoin de plus de concret. Je voulais autre chose.  » A 20 ans, il quitte les études et s'associe pour monter une entreprise, dans le secteur de l'achat en communication, dont l'unique client est Biodevas. François Blua, le directeur de l'entreprise savignéenne qui produit des compléments alimentaires pour l'agriculture, l'embauche en 2012, avant qu'il ne devienne son bras droit six mois plus tard. En un peu plus de dix ans, Biodevas passe de 10 à 50 salariés. « Cette expérience m'a donné une vision à 360° de l'entreprise.  »

Des valeurs qui donnent du sens

C'est le conseil d'administration des Fermiers de Loué qui le sollicite pour « préparer le départ d'Yves »...avant que sa candidature devienne évidente. « Je n'en avais pas envie au départ. Quand on a un père avec une telle aura, on ne souhaite pas forcément se mettre dans son ombre. Ce sont les valeurs de la coopérative qui m'ont convaincu. Il y a d'abord une histoire à faire perdurer, la belle histoire de Loué. Et sur le plan humain, le sujet à du sens. Défendre ce modèle et les intérêts des producteurs, continuer à installer des gens sur des fermes familiales : cela vous fait vous lever le matin ! »

Et chez Loué comme ailleurs, ouvrir un nouveau chapitre ne se fera pas sans relever le défi du « changement de générations.  » « Les attentes des agriculteurs, des consommateurs et de nos collaborateurs ne sont plus les mêmes, nous devrons nous adapter », indique celui qui voit son rôle comme « un animateur, un organisateur, un fédérateur. » « Le directeur qui fait tout, qui sait tout, cela ne dure pas. C'est le collectif qui travail ». Pour se préparer à sa nouvelle mission, Erwan de la Fouchardiere a passé son temps de tuilage à « écouter, apprendre, comprendre » auprès des nombreux « piliers de savoir » de la Cafel, «  un savoir intergénérationnel, ancré dans une culture. » Il est allé sur le terrain visiter les outils d'aval et d'amont, ramasser les volailles, a rencontré beaucoup de clients, passé du temps avec des d'éleveurs pour comprendre les enjeux des uns et des autres. « Et je continuerai à le faire. »

Développer la production d'œufs 

Pour l'avenir, le directeur de la Cafel se montre positif et déterminé pour les 1 100 éleveurs de Loué. Avec des plannings qui repartent à la hausse en volaille de chair et un marché de l'œuf très porteur, la coopérative a de quoi rester confiante. Et si le consommateur mange « moins de viande mais consomme mieux », il le voit comme «  une opportunité, car chez Loué, nous avons tous les arguments du Mieux, il faut en prendre conscience. » Restent les enjeux à plus long terme, comme le carbone et l'énergie. Si l'autoconsommation d'électricité « n'est pas un sujet chez Loué », il se tient vigilant sur le sujet des panneaux solaires sur parcours: « le jour où il y aura un tarif garanti sur ce type d'installation, ce sera une bonne opportunité ; ce n'est pas le cas aujourd'hui.  »

Sur le plan de fermeture annoncé de 200 bâtiments (lire Agri72 du 17 novembre 2023) lancé pour mieux répondre à la conjoncture volaille de chair, environ «  80 arrêts volontaires » ont déjà été actés. « C'est notre responsabilité collective de nous adapter. Il y aura d'autres crises », estime-t-il. Pour la suite, la Cafel se lance d'ores et déjà dans un plan de développement pour la création de nouveaux bâtiments de poules pondeuses, encouragé par «  la consommation d'œufs qui progresse et l'arrêt programmé de la cage », recherchant ainsi 35 nouveaux producteurs.

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