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FDSEA
FCO : une situation alarmante

Face à la montée considérable des cas de FCO en Sarthe, la FDSEA a rencontré le préfet la semaine passée. Le Conseil d'administration, qui s'est tenu lundi, a également fait intervenir le GDS afin d'éclaircir certaines zones d'ombres.

Alors que la France a déjà été confrontée à la Fièvre catarrhale ovine (FCO), la situation en Sarthe se distingue par son ampleur et sa complexité. Depuis le début de l'année, les foyers se sont multipliés, marquant une propagation atypique, décalée par rapport aux autres régions, et cumulant plusieurs souches virales (FCO sérotypes 3 et 8, ainsi que MHE). 

Une crise sanitaire sans précédent

La particularité sarthoise réside dans l'impact combiné de plusieurs épidémies qui, ensemble, ont engendré des conséquences lourdes : veaux malformés ou mort-nés, vaches non gestantes, et une baisse sensible des vêlages observée dès mars. Cette situation est d'autant plus critique que, dans de nombreux cas, les symptômes étaient discrets, rendant la reconnaissance officielle des foyers difficile, faute de critères complets. À cela s'ajoute la campagne vaccinale, lancée trop tardivement au regard du cycle des élevages. Coincés entre la mise à l'herbe et la disponibilité tardive des doses, les éleveurs ont dû faire face à une pénurie de vaccins, doublée d'un coût important estimé à près de 30 € par bête. « On ne peut pas demander aux éleveurs de porter seuls le poids financier d'une crise nationale », s'insurge Laurent Ragot, président de la section bovine de la FDSEA.

Des conséquences multiples

Les répercussions sont lourdes à plusieurs niveaux : économique, avec des pertes financières importantes dues aux pertes de veaux, à la baisse de production et au coût de la vaccination. Les répercussions sont aussi morales avec de nombreux éleveurs qui témoignent d'une grande détresse psychologique face à une situation qu'ils n'ont pas les moyens de maîtriser. Et enfin des conséquences techniques : la gestion de la vaccination est parfois difficile, notamment dans les systèmes robotisés, et les impacts sur la Pac sont notables, en particulier pour les veaux de moins de 3 mois : « Moralement c'est très dur, mais économiquement, certains sont très touchés et l'avenir sera compliqué », a affirmé Didier Bouttier, secrétaire général adjoint de la FDSEA.

Le GDS présent au CA

Face au Conseil d'administration de la FDSEA lundi, Magali Moreau, directrice technique du GDS, a rappelé que la FCO est une maladie vectorielle transmise par des moucherons culicoïdes touchant les ovins, les bovins et les caprins, non transmissible à l'homme et qui comprend 36 sérotypes différents avec des souches virales qui peuvent être différentes également. « Aujourd'hui tous les élevages sarthois sont impactés, aussi bien les laitiers que les allaitants » a rappelé le GDS. Enfin, Magali Moreau a souligné l'importance de « se faire déclarer FCO-3 dès aujourd'hui afin de pouvoir être éligible demain à une indemnisation ».

Des demandes urgentes 

Afin de rendre compte de la situation alarmante des éleveurs sarthois, les élus des sections laitière et bovine de la FDSEA ainsi que Jeunes Agriculteurs ont rencontré la semaine dernière Emmanuel Aubry, préfet de la Sarthe. Patrice Riauté, président de la section laitière de la FDSEA, a notamment insisté sur « l'urgence d'agir dans la mesure où le cheptel français baisse d'années en années ». Assurément, les élus demandent à ce que les éleveurs aient les moyens de vacciner leurs animaux, que le département obtienne une prolongation d'indemnisation en raison de la spécificité de la situation. Sans oublier « les trésoreries qui doivent aussi être soutenues » a rappelé Alexis Vaugarny, responsable Viande bovine Jeunes agriculteurs, ainsi qu'une reconnaissance officielle de l'épizootie, qui permettrait notamment le remboursement de l'acte vaccinal.

Face à ces doléances, le préfet s'est engagé à faire remonter les éléments de l'enquête établie par la FDSEA au ministère de l'Agriculture et à la Draaf, tout en soulignant le caractère particulier de la Sarthe. La DDPP quant à elle, enverra d'ici la fin mai, des courriers individuels aux éleveurs déclarés foyer FCO pour clarifier leur statut. Les élevages qui n'auront pas reçu de courrier ne seront pas reconnus foyer FCO aux yeux de l'Administration. Cette reconnaissance de statut sera la première condition d'accès à de potentielles aides ou indemnisations futures. Des révisions de dossiers d'indemnisation sont également en cours, avec la DDT qui retravaille les cas des veaux mort-nés. Plus de 122 000 € ont déjà été versés aux vétérinaires et laboratoires. Enfin, la reconnaissance d'une épizootie et le remboursement de l'acte vaccinal sont à l'étude.

Si des réponses commencent à émerger, elles restent pour beaucoup insuffisantes ou trop tardives. L'heure est donc à l'action  afin d'accompagner les éleveurs sarthois dans l'urgence et anticiper les conséquences à moyen et long terme. Bien qu'au départ, les avis divergeaient sur la question de la vaccination, aujourd'hui tous les vétérinaires s'accordent sur le fait que le meilleur moyen de lutter contre le virus est de vacciner son cheptel. « La stratégie vaccinale reste à l'heure actuelle la meilleure façon de limiter la propagation du virus » a conclu Magali Moreau.

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