Emploi
Florence Simon se démène pour recruter un salarié
Organisé par Agri Emploi 72, "Terre d'avenir", le deuxième forum de l'emploi agricole s'est tenu vendredi dernier dans l'usine Claas du Mans. Un moment de partage sur les multiples facettes du métier. Eleveuse au Lude, Florence Simon essayait d'attirer un salarié.
"En quelques heures, trouver une solution pour candidats et partenaires afin d'ouvrir des perspectives sur un emploi dans toutes les productions que peut offrir l'agriculture sarthoise", dixit Xavier Deburre, responsable d'Agri Emploi 72. Et quoi de mieux que l'antre prestigieux de Claas pour organiser un job-dating agricole ? Une dizaine de partenaires de l'emploi en Sarthe (associations, centres de formation, Service insertion...) et une vingtaine de recruteurs (EDT, Service Espaces verts de la ville...) ont été réunis dans l'usine du Mans par Agri Emploi 72 vendredi 13 mars. Parmi ces recruteurs, Florence Simon, agricultrice au Lude avec son mari Laurent, invités sur le forum par le GED 72. Avec son annonce A4, un grand visuel présentant sa ferme et ses cartes de visite disposées sur sa table, l'éleveuse de Limousines et de poulets de Loué n'est pas passée inaperçue. Il faut dire que le Gaec Simon-Leverrier est en quête d'un salarié à temps partiel (3 jours/semaine) depuis un an, essentiellement pour la partie cultures. Et ses hôtes ont tout pour plaire : "On est dans le partage, l'écoute et un esprit familial. On cherche quelqu'un qui répond aux compétences du poste mais aussi une personne de confiance. On est prêts à offrir des avantages, comme un véhicule. Le Smic peut être évolutif, tout comme le contrat si le salarié est le bon." Une offre séduisante, d'autant qu'elle peut être complétée par un autre mi-temps. "Oui, il y a d'autres opportunités près de notre exploitation."
Quelqu'un de débrouillard et consciencieux
Le poste à saisir chez Florence et David Simon requiert de bonnes compétences en machinisme car les cultures s'étendent sur plus de 200 hectares et l'herbe sur 180. "Nous avons un parc matériel conséquent, moderne. Les tracteurs ont deux ans. C'est un coût de 200 000 €, la remorque trois essieux, c'est aussi 100 000 €. Alors, c'est sûr qu'il faut quelqu'un de débrouillard et consciencieux. Car on travaille près d'une grande route. On se dit que cela peut intéresser les jeunes qui aiment manier les engins, et l'électronique qui va avec. Mais on ne trouve pas pour l'instant dans le milieu agricole, tout comme d'ailleurs nos collègues dans le secteur. Nous sommes donc ouverts à d'autres profils, comme ce fut le cas quand un ancien pompier nous a aidés pendant trois mois." Florence gère les quatre bâtiments de Loué et les contraintes sanitaires des 130 Limousines alors que Laurent s'occupe de l'alimentation de ces dernières, et des cultures. L'exploitation est également dotée de l'irrigation. Trop pour quatre bras, même si le père de Laurent donne de précieux coups de main. "Oui mais à 74 ans, on ne veut plus abuser de ses services. On veut trouver absolument quelqu'un avant les semis de maïs. Si on ne trouve pas, on contactera le GED. La dernière solution serait un apprenti." Dans le passé, le Gaec avait employé deux jeunes mais le premier a fini par s'installer alors que le second a cherché à évoluer ailleurs.
Trois CV en un an
Le couple de jeunes quinquagénaires a utilisé plusieurs canaux pour recruter : sur les réseaux sociaux mais aussi l'Anefa et le GED 72. "Nous avons reçu trois CV en un an. Mais tous souhaitaient travailler dans plusieurs fermes. Or, nous cherchons de la stabilité pour nous projeter avec sérénité vers notre fin de carrière. Ce poste peut donc correspondre à un projet de reprise." D'autant qu'à l'aube de ses soixante ans, Florence (aujourd'hui âgé de 50 ans) envisage sérieusement une reconversion. "Je suis en réflexion. Je me suis épanouie dans mon métier d'agricultrice, nous sommes fiers d'avoir monté une belle ferme. Désormais, nous avons envie de former quelqu'un pour en assurer la pérennité."