Lait
L'excellence Holstein illustrée au Gaec Froger
Mardi 17 mars, le syndicat sarthois de la race Prim'holstein a tenu son AG devant une salle comble. Les éleveurs ont ensuite découvert l'élevage d'Irma et Romain Froger, à Montaillé, sous l'angle de la génétique et de l'alimentation.
Le syndicat sarthois de la race Prim'Holstein poursuit ses actions fédératrices en affichant une belle dynamique. Avec six nouveaux cotisants cette année et des sponsors élargis, l'association affiche un résultat d'exercice positif. Le 17 mars, son assemblée générale, qui s'est tenue au restaurant de Sainte-Cérotte puis sur l'exploitation d'Irma et Romain Froger, à Montaillé, a mobilisé plus de 70 éleveurs et partenaires. L'agenda de l'année écoulée a de nouveau été perturbé par les mesures contre les maladies vectorielles, avec l'annulation du concours régional de la Roche-sur-Yon et du National prévu à Alençon. Les concours à venir sont sous réserve sanitaire, notamment le Régional prévu à Chemillé (49) les 5-6 septembre.
5 taureaux pour le schéma Synetics
La ferme Holstein sarthoise affiche toujours de très bonnes performances techniques avec, selon Seenovia, une production moyenne de 8 900 l par lactation sur le département, contre 8 100 l au niveau régional. Au bilan génétique 2025 réalisé par Prim'Holstein France, nos Sarthois se placent très bien avec notamment une première place en TP 305 jours décroissant pour Florian Brault, du Gaec de la Haute Vente, à Saint-Léonard-des-Bois, avec 36,5 de TP pour 113 vaches laitières. Notre performance de sélection s'illustre également par une belle vague de cinq taureaux sarthois diffusés en 2025 pour le schéma de sélection Synetics de la coopérative Innoval, comme Vanity PP, né en copropriété du Gaec des Lys (Rahay) et du Gaec de Faye (Saint-Calais), un taureau sorti numéro 1 en index de conformation, homozygote sans cornes -toutes ses filles naîtront donc sans cornes, un critère recherché dans les élevages. Citons aussi Vauban P, hétérozygote sans cornes, né en copropriété du Gaec des Lilas (Luché-Pringé) et de l'EARL du Houssay (Noyen-sur-Sarthe), Vallauris RF, porteur du gène Rouge et né à la SCEA les Coteaux à Courdemanche, et deux pleins frères nés au Gaec de la Blandelière, à Verneil-le-Chétif.
120 places sous un bâtiment neuf
L'après-midi s'est poursuivi sous le signe de la technique sur l'exploitation d'Irma et Romain Froger, à Montaillé. Dans la boutique de la ferme, les éleveurs ont présenté leur Gaec, qui inclut deux associés et deux salariés, et se démarque par la création en 2016 d'un atelier de transformation du lait en glaces et vente directe, conduit par Irma. Sur la partie élevage, une réflexion a été menée pour remplacer l'outil vieillissant et devenu trop petit. Le Gaec a opté pour une rénovation complète sur les bases de l'ancien pour le bâtiment des vaches laitières, qui offre aujourd'hui une capacité de 120 places de logettes et deux robots de traite Lely. " Cette année, nous allons avoir vendu 1 million 350 000 l avec 110 vaches et une centaine à la traite, ce qui est conforme à nos prédictions ", résume Romain Froger qui vise à l'avenir les 110-115 vaches à la traite pour valoriser les robots.
Programme d'accouplement GMS
Pour son troupeau laitier, Romain Froger a recours depuis une dizaine d'années au programme d'accouplement GMS de la société Bovec. L'entreprise " pionnière de la race Holstein en France " était sous le nouveau bâtiment mardi pour détailler cette stratégie qui s'inscrit dans l'esprit des grands troupeaux américains. " Le but est d'aller chercher plus de lait demain avec des programmes sur-mesure adaptés aux objectifs des éleveurs, basés notamment sur la fiabilité des taureaux issus des populations US ", a présenté Estelle Gilliard, spécialiste génétique chez Bovec. Le programme GMS (Genetic Management System), du fournisseur ABS Global, agit particulièrement pour éviter la consanguinité, le cumul d'anomalies et les vêlages difficiles sur génisses.
Des vaches adaptées à la traite au robot
Les programmes GMS sont déclinés en cinq options selon les objectifs : Durabilité, Intensive, Grassland, Show type et Robot. Ainsi, le programme Durabilité sélectionne les vaches sur la fertilité, la longévité, la qualité de membres et les fonctionnels. L'Intensive tend vers une taille d'animal un peu supérieure avec plus d'angularité et de capacités corporelles. Le type Grassland cible des vaches plus petites et rustiques en système pâturant, tandis que Show type est le meilleur choix pour travailler des animaux de concours aux qualités morphologiques supérieures. Le Gaec Froger, lui, sélectionne des critères adaptés à la traite robotisée : taille moyenne faite pour le couchage en logettes, trayons idéalement placés et tempérament calme. " L'objectif est d'avoir un troupeau plus homogène en choisissant quelques taureaux qui nous correspondent plutôt qu'un taureau par vache ", explique Romain Froger qui a travaillé pendant 2 ans chez Bovec par le passé. Les visiteurs ont pu observer un groupe de 4 vaches du Gaec, très homogène, dont la production en première lactation se situe déjà entre 10 000 et 12 000 litres.
Sur le Gaec, un troisième atelier animé par Guillaume Huard, nutritionniste indépendant, détaillait l'alimentation du troupeau des Froger, clé de voûte de la performance de nos élevages. Le syndicat de la race Prim'holstein a ainsi clôturé cette journée dans la bonne humeur, avec de nouvelles perspectives à venir. À noter, une visite prévue à la ferme expérimentale des Trinottières le 18 juin, pour découvrir des essais sur le bien-être des veaux et la réduction de méthane.