Jeunes agriculteurs
Louis-Baptiste Pineau, lauréat du prix à l'installation
JA Sarthe a remis, jeudi 22 octobre, les prix à l'installation en agriculture lors d'une soirée organisée à la Chambre d'agriculture. Pour cette 20e édition, le 1er prix a été décerné à Louis-Baptiste Pineau, installé depuis janvier 2025 à Briosne-lès-Sables, où il élève des vaches limousines et des volailles.
Le prix à l'installation a pour objectif de valoriser les jeunes agriculteurs installés en 2025 avec la Dotation jeunes agriculteurs (DJA), portant des projets viables, vivables et durables.
Installer des jeunes : un enjeu pour la Sarthe
" S'installer aujourd'hui, c'est croire en l'avenir malgré les aléas climatiques, les incertitudes économiques et les évolutions réglementaires. C'est investir, prendre des risques, faire des choix parfois difficiles. Et c'est précisément pour cela que ces jeunes doivent pouvoir compter sur un accompagnement solide, des partenaires engagés et des décisions politiques à la hauteur " souligne Alexis Roptin, responsable installation JA 72.
Le programme de la DJA, mis en place en juin 2024 et valable jusqu'en 2027, a permis d'augmenter le montant moyen de la dotation, passé de 28 720 € en 2023 à 32 000 € en 2025. "Notre rôle, à Jeunes Agriculteurs, est de donner envie de franchir le pas, mais aussi de faire en sorte que cette envie puisse devenir un projet viable et vivable. Car installer un jeune, ce n'est pas simplement lui permettre de démarrer, c'est lui donner les moyens de durer", ajoute-t-il.
Même si le taux de renouvellement des générations en Sarthe reste supérieur à la moyenne nationale, il ne compense pas encore tous les départs à la retraite. D'où la nécessité de mobiliser tous les leviers possibles pour favoriser de nouvelles installations.
En 2023, cinq régions comptaient chacune plus de 1 000 installations et représentaient 63 % des installations agricoles en France métropolitaine. Parmi elles, la région Pays de la Loire (1 079) se place au 1ᵉʳ rang national avec une moyenne de 216 installations par département.
Le prix à l'installation fête ses 20 ans
Le prix fête cette année ses 20 ans : vingt éditions pour mettre à l'honneur celles et ceux qui ont choisi de devenir agriculteurs. "Nous ne récompensons pas seulement des dossiers : nous saluons des parcours, des convictions et cette envie d'entreprendre qui fait vivre nos campagnes ", souligne Alexis Roptin. Sept jeunes agriculteurs ont présenté leur candidature à ce prix. Le jury s'est réuni le 16 octobre pour départager les projets selon plusieurs critères : la cohérence du parcours, la réflexion avant installation, l'organisation du travail, la vivabilité du projet et la capacité à transmettre son expérience.
Pour cette 20e édition, les membres du jury constatent que les installations demeurent majoritairement classiques, souvent fondées sur la reprise d'exploitations existantes, à taille humaine. Elles sont toutefois portées, dans l'ensemble, par des jeunes ayant pris le temps d'acquérir de l'expérience avant de s'installer.
Louis-Baptiste, un jeune éleveur passionné
"Si j'ai repris la ferme familiale, c'est pour faire perdurer l'outil de mes parents, mais aussi pour faire évoluer le métier." À 30 ans, au départ en retraite de ses parents, Louis-Baptiste a repris la ferme familiale. Après une dizaine d'années de salariat en Cuma et sur diverses exploitations, il s'est installé en janvier 2025 sur la commune de Briosne-lès-Sables. "J'ai réalisé moi-même mon étude d'installation dans ses grandes lignes, puis j'ai demandé conseil à mon comptable et à la Chambre d'agriculture", explique-t-il. Pour lui, les clés de la réussite passent d'abord par la passion : "Rien n'est impossible quand on est passionné, tout se fait naturellement". Son objectif : posséder une exploitation rentable, mais aussi à taille humaine, avec des productions adaptées à son environnement.
Louis-Baptiste a repris la ferme de ses parents mais a choisi de la façonner à son image. Pour lui, il est primordial de produire en accord avec son environnement. "Il faut absolument que les productions soient adaptées au sol et au territoire dans lequel est implantée l'exploitation". C'est pourquoi il a fait le choix de remplacer l'atelier laitier par un atelier allaitant, mais il avoue que l'élevage de Limousines est aussi une passion inconditionnelle.
Le parcours à l'installation, une étape décisive
À la question de l'importance des formations CREA et du stage 21 h, Louis-Baptiste répond que la formation et l'accompagnement du parcours à l'installation sont essentiels pour devenir chef d'entreprise. "L'accompagnement aux démarches à l'installation, notamment celles liées au foncier, est nécessaire pour mener à bien son projet même lorsque l'on reprend la ferme de ses parents !".
Élus et partenaires aux côtés des jeunes
"Malgré la volatilité des marchés, l'agriculture en Sarthe reste forte et diversifiée", a rappelé le préfet. Un message d'espoir également porté par le nouveau président du Conseil départemental, Frédéric Beauchef : "L'Etat, la Région et le Département doivent aller au plus près de l'agriculture, regarder l'avenir et donner envie de s'installer en agriculture." Un constat repris par Antoine d'Amecourt, conseiller régional, Philippe Dutertre, président de la Chambre d'agriculture de la Sarthe, et François Boussard, vice-président du Département, en charge de l'agriculture, et également président de la Communauté de communes Sud Sarthe.