Transmission
Recenser les cédants pour mieux les accompagner
La Chambre d'agriculture a recensé les exploitants projetant de transmettre dans les années à venir sur 2 communautés de communes : Orée de Bercé-Belinois et Sud-Est Manceau.
Le renouvellement des générations est un enjeu toujours aussi crucial dans nos territoires. En Pays de la Loire, la vague de départs sera d'autant plus impactante en élevage de bovins, avec jusqu'à 40 % d'exploitants de plus de 55 ans en production laitière. La Chambre d'agriculture continue d'accompagner la transmission à travers l'animation de territoires pilotes et des opérations de repérage. La dernière étude, réalisée à l'automne 2025 avec le soutien du Conseil départemental, a recensé les exploitations à céder dans un futur proche sur 2 communautés de communes : Orée de Bercé-Belinois et Sud-Est Manceau. Une réunion de restitution à destination des élus et des agriculteurs s'est tenue jeudi 30 avril à la salle polyvalente d'Ecommoy.
Des exploitations de petite taille
L'enquête présentée par Manelle Ribault, conseillère installation transmission à la Chambre régionale, recense 71 exploitants de plus de 55 ans sur le territoire des 2 communautés de communes, dont 42 ont accepté de participer. Les ateliers de bovins sont prédominants dans les exploitations à céder, les bovins viande étant majoritaires surtout pour Orée de Bercé-Belinois. Les structures juridiques sont variées, avec des exploitations individuelles comme des sociétés. Les cédants prévoient majoritairement de céder dans un avenir proche, 21 d'entre eux planifiant leur départ sur la période 2024-2031. Atout pour le territoire, les exploitations à céder sont plutôt de petite taille, avec 84 ha en moyenne, ce qui est davantage recherché par les porteurs de projet, car plus simple à reprendre.
Transmission des sociétés
Un frein qui peut être rencontré en revanche, les projets des candidats paraissent en décalage avec les systèmes d'exploitation en place. " Les porteurs de projets passés au PAI sont plus enclins à reprendre des systèmes laitiers que des ateliers viande, car bien que la conjoncture de prix soit attractive, ces derniers restent plus difficiles à reprendre ", explique Manelle Ribault. À noter aussi assez peu de volonté des porteurs de projet de s'associer, encore moins avec un tiers. " Il y a une petite inquiétude sur la transmission des sociétés, même si ce type de reprise est plus facile. " Les cédants en société ont d'ailleurs tendance à davantage anticiper leur transmission. C'est le cas de Patrice Gandais, associé à un tiers à Laigné-en-Belin, qui assistait à la restitution. L'exploitant en volailles et cultures a commencé sa réflexion il y a trois ans, 5 ans avant son départ en retraite. " Nous cherchions à ce que cela se passe du bouche à oreille, que ce soit un stagiaire...puis je me suis inscrit au RDI ", raconte l'éleveur qui a aujourd'hui trouvé un candidat et attend de connaître de son centre de gestion la valeur de la part à reprendre pour le jeune. " J'ai eu trois associés dans ma carrière et cela s'est toujours très bien passé. Être associé apporte du confort, pour la trésorerie et pour le travail. "
Le Sud Sarthe, 3ème territoire pilote
Anticiper reste le maître mot pour bien transmettre. " On conseille d'y réfléchir dix ans avant la retraite, ce qui ne veut pas forcément dire chercher le repreneur à ce moment-là, mais réfléchir à son outil pour qu'il soit le plus simple à transmettre possible. " L'idée est aussi, pour la Chambre d'agriculture, de remettre en avant ses outils d'accompagnement : PAI, PAT, RDI... En complément, deux conseillères en accès au droit à la MSA ont rappelé les démarches nécessaires pour obtenir sa retraite et Xavier Anquetil, référent transmission pour la Sarthe à la Chambre d'agriculture, est revenu sur les bonnes questions à se poser pour bien anticiper. Le travail d'accompagnement de territoires pilotes se poursuit aussi avec bientôt un troisième territoire concerné, le sud Sarthe, après l'Huisne sarthoise et le Mans Métropole.