Stratégie
Robotiser la traite sans supprimer la main d'oeuvre
À Rouperroux-le-Coquet, face aux tensions récurrentes de main-d'œuvre, Nicolas Bulot a franchi le pas de la traite robotisée avec l'installation d'un Lely Astronaut A5 Next pour sécuriser son système.
Installé en 2012, Nicolas Bulot a vu son exploitation passer de 120 à 230 hectares en 2020 après la reprise de terres voisines, pour atteindre aujourd'hui 700 000 litres de lait livrés à Lactalis. Mais avec jusqu'à 85 vaches et 3 heures de traite 2 fois par jour, l'astreinte devenait plus difficile à assumer, accrue par des difficultés de recrutement. Après le départ en retraite de son père, Nicolas a eu plusieurs salariés, d'abord à temps partiel puis à temps plein, mais avec un certain turnover qui laissait parfois l'éleveur seul à devoir gérer le quotidien. "Une fois, j'avais mis une annonce et j'ai eu zéro candidat pendant 6 mois..." C'est là que s'est accéléré le mouvement pour monter le robot. Pas question pour autant de se passer de main-d'œuvre. Le robot n'a pas évincé Paul, l'actuel salarié de Nicolas. La robotisation vise avant tout la résilience : "Un robot plus un salarié, ça te donne un filet de sécurité au cas où...".