AG de la Cafel
Stabilité retrouvée chez Loué
L'AG des Fermiers de Loué s'est déroulée jeudi 21 mai au parc des expositions du Mans. L'occasion d'officialiser l'arrivée du nouveau président, Angelo Carbonel, dans un contexte favorable de reprise des activités.
La coopérative agricole des Fermiers de Loué (Cafel) a réuni ses éleveurs et partenaires lors de son assemblée générale qui s'est tenue au parc des expositions du Mans, le 21 mai. La matinée a été marquée par l'intronisation de son nouveau président mayennais, Angelo Carbonel, aux côtés de son directeur Erwan de la Fouchardière. Le tout s'est déroulé dans une ambiance positive face à une dynamique de marché retrouvée.
Les Fermiers de Loué sont soulagés de revenir à la stabilité, depuis deux ans, après une période d'inflation record (+14% en 2023, rappelle le directeur) et se félicitent d'avoir traversé ces turbulences en tenant le cap. De nouveaux éleveurs ont été accueillis cette année, notamment en production de poules pondeuses, permettant à la coopérative de tenir la barre des 1 100 éleveurs. La Cafel poursuit son histoire toujours sous le signe de l'humain, célébrant l'arrivée d'un nouveau président, éleveur mayennais après deux présidents sarthois, Angelo Carbonel, qui a tenu le micro sous les projecteurs du parc des expositions. Mayennais mais néanmoins presque sarthois, Angelo Carbonel conduit à Bouessay, à quelques encablures de Sablé-sur-Sarthe, une exploitation en volailles de Loué, vaches allaitantes salers et cultures. « C'est une chance d'être acteur de la plus belle des coopératives, la plus grosse des petites du secteur, qui redistribue de façon équitable la valeur créée, et qui a suffisamment de poids pour défendre la qualité de ses volailles », a-t-il déclaré en préambule.
L'export en progression
Qui dit stabilité retrouvée dit, pour les Fermiers de Loué, une reprise des activités. « Le consommateur est reparti vers des valeurs sûres, et Loué reste la marque préférée des Français », se réjouit Erwan de la Fouchardière. Et pour transformer et vendre ses produits, la Cafel continue de s'appuyer sur les outils de son partenaire LDC, comme les unités de LDC Terravenir à Sablé-sur-Sarthe. « 2025 enregistre une reprise de volume de la marque Loué dans un environnement plus favorable, et 2026 s'engage dans de bonnes conditions », confirme Christophe Pajot, directeur de LDC Terravenir. Les investissements se poursuivent pour maintenir la compétitivité, notamment à Loeuf qui dépasse cette année la barre des 200 millions d'œufs commercialisés. À noter l'arrivée d'un nouveau directeur pour Alifel en février, Jean-Pierre Champin, après la mise en service d'une nouvelle ligne de traitement thermique en 2025.
Côté débouchés, un coup de projecteur a été mis sur l'export, peu connu des éleveurs, qui enregistre une progression de plus de 5% l'année écoulée. Si 90% des ventes sont réalisées en Europe, principalement sur la Suisse, l'Allemagne et la Belgique, des équipes de LDC sont déployées jusqu'en Asie. « Nous vendons en plus une tradition, une histoire et un savoir-faire », indique Alexis Lambert, responsable commerce international chez LDC. « Mais Loué, c'est aussi et bien sûr la GMS », enchaîne Erwan de la Fouchardière, saluant l'engagement de Joël Maillard, responsable des animations magasins. Les éleveurs animateurs ont été invités à monter sur scène -et ils sont nombreux- pour les remercier de leur travail.
Une image renouvelée
2025, année du renouveau...de l'image de Loué. Dans ce but, une nouvelle publicité a été tournée « à hauteur de poulet », et de nouveaux packagings ont été créés sur l'ensemble des produits. Julien Serri, « chef cuisïolo » aux 90 000 followers sur Instagram, devient, suite à un « un coup de foudre réciproque », ambassadeur de la marque sur les réseaux sociaux. De quoi étendre l'image de Loué pour mieux défendre ses valeurs qui reposent sur un cahier des charges exigeant. « Nous réaffirmons notre attachement aux Siqo, seul gage de qualité et de transparence », a indiqué Angelo Carbonel, saluant le travail accompli cette année par le Synalaf et l'Erpa (Association Européenne des Volailles Rurales) pour défendre les intérêts du Label Rouge et du Bio.
Le travail des éleveurs a enfin été mis à l'honneur, ainsi que leur rôle dans les territoires. Le Maine, et en particulier la Sarthe, « terre de rencontre » aux « influences plurielles » mais aussi « pays de l'arbre et du bocage », comme l'a rappelé Damien Deville, chercheur en géographie culturelle, a tout intérêt à garder sa diversité. « La remise en diversité confère une singularité paysagère pour mieux gagner en résilience et en robustesse », a affirmé le géographe. Un avis partagé par Edouard Bergeon, fils d'agriculteur devenu réalisateur, venu aussi apporter « du recul » à cette AG. « Quand je vous vois, je vois le collectif. Maîtriser son cahier des charges, produire l'aliment de ses volailles, pour ne plus subir, c'est formidable ! »
Une page qui se tourne
Les éleveurs de Loué ont pu repartir sereins dans leurs fermes, après avoir souhaité une bonne retraite à leur président sortant, Philippe Pancher. L'éleveur de Conlie, installé en 1988 et qui vient de transmettre son exploitation, a passé plus de vingt ans au service de la coopérative dont 7 ans à la présidence. « J'ai vécu la crise du Covid, l'Influenza aviaire, l'inflation liée à la guerre en Ukraine... mais aussi, un changement de directeur, dont nous avons travaillé la transition. On ne s'est pas trompé en choisissant Erwan. » Une page qui se ferme pour en ouvrir une autre, à l'image de la Cafel qui se prépare au renouvellement de 300 éleveurs d'ici dix ans.